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Air France et Delta se lancent dans la bataille transatlantique

1 avril 2008  Actualités économiques
Londres — Au lendemain de l'entrée en vigueur de l'accord «ciel ouvert» entre l'Union européenne et les États-Unis, la compagnie Air France et sa partenaire américaine Delta ont lancé hier depuis Londres leur première offensive pour la bataille du marché transatlantique.

Les deux compagnies, qui n'avaient jusqu'ici pas le droit de rallier les États-Unis à partir de l'aéroport de Londres Heathrow, offrent désormais trois liaisons en partage de code: Los Angeles (un vol quotidien), Atlanta (un vol par jour) et New York-JFK (deux vols quotidiens).

La française exploite la liaison Los Angeles, l'américaine, celles vers New York et Atlanta.

Elles viennent ainsi défier les deux britanniques British Airways et Virgin Atlantic et les deux américaines American Airlines et United Airlines, détentrices jusqu'alors d'un quasi-monopole des vols transatlantiques directs à partir d'Heathrow. Un marché particulièrement juteux du fait de très nombreux hommes d'affaires voyageant dans les classes supérieures.

En ouvrant ces trois liaisons transatlantiques, Air France et Delta donnent également le coup d'envoi de leur société commune, annoncée en grande pompe le 17 octobre dernier à Paris. Selon les termes de leur accord, les deux transporteurs partageront les recettes et les coûts de leurs vols entre Heathrow et les États-Unis, ainsi que ceux entre Paris-Charles de Gaulle et Lyon d'une part et Atlanta, Cincinnati, New York, Salt Lake City d'autre part. «Il s'agit du mode de coopération le plus avancé entre deux compagnies aériennes, avant une fusion — ce qui n'est actuellement pas possible entre une américaine et une européenne», a souligné Pierre-Henri Gourgeon, directeur général délégué d'Air France-KLM, lors d'une conférence de presse à Londres.

Delta et Air France attendent d'ici quelques semaines le feu vert des autorités de la concurrence américaines pour leur joint-venture, qu'elles espèrent ensuite étendre à leurs deux partenaires, l'américaine Northwest et l'hollandaise KLM, qui ont déjà une société commune sur les vols transatlantiques.

Ces quatre membres de l'alliance aérienne SkyTeam représentent actuellement 30 % du trafic entre l'Europe et les États-Unis, selon une estimation de M. Gourgeon. La création d'une société commune à quatre permettrait au pire «de ne pas voir cette part de marché décroître» devant la concurrence acharnée, a-t-il estimé.

La baisse du dollar n'inquiète pas

M. Gourgeon et le directeur général adjoint réseau de Delta, Glen Hauenstein, se sont montrés peu inquiets de la baisse du dollar susceptible de rendre les vols à destination de l'Europe trop chers pour les Américains. «Nous sommes très enthousiastes de nos ventes sur le transatlantique», a dit M. Hauenstein. «Nous transportons beaucoup d'hommes d'affaires qui doivent de toute façon voyager», a renchériM. Gourgeon.

Hormis Londres, Air France a a priori exclu d'ouvrir d'autres routes au départ d'autres pays d'origine que le sien, comme elle le peut maintenant grâce à l'accord de «ciel ouvert».

«La logique pour une compagnie, c'est d'avoir une plate-forme de correspondance, Paris pour Air France. Londres constitue une exception car c'est une destination particulièrement lucrative», a dit M. Gourgeon. Il n'a en revanche pas exclu d'autres liaisons à partir d'Heathrow. M. Hauenstein a également reconnu «rechercher de nouveaux créneaux horaires» sur cet aéroport. Mais du fait des faibles capacités — deux pistes — et de l'arrivée de la concurrence, ces derniers sont vendus à prix d'or.

Interrogé sur les avancées d'une fusion entre Northwest et Delta — qui piétine actuellement — M. Gourgeon a rappelé qu'Air France s'était dite prête à aider par un investissement en nature.
 
 
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