La Société Générale est menacée sur plusieurs fronts
Enquêtes et rumeurs d'achat planent sur la banque française
2 février 2008
Actualités économiques
Photo : Agence France-Presse
La Société Générale, affaiblie par le scandale, va devoir batailler ferme face aux appétits de ses concurrents, au premier rang desquels BNP Paribas, qui avait déjà tenté de s’emparer de sa rivale à la fin des années 1990.
Paris — Inculpation du courtier Jérôme Kerviel accusé de pertes colossales, suspense autour du sort du p.-d.g. Daniel Bouton, rumeurs d'achat: après une folle semaine, la Société Générale va devoir encore batailler pour sortir de la crise et faire face aux appétits de ses concurrents.
Bien que le président français Nicolas Sarkozy ait implicitement appelé à la démission de Daniel Bouton, le p.-d.g. a sauvé son siège mercredi, soutenu par une partie de la classe politique et par ses salariés, qui le voient comme un gage de stabilité et un rempart contre les tentatives d'acheter la banque.
Jérôme Kerviel, accusé d'avoir fait perdre à lui seul 4,82 milliards d'euros à l'établissement, a été inculpé notamment de «faux» et d'«abus de confiance», mais laissé en liberté. Il a donné aux policiers sa version des faits pendant sa garde à vue, suggérant que sa hiérarchie avait fermé les yeux sur ses agissements. La Société Générale s'en est vigoureusement défendue.
Même si Daniel Bouton à sauvé sa tête, de nombreuses voix ont montré du doigt les «responsabilités» de la hiérarchie qui n'a pas détecté les malversations de son courtier.
Les contrôles internes «ne semblent pas avoir fonctionné comme ils auraient dû», a estimé le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Lundi, ce sera au tour de la ministre des Finances, Christine Lagarde, de s'expliquer devant les députés.
La Société Générale a aussi dû affronter des soupçons de délit d'initié, à la suite de l'annonce de ventes massives d'actions par l'un de ses administrateurs, juste avant l'annonce des pertes de la banque.
Malgré des plaintes, le parquet n'a pas ouvert d'enquête, laissant ce dossier à l'Autorité des marchés financiers.
Outre le volet judiciaire, la Société Générale, affaiblie par le scandale, va devoir batailler ferme face aux appétits de ses concurrents, au premier rang desquels BNP Paribas, qui avait déjà tenté de s'emparer de sa rivale à la fin des années 1990.
Daniel Bouton a martelé son attachement à l'indépendance de sa banque. «Il n'y a rigoureusement aucun problème puisque les capitaux sont là», a-t-il dit. Mais selon un administrateur, il s'est déclaré prêt à étudier une offre d'achat amicale, une version contestée par la Générale.
Quoi qu'il en soit, BNP Paribas a admis qu'elle réfléchissait à une offre, à l'instar de «toute l'Europe» bancaire.
Selon la presse, le Crédit Agricole mais aussi plusieurs autres banques européennes sont également à l'affût.
Même si, selon l'Élysée, un achat de la Société Générale n'est pas d'actualité, l'hypothèse d'un rapprochement franco-français a clairement les faveurs du gouvernement.
Un tel scénario éviterait à la Société Générale de passer sous pavillon étranger, tout en créant un champion français, fort de 15 millions de clients dans l'Hegaxone. Mais les propos des responsables français ont déclenché les foudres de la Commission européenne.
Vendredi, le premier ministre François Fillon, sans mettre de «veto», a dit vouloir veiller à ce que «les intérêts économiques» du pays et ceux des 130.000 salariés de la banque soient «préservés» en cas d'achat.
Achat amical, raid hostile, dépeçage de la banque entre BNP Paribas et Crédit Agricole, les marchés financiers ne cessent de bruisser de rumeurs, d'autant que la Générale est considérée comme étant bon marché au regard de sa valeur boursière (environ 40 milliards d'euros).
À mesure qu'enflent les rumeurs d'OPA, le titre décolle, rendant plus cher un éventuel achat: après avoir dégringolé de 10 % à 71,05 euros après les révélations sur les pertes, l'action a repris depuis plus de 20 %.
Bien que le président français Nicolas Sarkozy ait implicitement appelé à la démission de Daniel Bouton, le p.-d.g. a sauvé son siège mercredi, soutenu par une partie de la classe politique et par ses salariés, qui le voient comme un gage de stabilité et un rempart contre les tentatives d'acheter la banque.
Jérôme Kerviel, accusé d'avoir fait perdre à lui seul 4,82 milliards d'euros à l'établissement, a été inculpé notamment de «faux» et d'«abus de confiance», mais laissé en liberté. Il a donné aux policiers sa version des faits pendant sa garde à vue, suggérant que sa hiérarchie avait fermé les yeux sur ses agissements. La Société Générale s'en est vigoureusement défendue.
Même si Daniel Bouton à sauvé sa tête, de nombreuses voix ont montré du doigt les «responsabilités» de la hiérarchie qui n'a pas détecté les malversations de son courtier.
Les contrôles internes «ne semblent pas avoir fonctionné comme ils auraient dû», a estimé le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Lundi, ce sera au tour de la ministre des Finances, Christine Lagarde, de s'expliquer devant les députés.
La Société Générale a aussi dû affronter des soupçons de délit d'initié, à la suite de l'annonce de ventes massives d'actions par l'un de ses administrateurs, juste avant l'annonce des pertes de la banque.
Malgré des plaintes, le parquet n'a pas ouvert d'enquête, laissant ce dossier à l'Autorité des marchés financiers.
Outre le volet judiciaire, la Société Générale, affaiblie par le scandale, va devoir batailler ferme face aux appétits de ses concurrents, au premier rang desquels BNP Paribas, qui avait déjà tenté de s'emparer de sa rivale à la fin des années 1990.
Daniel Bouton a martelé son attachement à l'indépendance de sa banque. «Il n'y a rigoureusement aucun problème puisque les capitaux sont là», a-t-il dit. Mais selon un administrateur, il s'est déclaré prêt à étudier une offre d'achat amicale, une version contestée par la Générale.
Quoi qu'il en soit, BNP Paribas a admis qu'elle réfléchissait à une offre, à l'instar de «toute l'Europe» bancaire.
Selon la presse, le Crédit Agricole mais aussi plusieurs autres banques européennes sont également à l'affût.
Même si, selon l'Élysée, un achat de la Société Générale n'est pas d'actualité, l'hypothèse d'un rapprochement franco-français a clairement les faveurs du gouvernement.
Un tel scénario éviterait à la Société Générale de passer sous pavillon étranger, tout en créant un champion français, fort de 15 millions de clients dans l'Hegaxone. Mais les propos des responsables français ont déclenché les foudres de la Commission européenne.
Vendredi, le premier ministre François Fillon, sans mettre de «veto», a dit vouloir veiller à ce que «les intérêts économiques» du pays et ceux des 130.000 salariés de la banque soient «préservés» en cas d'achat.
Achat amical, raid hostile, dépeçage de la banque entre BNP Paribas et Crédit Agricole, les marchés financiers ne cessent de bruisser de rumeurs, d'autant que la Générale est considérée comme étant bon marché au regard de sa valeur boursière (environ 40 milliards d'euros).
À mesure qu'enflent les rumeurs d'OPA, le titre décolle, rendant plus cher un éventuel achat: après avoir dégringolé de 10 % à 71,05 euros après les révélations sur les pertes, l'action a repris depuis plus de 20 %.
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