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Modeste bénéfice pour la SGF

Le p.-d.g. de la Société générale de financement, Pierre Shedleur, s’attend à une autre année difficile en 2008.
Photo : Jacques Nadeau
Le p.-d.g. de la Société générale de financement, Pierre Shedleur, s’attend à une autre année difficile en 2008.
La Société générale de financement du Québec (SGF) a réalisé un modeste bénéfice de 57 millions en 2007 et s'attend à connaître une autre année difficile en 2008.

Ce résultat de la SGF équivaut à un rendement annuel de 3 % pour des capitaux propres qui totalisent presque deux milliards. Ce rendement est inférieur à ce que l'on avait connu en 2006 (4,1 %) et en 2005 (3,9 %), mais cela vaut mieux que les pertes de 2,9 % et de 24,6 % essuyées en 2004 et en 2003.

«On est très contents de nos résultats», a déclaré lors d'un entretien téléphonique au Devoir le président-directeur général de la société d'État, Pierre Shedleur. «Il faut se rappeler que, contrairement aux fonds fiscalisés, comme la Caisse de dépôt qui a fait 5,6 % de rendement en 2007, 100 % de nos investissements sont en développement économique, dont 80 % dans l'industrie manufacturière. On est donc très à risque lorsque survient, comme l'année dernière, une forte hausse du dollar canadien, un ralentissement chez notre principal partenaire économique américain ainsi qu'une augmentation des prix du pétrole.»

Cette hausse du prix de l'or noir a fait particulièrement mal puisque le pétrole est la matière première de l'industrie pétrochimique et que ce secteur compte pour 35 % du portefeuille de la SGF. Dans ce seul domaine, la société d'État a essuyé des pertes d'exploitation de 45 millions qui ne comprennent pas les radiations auxquelles il a aussi fallu procéder, comme celle de 35 millions pour les deux usines de Pétromont, dont les activités doivent être arrêtées à la fin du mois.

Le secteur forestier a lui aussi accusé des pertes évaluées à 19 millions. Le secteur des mines et des matériaux s'en est beaucoup mieux tiré l'année dernière, avec des gains de 47 millions. Les placements détenus dans le secteur agroalimentaire ont gagné pour leur part 15 millions. La SGF a cependant également dû procéder à une dévaluation de 15 % des 132 millions qu'elle avait le malheur de détenir en PCAA, ce qui équivaut à une perte de près de 20 millions.

Au total, la SGF a investi le même montant en 2007 qu'en 2006, soit 233 millions. On évalue que cette somme a permis la réalisation de projets totalisant 870 millions de dollars et mené à la création de 9580 emplois directs et indirects.

Une autre année difficile

«L'année 2008 sera encore difficile, a prévenu hier Pierre Shedleur. Notre objectif sera d'essayer d'être encore rentables. On ne s'attend pas, de toute manière, à avoir des rendements de 15 % et 20 % avec notre mandat. On peut très bien vivre avec du 3 % et du 7 %.»

Rien n'indique, en effet, que le contexte économique global sera tellement différent dans les prochains mois. La situation pour le secteur pétrochimique continuera notamment d'être «extrêmement difficile», pense-t-il. «Il ne faut pas se le cacher, c'est une industrie extrêmement cyclique, qui n'est pas extrêmement profitable et où la concurrence étrangère est extrêmement forte, a-t-il expliqué. Mais nous ne sommes pas prêts à jeter l'éponge. On pense que Pétromont est un cas à part. On travaille avec nos partenaires à un plan de correction pour essayer de sauver ces emplois et ces entreprises.»

Les perspectives lui apparaissent meilleures dans le secteur forestier. Les nombreux efforts accomplis ces dernières années devraient finir par donner des résultats, du moins à moyen et à long terme. L'enjeu est important pour le Québec, a rappelé Pierre Shedleur. Il est question de 75 000 à 80 000 emplois concentrés en région.

Prendre ses distances du secteur manufacturier

La SGF n'exclut pas non plus la possibilité de réduire peu à peu l'importance relative du secteur manufacturier dans l'ensemble de ses placements. «On ne peut pas sortir de ce secteur d'un coup et notre rôle est quand même aussi d'aider des secteurs qui ont du mal à se trouver du financement afin de maintenir et de créer des emplois, a d'abord rappelé son p.-d.g. Mais ce rééquilibrage est déjà en train de se faire. Le secteur manufacturier a déjà représenté 100 % de notre portefeuille et il est maintenant à 80 %. Je crois que l'économie va nous amener elle-même à changer graduellement.»

Après tout, la SGF vient tout juste d'investir 60 millions dans l'acquisition de la compagnie pharmaceutique Axcan Pharma et 10 millions dans la compagnie de développement informatique Logibec. Elle s'est surtout engagée dans une série d'investissements qui devraient totaliser entre 250 millions et 300 millions en deux ans dans l'industrie cinématographique, dont 100 millions seulement dans la prise de contrôle d'Alliance Films, le plus important distributeur indépendant de films au Canada.






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  • Guy Gilbert
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 05h33
    Perspectives du secteur forestier
    « Pour quelques spécialistes, il est facile de comprendre l'intérêt de la SGF pour le secteur forestier.

    Pour comprendre cela, il faut le voir dans le contexte de la rationalisation de l'industrie. Beaucoup d'industries sont à l'heure actuelle en difficulté suite aux réductions des allocations de bois et plusieurs devront éventuellement fermer si elles ne trouvent pas une façon d'augmenter leurs approvisionnements. La valeur de ces industries est donc actuellement au plus bas sur papier. Par contre, celles qui parviendront à absorber leurs voisins verront leurs perspectives de rentabilité s'améliorer d'un coup, de là leur valeur sur papier. En aidant au processus d'absorbsion de compagnie, moyennant bien sûr une participation, la SGF a l'occasion de faire un petit coup d'argent rapide dans le secteur forestier au niveau de la valeur de ses participations. Comme ses statuts l'obligera à revendre ses participations au secteur privé, il rattrapera rapidement son investissement, avant même que le secteur se soit réellement assaini, sur la base de la valeur fictive donnée par la rationalisation.

    Mais.....en aidant les gros à avaller les petits.....il ne s'agit pas de créer des emplois, il s'agit d'en éliminer. Il ne s'agit pas non plus d'améliorer la valeur ajoutée qui peut être produite à partir de nos forêts, il s'agit de de s'ancrer encore plus dans la production de commodités. La grande industrie forestière n'a jamais fait preuve de créativité à ce jour dans la mise en valeur des produits forestiers. Quand on fait des profits avec des produits de commodité, pourquoi se creuser les méninges....Une grande quantité de projets prometteurs ont été mis sur la table par la petite et moyenne industrie ces dernières années, qui ne verront jamais le jour faute de support financier.

    Alors que monsieur Shedler n'essaie pas de nous embobiner avec de la sentimantalité sur les emplois, il est disposé à en éliminer pour faire un coup d'argent. Il est disposé à aider la grande industrie à avaler encore plus la petite industrie. La SGF s'en tirera bien économiquement, mais les emplois et la qualité de vie en régions, qu'en résultera-t-il?...........

    Vous savez, il y a d'autres solutions de meilleure qualité, avec une meilleure appropriation des régions et de meilleures perspectives de survie de la moyenne industrie, à conditions d'accepter de prendre des risques et d'aider la petite et moyenne industrie à mieux valoriser les produits forestiers. Ceci créera peut-être des bilans moins intéressants à court et moyen terme, mais assurera une meilleure contribution de la SGF à notre société en général et à nos régions.

    Guy Gilbert
    guyglb@aol.com »

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