La chute d'un patron suisse emblématique
2 avril 2008
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Marcel Ospel abandonnera le 23 avril son poste de président d’UBS.
Zurich — Marcel Ospel, patron emblématique durant dix ans de la première banque suisse UBS, a annoncé hier qu'il abandonnait son poste de président après des mois d'une crise qui s'est soldée par la plus importante dépréciation jusqu'à présent enregistrée par une banque.
Face à des réévaluations d'actifs dans les crédits hypothécaires américains atteignant désormais plus de 37 milliards $US et une perte prévisionnelle de 12 milliards de francs suisses au premier trimestre, le dirigeant le mieux payé de Suisse a indiqué qu'il renonçait à son siège de président à partir du 23 avril.
Il sera remplacé par Peter Kurer, inconnu du grand public et des milieux financiers, qui a rejoint le groupe en 2001 comme «Group General Counsel».
À 58 ans, ce Bâlois, né d'un père confiseur et d'une mère aide-soignante, met un terme à une carrière atypique, commencée à l'âge de 25 ans à la Société de banques suisses (SBS), qui a fusionné en 1998 avec l'Union de banques suisses pour créer UBS.
Allant à l'encontre du parcours classique, Marcel Ospel ne dispose d'aucun diplôme universitaire, sauf un titre honorifique de l'université américaine de Rochester, et a commencé son parcours professionnel à l'âge de 15 ans comme apprenti auprès de la maison de courtage Transvalor.
Il n'a également quitté l'armée suisse qu'avec le grade de capitaine, alors que les patrons d'industrie helvétiques étaient généralement recrutés après une longue carrière militaire, et a gravi les échelons de la SBS jusqu'à devenir l'un des ténors de la fusion entre les deux banques helvétiques, écrit le quotidien Tribune de Genève.
Tout au long de son parcours à la tête de la première banque suisse, M. Ospel a fait preuve de pugnacité. Début juillet 2007, alors que son successeur désigné, le directeur général Peter Wuffli, est remercié, Marcel Ospel annonce qu'il rempile pour trois ans.
Le 10 décembre, lorsque UBS annonce une nouvelle dépréciation, il met sur pied en quelques jours un plan de recapitalisation de 19,4 milliards de francs suisses, en faisant notamment appel au fonds souverain de Singapour GIC et un autre anonyme du Moyen-Orient.
Mais l'édifice vacille. À l'assemblée générale extraordinaire de février, Marcel Ospel encaisse durant plusieurs heures sans broncher, en apparence, les critiques acerbes de milliers de petits actionnaires, chauffés à blanc par les pertes d'UBS et un plan de recapitalisation les excluant.
M. Ospel avait alors réfuté toute idée de démission, claironnant que «la popularité ne peut et ne doit en aucune manière influer sur mon action ou sur celle du conseil d'administration».
Coup de semonce supplémentaire, le président suisse Pascal Couchepin s'était insurgé contre le salaire «pharaonique» du président d'UBS. Afin de remédier à son impopularité grandissante, M. Ospel a accepté de diviser son salaire par dix, à 2,6 millions de francs suisses pour 2007 contre 26,6 millions en 2006.
À la Bourse suisse, l'annonce du départ de M. Ospel a fait bondir le cours de l'action de 8,5 %, après avoir perdu plus de 50 % de sa valeur les six derniers mois. Mais son successeur est loin de faire l'unanimité parmi les analystes.
Face à des réévaluations d'actifs dans les crédits hypothécaires américains atteignant désormais plus de 37 milliards $US et une perte prévisionnelle de 12 milliards de francs suisses au premier trimestre, le dirigeant le mieux payé de Suisse a indiqué qu'il renonçait à son siège de président à partir du 23 avril.
Il sera remplacé par Peter Kurer, inconnu du grand public et des milieux financiers, qui a rejoint le groupe en 2001 comme «Group General Counsel».
À 58 ans, ce Bâlois, né d'un père confiseur et d'une mère aide-soignante, met un terme à une carrière atypique, commencée à l'âge de 25 ans à la Société de banques suisses (SBS), qui a fusionné en 1998 avec l'Union de banques suisses pour créer UBS.
Allant à l'encontre du parcours classique, Marcel Ospel ne dispose d'aucun diplôme universitaire, sauf un titre honorifique de l'université américaine de Rochester, et a commencé son parcours professionnel à l'âge de 15 ans comme apprenti auprès de la maison de courtage Transvalor.
Il n'a également quitté l'armée suisse qu'avec le grade de capitaine, alors que les patrons d'industrie helvétiques étaient généralement recrutés après une longue carrière militaire, et a gravi les échelons de la SBS jusqu'à devenir l'un des ténors de la fusion entre les deux banques helvétiques, écrit le quotidien Tribune de Genève.
Tout au long de son parcours à la tête de la première banque suisse, M. Ospel a fait preuve de pugnacité. Début juillet 2007, alors que son successeur désigné, le directeur général Peter Wuffli, est remercié, Marcel Ospel annonce qu'il rempile pour trois ans.
Le 10 décembre, lorsque UBS annonce une nouvelle dépréciation, il met sur pied en quelques jours un plan de recapitalisation de 19,4 milliards de francs suisses, en faisant notamment appel au fonds souverain de Singapour GIC et un autre anonyme du Moyen-Orient.
Mais l'édifice vacille. À l'assemblée générale extraordinaire de février, Marcel Ospel encaisse durant plusieurs heures sans broncher, en apparence, les critiques acerbes de milliers de petits actionnaires, chauffés à blanc par les pertes d'UBS et un plan de recapitalisation les excluant.
M. Ospel avait alors réfuté toute idée de démission, claironnant que «la popularité ne peut et ne doit en aucune manière influer sur mon action ou sur celle du conseil d'administration».
Coup de semonce supplémentaire, le président suisse Pascal Couchepin s'était insurgé contre le salaire «pharaonique» du président d'UBS. Afin de remédier à son impopularité grandissante, M. Ospel a accepté de diviser son salaire par dix, à 2,6 millions de francs suisses pour 2007 contre 26,6 millions en 2006.
À la Bourse suisse, l'annonce du départ de M. Ospel a fait bondir le cours de l'action de 8,5 %, après avoir perdu plus de 50 % de sa valeur les six derniers mois. Mais son successeur est loin de faire l'unanimité parmi les analystes.
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