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Quebecor World veut être protégé jusqu'au 11 mai

L'imprimeur Quebecor World aimerait être protégé de ses créanciers jusqu'au 11 mai, ce qui lui laisserait le temps de stabiliser ses activités et de développer son plan de restructuration.

Les avocats de l'imprimeur commercial montréalais plaideront leur cause aujourd'hui devant la Cour supérieure du Québec et jeudi devant la cour des faillites américaines pour tenter d'étendre la protection qui vient à échéance cette semaine. «Une prolongation de cette période est nécessaire pour permettre au requérant de compléter la préparation de son plan d'affaires et commencer à négocier avec les créanciers et les autres parties prenantes», a écrit Ernst & Young dans un rapport soumis à la cour québécoise.

De telles prolongations sont pratique courante et sont habituellement approuvées par les cours, bien qu'elles soient quelques fois assujetties à des conditions ou amendements demandés par les créanciers.

Depuis qu'elle s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies au Canada et celle du Chapitre 11 du code des faillites des États-Unis, Quebecor World a tenté de stabiliser ses activités en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde, a contacté plusieurs de ses parties prenantes et a entamé une révision de ses activités et de ses actifs, d'après un document déposé en cour.

Comme Stelco, Algoma Steel, Air Canada et d'autres entreprises qui se sont restructurées en vertu du même processus, Quebecor World émergerait probablement sous une plus petite forme, dans un créneau plus précis, avec de plus petits effectifs et une plus petite dette. Mais les actionnaires de Quebecor World, notamment sa société mère Quebecor, n'obtiendraient vraisemblablement rien pour leurs actions, tandis que les créanciers pourraient devoir se contenter de nouvelles actions de l'entreprise restructurée pour une partie ou la totalité de l'argent qui leur est dû.

Quebecor World, qui compte 28 000 employés, mise sur un retour à ses activités habituelles, selon un rapport de vérificateur, qui prévoit que le plan d'affaires prendra au moins deux mois de préparation.

«La direction a tenu des discussions avec les fournisseurs pour rétablir des arrangements de fourniture et pour négocier des conditions de crédit en vertu desquelles les fournisseurs assureront ou fourniront des biens et services durant la période de protection.»

Quebecor World a assuré ses clients que ses programmes, dont ceux qui fournissent des rabais en fonction du volume, resteront valides. L'entreprise affirme avoir continué à négocier, prolonger des contrats et signer des ententes avec de nouveaux clients dans le cours normal de ses activités.

Elle a annoncé avoir remporté ou renouvelé des contrats d'une valeur de 75 millions par année, ce qui, selon elle, démontre la confiance de ses clients envers elle, malgré ses pépins financiers. Cependant, son rival Transcontinental a annoncé vendredi avoir mis la main sur un contrat de 210 millions sur six ans pour le remplacer comme imprimeur des publications de Rogers Publishing, plus grand éditeur de magazines au Canada avec plus de 70 titres dont L'actualité, Châtelaine et Maclean's.

Quebecor World imprime divers magazines américains, dont 15 titres pour Time Inc., ainsi que les revues Cosmopolitan et Forbes. Elle produit aussi des encarts de détaillants, des catalogues, des livres et des répertoires pour certaines compagnies nord-américaines.

Selon l'analyste Adam Shine, de la Financière Banque nationale, les problèmes financiers de Quebecor World compliqueront toujours un peu davantage le renouvellement de contrats avec les clients, sans parler du recrutement de nouveaux clients. «En ce sens, la victoire de Rogers par Transcontinental ne devrait pas être la seule prise de son concurrent dans les mois à venir», a écrit M. Shine dans un rapport.

En plus d'une prolongation de la protection de la cour, Quebecor World veut reporter son assemblée annuelle des actionnaires à une date ultérieure au 30 juin.
 
 
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