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La Caisse se démarque avec un rendement de 5,6 %

La Caisse de dépôt et placement du Québec a enregistré en 2007 un rendement de 5,6 % et ajouté ainsi 7,9 milliards à ses actifs en dépit de la déconfiture des marchés et de l'inscription d'une provision de 1,9 milliard liée aux pertes que risquent de lui faire subir les papiers commerciaux en sa possession.

Ce résultat a permis à la Caisse de dépôt de se classer dans le premier décile dans l'univers des grandes caisses de retraite du Canada. Le rendement médian des régimes de retraite disposant d'un actif d'au moins un milliard n'a été, en effet, que de 2,5 % l'année dernière au pays, selon RBC-Dexia. La performance de la Caisse a permis à ses déposants de réaliser des rendements variant entre 5,1 % et 6,6 %, selon leurs priorités de placement. Le rendement du Fonds du régime des rentes du Québec a été de 6,4 %.

«On a connu une très bonne année comparativement à nos pairs», s'est félicité le président et chef de la direction de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, au moment de dévoiler hier les résultats de l'exercice se terminant le 31 décembre. Les 7,9 milliards de dollars en gains réalisés durant l'année, additionnés aux quatre milliards en nouveaux dépôts, ont porté le total des actifs de son institution de 143,5 milliards à 155,4 milliards.

La principale raison de ces bons résultats a été la politique de couverture contre les risques de variations des taux de change. Le fait que 40 % des placements de la Caisse soient en devises étrangères, mais que 90 % soient protégées, notamment contre l'appréciation du dollar canadien par rapport au billet vert américain et au yen japonais, a permis d'empocher des gains de 3,5 milliards. La Caisse a aussi grandement profité du fait qu'une bonne part de ses placements (35,1 %) se trouvent dans des actifs non traditionnels, tels que les immeubles, les placements privés et les fonds de couverture, qui s'en sont mieux tirés, l'année dernière, que les marchés boursiers ou obligataires. Il faut dire également que les marchés boursiers canadiens et des pays en émergence ont tout de même relativement bien fait. Voyant venir le ralentissement économique américain, les gestionnaires de portefeuille de la Caisse ont également eu la bonne idée d'y vendre les actifs qui leur semblaient avoir atteint leur potentiel de valeur, tels que les centres commerciaux.

Le prix des PCAA

La crise mondiale du crédit ainsi que la chute des marchés boursiers américains et étrangers n'ont pas manqué d'affecter les résultats de la Caisse, a admis Henri-Paul Rousseau. C'est toutefois des fameux papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA) qu'on a le plus entendu parler ces derniers mois. N'eût été les provisions inscrites à cet égard hier, le rendement global de la Caisse pour 2007 aurait été plus élevé de 1,3 %, à 6,9 %.

La provision de 1,9 milliard équivaut cependant à seulement 15 % du total de 12,6 milliards que l'on estime que la Caisse a investi dans les PCAA. Elle se divise en trois types de pertes potentielles. On y retrouve les actifs liés aux fameux subprimes qui totalisent 782 millions et qui font l'objet d'une provision de 60 %, ou 469 millions, parce que l'on estime «faible» que les chances d'en récupérer à l'échéance la totalité de la valeur. La majeure partie des actifs est composée de PCAA achetés 11 825 milliards et dont seulement 11,8 % de la valeur, ou 1 398 milliards, pourrait aussi éventuellement être perdu parce qu'ils n'ont aucun lien avec les subprimes et que la probabilité de ravoir son argent avec intérêts est estimée «élevée». Reste, enfin, une facture de 30 millions pour tout le travail de restructuration qui a été fait et qu'il reste à faire, notamment avec le comité présidé par Purdy Crawford.

La Caisse de dépôt s'est bien défendu de sous-estimer l'ampleur des pertes qu'elle pourrait subir dans l'aventure des PCAA. Elle a dit avoir scrupuleusement appliqué les directives en la matière de l'Institut canadien des comptables agréés et avoir adopté, au contraire, les scénarios les plus conservateurs pour ne pas avoir d'autres mauvaises surprises dans l'avenir.

«Le risque le plus important que nous courrions apparaît avoir été évité, a déclaré Henri-Paul Rousseau. Il s'agissait de la liquidation désordonnée des actifs. Cette probabilité apparaît aujourd'hui extrêmement faible.»

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, partage tout à fait cet avis. Elle a donné hier un grand coup de chapeau au chef de la Caisse. «M. Rousseau a fait preuve d'un leadership hors du commun, a-t-elle déclaré. Il a su garder la tête froide et travailler au règlement de la crise pendant que les prophètes de malheur s'activaient sur la place publique.»

Le rendement avant tout

Henri-Paul Rousseau a aussi longuement répondu à ceux, comme l'ancien premier-ministre Jacques Parizeau, qui lui reprochent d'avoir une conception trop étroite de la mission de la Caisse et de ne pas suffisamment en faire pour défendre le Québec inc. Admettant que la question du contrôle des entreprises est un enjeu déterminant dans un contexte de mondialisation, il a rappelé que son institution gérait les fonds de retraite et les caisses d'assurances de millions de Québécois. L'important, a-t-il dit, est que les investissements de la Caisse au Québec continuent d'augmenter plus vite que ne croit l'économie.

«L'idée que la Caisse puisse investir avec l'intention, non pas de faire un placement rentable pour ses déposants, mais pour exercer un contrôle sur une entreprise, nous fait traverser une ligne au-delà de laquelle les risques financiers deviennent très différents et généralement très grands, a-t-il déclaré. Cela équivaut à demander à la Caisse de faire indirectement ce que l'on refuserait de faire directement avec les fonds des déposants.»

De 2003 à 2007, la Caisse a maintenu un rendement annuel moyen de 12,4 %, ce qui est mieux que 95 % des autres grandes caisses de retraite au Canada, a-t-il noté. La bonne gestion de ses placements lui a permis d'enrichir durant cette période son actif net de 63,2 milliards. Si la Caisse s'était contentée d'un rendement de deuxième quartile, c'est 20 milliards de moins qu'elle aurait amassés, a-t-il illustré. «C'est là-dessus que nous devons être jugés», a-t-il martelé.

Déprime économique et bonis salariaux

Henri-Paul Rousseau s'est bien gardé de prédire ses rendements de l'an prochain. Il a noté que l'environnement économique s'annonçait difficile et qu'il faudra encore beaucoup de temps avant que ne se résorbe complètement la crise des PCAA. Cela signifie aussi, cependant, que de bonnes occasions d'affaires vont se présenter, a-t-il dit. Le resserrement par les banques des conditions de crédits aurait déjà commencé à inciter les gens d'affaires du Québec à plus souvent faire appel à la Caisse de dépôt.

Les états financiers de l'institution sont vérifiés par le Vérificateur général du Québec. Ils rapportent notamment que le total des traitements et avantages sociaux des employés de la Caisse de dépôt est passé de 116 millions en 2006 à 140 millions en 2007. Ce bon de 21 % en un an est attribuable aux bonis qui ont été versés suite aux bons résultats enregistrés en 2006, a expliqué Henri-Paul Rousseau. La Caisse avait alors connu un rendement de 14,6 % qui le classait dans le premier quartile. L'augmentation des dépenses salariales est aussi due au fait que l'on a besoin de sans cesse plus de ressources humaines à la Caisse, a ajouté son chef, et que les spécialistes en la matière sont rares et très en demande dans le monde.






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  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 22 février 2008 07h18
    Rousseau a menti aux députés
    « En commission parlementaire, Rousseau avait soutenu que la Caisse ne perdrait que 500 millions à un milliard dans le papier commercial. On parle maintenant de 1,9 milliard, huit fois la Gaspesia. Est-ce qu'il doit démissionner pour avoir menti aux députés? Bill Clinton a failli perdre la présidence pour bien moins que ça....

    Ils ont dépensé 330 millions pour administrer 155,4 milliards. Ils disent que ça représente 21,7 cents par 100$.

    L'an passé ils administraient 143,5 milliards au cout de 281 millions. Le communiqué soutient que c'était 21,6 cents. Ca ne marche pas! C'est 19,6.

    Anyway, alors qu'on disait que l'ancienne administration dépensait trop, là on vient de passer de 281 millions à 330 millions en une seule année. Est-ce que c'est bar ouvet à la Caisse?

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/Documents/communique_2100208.pdf »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 22 février 2008 11h06
    4 milliards de cotisations de trop!!
    « Non mais qu'est-ce qui se passe à la Grosse Caisse?

    On a encore augmenter les cotisations. On ne cesse d'augmenter les cotisation parce qu'on a peur que la Caisse se vide. Or qu'est-ce qu'on apprend dans le rapport annuel? On apprend que les cotisations ont augmenté de 4 milliards l'an passé par rapport aux sorties!

    4 milliards de "taxes" cachées! 4 milliards de trop par rapport aux besoins réels. C'est 5 CHUM, 6 autoroutes des Bleuets passées en douce sans que personne ne rouspète

    Est-ce que les journalistes peuvent faire autre chose que de copier les communiqués de la Caisse?

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/Documents/communique_2100208.pdf »

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