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La crise du crédit freine les projets d'acquisition de Cogeco en Europe

La crise qui sévit depuis plusieurs mois sur les marchés du crédit nuit aux projets d'acquisition de Cogeco Câble en Europe de l'Est, a reconnu hier le président et chef de la direction de l'entreprise, Louis Audet.

Les câblodistributeurs susceptibles de se mettre en vente s'abstiennent jusqu'à nouvel ordre, a confié M. Audet lors de la conférence téléphonique avec les analystes financiers tenue pour commenter les résultats du deuxième trimestre, publiés jeudi après la fermeture des marchés.

Il ne faut donc plus s'attendre à ce Cogeco procède à une acquisition à moyen terme, à moins qu'une entreprise n'ait d'autre choix que de se mettre en vente pour cause de difficultés financières. Dans une telle éventualité, le prix serait vraisemblablement moins élevé, a noté Louis Audet.

En septembre dernier, le dirigeant s'était dit prêt à investir entre 100 millions et un milliard d'euros (entre 160 millions et 1,6 milliard) pour acquérir une société de télécommunications d'Europe de l'Est, précisant que le prix idéal tournait autour de 500 millions d'euros (800 millions).

Au deuxième trimestre, terminé le 29 février, Cogeco Câble a inscrit un bénéfice net de 49,9 millions (1,02 $ par action), soit 224 % de plus que les 15,4 millions (37 ¢ par action) enregistrés il y a un an.

La société mère Cogeco a pour sa part déclaré un bénéfice net de 15,9 millions (95 ¢ par action), en baisse de 54 % par rapport aux 34,6 millions (2,07 $ par action) dégagés un an plus tôt. Un gain exceptionnel de 31 millions avait fait gonfler les résultats du deuxième trimestre de l'année dernière.

Les attentes ont été largement surpassées: les analystes sondés par Thomson Financial tablaient en moyenne sur un bénéfice par action de 51 cents par action pour Cogeco Câble et de 58 ¢ pour Cogeco.

Les investisseurs ont bien réagi: le titre de Cogeco Câble a bondi de 3,7 % pour clôturer à 39,05 $, hier, tandis que celui de Cogeco a terminé la séance à 31,84 $, en hausse de 2,2 %, à la Bourse de Toronto. «2008 s'annonce comme une année remarquable, qui pourrait être la meilleure de notre histoire, alors nous sommes très enthousiastes», a déclaré M. Audet.

Projections relevées

Preuve de cette confiance, Cogeco Câble a relevé ses projections pour 2008. L'entreprise a augmenté de 10 millions ses prévisions de revenus (à 1,06 milliard) et de 15 millions sa projection pour le bénéfice d'exploitation avant amortissement (à 440 millions). Cogeco Câble s'attend à des profits nets de 123 millions pour l'exercice 2008.

Au deuxième trimestre, la marge d'exploitation de Cogeco Câble s'est élevée à 40,9 %, contre 37,4 % un an plus tôt. Les activités portugaises (Cabovisao) ont contribué à l'amélioration, mais moins que les activités canadiennes.

«Les investisseurs se réjouiront du redressement au Portugal», a écrit l'analyste Jonathan Allen, de RBC Marchés des capitaux, dans une note.

Par contre, a-t-il ajouté, «les projections révisées de Cogeco indiquent qu'on ne s'attend pas à une croissance plus robuste à court terme [au Portugal]».

Louis Audet a reconnu que le marché avait mal réagi à l'acquisition de Cabovisao, en 2006, et aux difficultés qui ont découlé de l'intégration.

«Nous avons pu connaître les effets de la transition, qui semblent avoir inquiété les gens ici jusqu'à un certain point, mais en toute franchise, il fallait s'attendre à ça», a-t-il soutenu, avant de répéter qu'il était «très satisfait» de la tenue de Cabovisao.

«Le Portugal n'est pas un marché mature, a rappelé M. Audet. Il reste beaucoup de potentiel de croissance et le pays devient de plus en plus rationnel dans son comportement concurrentiel.»

Les guerres de prix des derniers mois ne seront pas éternelles, estime Louis Audet, qui prévoit même que des concurrents finiront par rendre l'âme.

Les analystes soutiennent que la croissance des cours de Cogeco Câble et de Cogeco est limitée par la crainte d'une nouvelle acquisition européenne qui accroîtrait à la fois l'endettement et le risque de l'entreprise. M. Audet ne s'en fait pas.

«Ce n'est pas facile de nous faire peur», a-t-il lancé, en assurant que toute transaction serait effectuée de façon «prudente».
 
 
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