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Les conditions d'une acquisition

Les deux journées de consultation tenues cette semaine par l'Autorité des marchés financiers (AMF) auront permis de confirmer l'importance d'obtenir des engagements formels de la part du Toronto Stock Exchange (TSX) avant d'autoriser l'acquisition de la Bourse de Montréal. Sans de tels engagements écrits, Montréal y perdra au change par rapport à quelque autre transaction qui l'aurait associée à une autre Bourse d'échange de produits dérivés comme elle.

Parmi les personnes qui ont défilé devant l'AMF, il y a eu l'ancien premier ministre Jacques Parizeau qui, tout en exprimant sa déception, ne s'est pas opposé à la transaction. M. Parizeau a plutôt proposé qu'on durcisse les conditions déjà négociées entre les parties: porter de trois à dix le nombre d'années pendant lesquelles cinq des administrateurs du futur TMX (Toronto Montreal Exchange) devront nécessairement être des résidants du Québec; déterminer avec précision les activités réservées en exclusivité à Montréal et éliminer leur équivalent à Toronto; s'assurer que l'AMF conserve son autorité sur Montréal et sur les règles de propriété de TMX.

Le Mouvement Desjardins, auquel certains ont reproché d'avoir agi comme conseiller de la Bourse de Toronto dans cette transaction, a suggéré que les futures fonctions prévues pour l'actuel patron de la Bourse de Montréal, Luc Bertrand, ne soient pas rattachées à sa personne mais à son poste afin d'éviter une mauvaise surprise dans l'éventualité de son départ.

Comme M. Parizeau, Desjardins a aussi insisté sur l'importance pour l'AMF de conserver son pouvoir de réglementation afin que les engagements pris ne s'effacent pas d'eux-mêmes en cas d'acquisition par une société étrangère. L'ancien ministre Daniel Paillé, aujourd'hui professeur invité aux HEC, a même ajouté que Québec devrait inscrire dans la loi son autorité définitive sur la Bourse montréalaise au cas où Ottawa donnerait suite à son intention de créer une commission canadienne unifiée.

Quant à la Caisse de dépôt et placement, aussi actionnaire de la Bourse de Montréal, son président, Henri-Paul Rousseau, a précisé le sens des réserves exprimées lors de l'annonce de la transaction, en décembre. La Caisse demande elle aussi des clarifications sur les activités qui seront réservées en exclusivité à Montréal et trouve trop courte la période de trois ans au cours de laquelle les comités du conseil du TMX devront comporter des administrateurs du Québec.

On le voit, les commentaires convergent. À cette étape-ci, personne ne souhaite l'échec de cette transaction, mais la plupart des intervenants s'entendent pour dire que celle-ci doit avoir tous les ingrédients nécessaires pour assurer non seulement la survie mais aussi le développement futur de la Bourse de Montréal sur le marché des produits dérivés. C'est la moindre des choses!

***

j-rsansfacon@ledevoir.com






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  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 29 mars 2008 09h14
    Un p'tit mot sur la grosse Caisse à Henri-Paul....
    « En 2007, Henri-Paul Rousseau a perdu 1,900,000,000$ de notre bas de laine dans l'aventure du papier commercial. C'est plus de 1000$ par famille. C'est deux Stades olympiques, huit Gaspésia, 25,333 enveloppes de Schreiber ou 380,000 toilettes-silencieuses passés presqu'inaperçus! Pire, on a eu droit à un indécent pétage de broue: "la Caisse est parmi les meilleures gestionnaires au Canada"! Ayoye. Omers, la caisse ontarienne, a fait 8,7% soit 3,1% de plus que nos péteux de broue; c'est l'équivalent de 4,4 milliards de plus.

    En commission parlementaire l'automne dernier, Rousseau avait pourtant soutenu que la Caisse ne perdrait que 500 millions à un milliard dans le papier commercial ce qui était déjà un méga-scandale! Est-ce qu'il doit démissionner pour avoir menti aux députés? Bill Clinton a failli perdre la présidence pour bien moins que ça.

    On se souvient du "scandale" du siège social et des dépenses somptueuses de la Caisse à l'étranger de la dernière administration. Qu'a fait Rousseau cette année? Il a flambé 330 millions pour administrer la Caisse, une augmentation 17,4% en une seule année!

    Ces 330 millions (pour 155,4 milliards d'actifs) représentent 21,7 cents par 100$ sous gestion. L'an passé on administrait 143,5 milliards au coût de 281 millions. Le communiqué de la Caisse soutient que c'était 21,6 cents. Faux, c'est 19,6 cents. Les frais de gestion ont donc augmenté de 10,7% par dollar administré en une seule année.

    Les frais de traitement des employés sont passés de 116 à 140 millions! Une augmentation de 20,7% en une seule année! Pas à dire c'est le gros party à la Caisse, dans l'indifférence médiatique.

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/Documents/communique_2100208.pdf

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/Documents/Etats-financiers-cumules-2007-fr.pdf


    On nous raconte qu'il faut penser mondial et surtout ne pas trop intervenir sur le petit marché québécois, peu rentable. Rendement, rendement, rendement; que dale l'économie locale. Or la Caisse s'est planté dans ses investissements étrangers et pas à peu près! Alors que le marché canadien rapportait 12,6% (pas de données sur le marché québécois), on perdait 5,1% sur les marchés étrangers et 13,3% sur le marché américain. La catastrophe quoi, à des années-lumière du "rendement, rendement, rendement"!

    On ne cesse d'augmenter les cotisations parce qu'on a peur que la Caisse se vide. Or on apprend que les rentrées des cotisations ont augmenté de 4 milliards l'an passé par rapport aux sorties! Quatre milliards de taxes cachées! Quatre milliards de trop par rapport aux besoins réels. C'est quatre CHUM, six autoroutes des Bleuets qu'on nous impose de payer cash, drette là, sans aucune raison logique!

    Si on fermait la Caisse, si on distribuait les 155 milliards au million de Québécois de 65 ans et plus, c'est un chèque de -tenez-vs bien- 155,000$ que on pourrait faire à chaque "vieux"!!! Autre possibilité: on distribue 30,000$ à chaque retraité et on paie toute la dette de 125 milliards du Québec ce qui nous permettrait de réduire les taxes et impots de 8 milliards d'un seul coup.

    A quand un débat sur la Caisse? Et sur son administration?

    PS:
    Est-ce que Claude Garcia, président du comité de vérification de la Caisse, est le même Claude Garcia qui avait insulté la moitié des Québécois au référendum de 1995, en disant que les séparatistes allaient en manger une maudite? »

  • claire dufour
    Abonnée
    samedi 29 mars 2008 10h52
    Je ne reconnais plus le Devoir
    « Bonjour,
    À quel endroit est passée l'analyse critique de votre journal qui nous permettait de comprendre les deux faces d'une médaille?
    Il y a une certaine analyse par tous vos chroniqueurs et éditioralistes et ce sempertinel "oui mais..." comme excuse.
    Je m'ennuie de l'époque qui nous permettait de développer notre propre jugement grâce à vos articles. Vous suivez la tendance des autres journaux et c'est dommage! »

  • Hugues St-Pierre
    Inscrit
    samedi 29 mars 2008 14h56
    Grâce à Monsieur Parizeau!
    « Depuis le temps que M. Parizeau prêche dans le désert, espérons enfin que les gens qui ont des oreilles aient réellement entendu! »

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