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Lettres: Papiers commerciaux: un désastre annoncé depuis longtemps

Jean-François Couture - Le 2 avril 2008  7 avril 2008  Actualités économiques
La plupart des analystes du dossier des papiers commerciaux adossés à des actifs, sinon tous, s'entendent pour situer la confirmation du désastre au mois d'août 2007, moment où la roue s'est brutalement arrêtée de tourner. Depuis cette date, tous les alchimistes de la finance qui se sont embarqués dans ce bateau pourri essaient de nous faire croire qu'ils n'y sont pour presque rien. Ils le font à grands coups de «discours de chambre de commerce» et d'entrevues accordées à des analystes censés s'y connaître en la matière. Personne pour leur rappeler que le désastre était pourtant annoncé depuis longtemps.

En effet, dès juin 2005, le prestigieux magazine britannique The Economist illustrait sa couverture d'une brique en chute libre marquée «house price» accompagnée du titre plus qu'évocateur: «After the fall». En «leaders», sorte d'éditorial, on pouvait lire ceci: «[...] the global housing boom is the biggest financial bubble in history». Sur quatre pages, le magazine analyse le phénomène et met en garde le monde financier contre la folie qui s'est encore une fois emparée des marchés.

Donc, au minimum deux ans avant la grande collision, on savait ce qui s'en venait. Et quand on sait que le papier commercial a des échéances variant entre 30 et 90 jours, on se demande comment on a pu continuer à en faire ample provision, et surtout en vendre pendant deux autres années.

Si la chose n'était pas si dramatique pour tant de petits investisseurs qui ont fait confiance aux alchimistes de la finance, les performances médiatiques auxquelles ils se livrent pour se justifier seraient presque drôles. Malheureusement, ils ont entraîné dans leur folie trop de petites gens, et la seule médaille qu'ils méritent est celle de l'humour noir. Dire qu'il y a des gérants de succursale bancaire qui sont congédiés pour un seul mauvais prêt alors que ces gens continuent à rouler en carrosse. Décidément, il n'y a pas de justice.
 
 
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