L'inflation grignote du terrain aux États-Unis
17 avril 2008
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Les prix à la consommation ont augmenté de 0,3 % en mars.
Washington — L'inflation a grignoté du terrain en mars aux États-Unis, mais pas assez pour handicaper la banque centrale américaine dans sa lutte contre la récession et l'empêcher de baisser une nouvelle fois ses taux d'intérêt, selon les analystes.
Les prix à la consommation ont augmenté de 0,3 % en mars, tandis que l'indice de base (hors alimentation et énergie) augmentait de 0,2 %, a indiqué hier le département du Travail.
Ce sont des hausses conformes aux attentes des analystes, et pour les deux indices la progression la plus forte depuis janvier. En février, les prix à la consommation tout comme l'indice de base étaient restés stables.
Ces chiffres révèlent en fait une grande disparité dans l'évolution des prix. Les cours de l'énergie ont bondi de 1,9 %, sous la poussée du fioul de chauffage et du gaz, mais ceux de l'alimentation se sont modérés (+0,2 %).
Le prix des transports a bondi (+0,7 %) avec les tarifs aériens, et le coût du logement s'est aussi fortement renchéri (+0,4 %), mais dans le même temps le prix de l'habillement a accusé sa plus forte baisse en près de dix ans (-1,3 %), et les coûts médicaux se sont modérés (+0,1 %).
«Pour la Réserve fédérale, ces chiffres apportent un certain soulagement. Les inquiétudes de voir l'inflation accélérer sont toujours élevées, mais l'indice de base est resté à des niveaux modérés récemment», affirme Stephen Gallagher, de la Société Générale.
La banque centrale souhaite voir l'inflation annuelle revenir en dessous de 2 %. On en est encore loin, puisque sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de 4 % en mars, comme en février, et l'indice de base a pris 2,4 %, après +2,3 % le mois précédent.
Mais une hausse de cette ampleur était attendue et elle n'étonnera pas la banque centrale, qui fait le pari que le ralentissement économique finira par juguler l'inflation. «Ce rapport donne une certaine marge de manoeuvre à la Fed pour baisser ses taux», a estimé l'économiste indépendant Joel Naroff.
La prochaine réunion de la Réserve fédérale est prévue les 29 et 30 avril et les analystes s'attendent à ce qu'elle baisse d'un quart ou d'un demi-point son taux directeur, actuellement fixé à 2,25 %.
Assouplir les taux est une nécessité alors que l'économie américaine est, de l'avis quasi général, déjà entrée en récession.
Immobilier
Les inquiétudes restent élevées alors que l'immobilier, qui a été à l'origine de la crise, ne semble pas vouloir se stabiliser.
Hier encore, le département du Commerce a fait état d'une baisse de 11,9 % à 947 000 (en rythme annuel) des mises en chantier de logements le mois dernier, contre 1,01 million attendu par les analystes. Les permis de construction ont pour leur part reculé de 5,8 %, à 927 000.
Mars a été «un nouveau mois horrible» pour l'immobilier, a affirmé Patrick Newport, du cabinet Global Insight. L'économiste note que depuis le «pic» de septembre 2005, les permis de construire pour les maisons individuelles ont chuté de 66 %, mais que visiblement les promoteurs n'ont pas encore pris complètement la mesure de la crise et donc pas suffisamment réduit leurs projets. «Nous risquons de voir à nouveau des mauvais chiffres dans les trois mois à venir», a-t-il ajouté.
Seule lueur d'espoir, les chiffres mesurant la production industrielle ont été bien meilleurs que prévu.
Selon la Fed, elle a progressé de 0,3 % en mars par rapport à février, alors que les analystes tablaient sur une baisse de 0,1 %. Il faut relativiser cette bonne nouvelle à la lumière de la forte révision faite pour février (-0,7 % au lieu de -0,5 %) et de la faiblesse du secteur automobile, mais c'est toutefois «mieux que ce qu'on pouvait espérer», note M. Gallagher.
Les prix à la consommation ont augmenté de 0,3 % en mars, tandis que l'indice de base (hors alimentation et énergie) augmentait de 0,2 %, a indiqué hier le département du Travail.
Ce sont des hausses conformes aux attentes des analystes, et pour les deux indices la progression la plus forte depuis janvier. En février, les prix à la consommation tout comme l'indice de base étaient restés stables.
Ces chiffres révèlent en fait une grande disparité dans l'évolution des prix. Les cours de l'énergie ont bondi de 1,9 %, sous la poussée du fioul de chauffage et du gaz, mais ceux de l'alimentation se sont modérés (+0,2 %).
Le prix des transports a bondi (+0,7 %) avec les tarifs aériens, et le coût du logement s'est aussi fortement renchéri (+0,4 %), mais dans le même temps le prix de l'habillement a accusé sa plus forte baisse en près de dix ans (-1,3 %), et les coûts médicaux se sont modérés (+0,1 %).
«Pour la Réserve fédérale, ces chiffres apportent un certain soulagement. Les inquiétudes de voir l'inflation accélérer sont toujours élevées, mais l'indice de base est resté à des niveaux modérés récemment», affirme Stephen Gallagher, de la Société Générale.
La banque centrale souhaite voir l'inflation annuelle revenir en dessous de 2 %. On en est encore loin, puisque sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de 4 % en mars, comme en février, et l'indice de base a pris 2,4 %, après +2,3 % le mois précédent.
Mais une hausse de cette ampleur était attendue et elle n'étonnera pas la banque centrale, qui fait le pari que le ralentissement économique finira par juguler l'inflation. «Ce rapport donne une certaine marge de manoeuvre à la Fed pour baisser ses taux», a estimé l'économiste indépendant Joel Naroff.
La prochaine réunion de la Réserve fédérale est prévue les 29 et 30 avril et les analystes s'attendent à ce qu'elle baisse d'un quart ou d'un demi-point son taux directeur, actuellement fixé à 2,25 %.
Assouplir les taux est une nécessité alors que l'économie américaine est, de l'avis quasi général, déjà entrée en récession.
Immobilier
Les inquiétudes restent élevées alors que l'immobilier, qui a été à l'origine de la crise, ne semble pas vouloir se stabiliser.
Hier encore, le département du Commerce a fait état d'une baisse de 11,9 % à 947 000 (en rythme annuel) des mises en chantier de logements le mois dernier, contre 1,01 million attendu par les analystes. Les permis de construction ont pour leur part reculé de 5,8 %, à 927 000.
Mars a été «un nouveau mois horrible» pour l'immobilier, a affirmé Patrick Newport, du cabinet Global Insight. L'économiste note que depuis le «pic» de septembre 2005, les permis de construire pour les maisons individuelles ont chuté de 66 %, mais que visiblement les promoteurs n'ont pas encore pris complètement la mesure de la crise et donc pas suffisamment réduit leurs projets. «Nous risquons de voir à nouveau des mauvais chiffres dans les trois mois à venir», a-t-il ajouté.
Seule lueur d'espoir, les chiffres mesurant la production industrielle ont été bien meilleurs que prévu.
Selon la Fed, elle a progressé de 0,3 % en mars par rapport à février, alors que les analystes tablaient sur une baisse de 0,1 %. Il faut relativiser cette bonne nouvelle à la lumière de la forte révision faite pour février (-0,7 % au lieu de -0,5 %) et de la faiblesse du secteur automobile, mais c'est toutefois «mieux que ce qu'on pouvait espérer», note M. Gallagher.
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