Subprimes: le carnage n'est pas fini à Wall Street
1 février 2008
Actualités économiques
Washington — Le carnage dû à la crise des subprimes n'est pas fini, en dépit des milliards de dollars déjà partis en fumée, et les banques américaines et mondiales doivent se préparer à une nouvelle vague de dépréciation d'actifs financiers détenus dans leurs bilans.
L'agence américaine de notation Standard & Poor's a annoncé dans la nuit de mercredi à hier qu'elle avait abaissé ou envisageait d'abaisser la note accordée à 534 milliards de dollars d'obligations adossées à des créances à risque, pour refléter la dégradation du marché immobilier américain.
Cette décision va conduire nombre d'investisseurs à revoir à la baisse la valeur de ces titres qu'ils détiennent en portefeuille et à afficher des moins-values, pouvant atteindre 265 milliards de dollars, selon S&P.
Cette somme viendrait s'ajouter aux 153 milliards de dollars déjà envolés depuis le début de la crise, en août dernier, selon une estimation fournie mercredi par le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson.
Au moment du boom immobilier, les banques avaient vendu massivement aux investisseurs des titres adossés à des emprunts accordés à des ménages modestes, qui présentaient l'avantage d'offrir des rendements élevés. Mais avec le retournement du marché du logement, le taux de non-remboursement de ces crédits a bondi, rendant sans valeur l'actif sous-jacent de l'émission.
Une autre agence de notation, Moody's, a revu à la hausse hier son estimation du taux de non-remboursement pour les émissions de ce type lancées en 2006, au pic de la vague de spéculation immobilière.
L'agence estime que la proportion d'emprunts non remboursés pourrait atteindre entre 14 % et 18 %, alors que ce taux ne dépasse pas pour l'instant 1,5 %. Dans son «scénario du pire», Moody's imagine même que 30 % de ces emprunts — ceux lancés au 4e trimestre 2006 — pourraient n'être jamais remboursés.
Le marché de la dette structurée semble ainsi être entré dans une spirale infernale, dont personne ne se risque pour l'heure à prédire la fin.
La possibilité accrue d'un non-remboursement de ces émissions augmente la pression sur les sociétés spécialisées dans le rehaussement de crédit, qui garantissent des centaines de milliards de dollars d'obligations.
L'agence de notation Fitch a déjà abaissé la note de trois de ces rehausseurs de crédit (Ambac, SCA et FGIC), les privant du «AAA» (la meilleure note possible dans sa classification), indispensable à la bonne marche de leurs affaires. L'agence leur reproche de ne pas avoir levé les fonds nouveaux indispensables pour pouvoir continuer à assurer de manière solide des émissions dont la probabilité de défaillance augmente dramatiquement.
Le numéro un américain du secteur, MBIA, a annoncé hier avoir dû passer pour 3,5 milliards de dollars de provisions au quatrième trimestre.
Lorsqu'un rehausseur de crédit voit sa note abaissée, les émissions qu'il a garanties voient leur note abaissée dans les mêmes proportions. Et les banques qui ont acheté ces titres doivent revoir à la baisse leur valeur.
S&P a estimé que ce sont surtout les établissements bancaires régionaux américains qui devraient souffrir de ce nouveau round de dépréciations, mais des banques asiatiques et européennes devraient aussi être touchées.
Selon une estimation de la banque Oppenheimer citée dans la presse, les américaines Citigroup et Merrill Lynch pourraient encore devoir passer pour 10 milliards de dollars de provisions sur ce type d'actifs.
S&P a reconnu que sa décision pourrait avoir un impact sur les marchés financiers. «Il est difficile de prédire la magnitude de l'impact, mais nous pensons qu'il devrait avoir un impact sur les revenus de courtage, l'activité économique générale et la liquidité des banques».
L'agence américaine de notation Standard & Poor's a annoncé dans la nuit de mercredi à hier qu'elle avait abaissé ou envisageait d'abaisser la note accordée à 534 milliards de dollars d'obligations adossées à des créances à risque, pour refléter la dégradation du marché immobilier américain.
Cette décision va conduire nombre d'investisseurs à revoir à la baisse la valeur de ces titres qu'ils détiennent en portefeuille et à afficher des moins-values, pouvant atteindre 265 milliards de dollars, selon S&P.
Cette somme viendrait s'ajouter aux 153 milliards de dollars déjà envolés depuis le début de la crise, en août dernier, selon une estimation fournie mercredi par le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson.
Au moment du boom immobilier, les banques avaient vendu massivement aux investisseurs des titres adossés à des emprunts accordés à des ménages modestes, qui présentaient l'avantage d'offrir des rendements élevés. Mais avec le retournement du marché du logement, le taux de non-remboursement de ces crédits a bondi, rendant sans valeur l'actif sous-jacent de l'émission.
Une autre agence de notation, Moody's, a revu à la hausse hier son estimation du taux de non-remboursement pour les émissions de ce type lancées en 2006, au pic de la vague de spéculation immobilière.
L'agence estime que la proportion d'emprunts non remboursés pourrait atteindre entre 14 % et 18 %, alors que ce taux ne dépasse pas pour l'instant 1,5 %. Dans son «scénario du pire», Moody's imagine même que 30 % de ces emprunts — ceux lancés au 4e trimestre 2006 — pourraient n'être jamais remboursés.
Le marché de la dette structurée semble ainsi être entré dans une spirale infernale, dont personne ne se risque pour l'heure à prédire la fin.
La possibilité accrue d'un non-remboursement de ces émissions augmente la pression sur les sociétés spécialisées dans le rehaussement de crédit, qui garantissent des centaines de milliards de dollars d'obligations.
L'agence de notation Fitch a déjà abaissé la note de trois de ces rehausseurs de crédit (Ambac, SCA et FGIC), les privant du «AAA» (la meilleure note possible dans sa classification), indispensable à la bonne marche de leurs affaires. L'agence leur reproche de ne pas avoir levé les fonds nouveaux indispensables pour pouvoir continuer à assurer de manière solide des émissions dont la probabilité de défaillance augmente dramatiquement.
Le numéro un américain du secteur, MBIA, a annoncé hier avoir dû passer pour 3,5 milliards de dollars de provisions au quatrième trimestre.
Lorsqu'un rehausseur de crédit voit sa note abaissée, les émissions qu'il a garanties voient leur note abaissée dans les mêmes proportions. Et les banques qui ont acheté ces titres doivent revoir à la baisse leur valeur.
S&P a estimé que ce sont surtout les établissements bancaires régionaux américains qui devraient souffrir de ce nouveau round de dépréciations, mais des banques asiatiques et européennes devraient aussi être touchées.
Selon une estimation de la banque Oppenheimer citée dans la presse, les américaines Citigroup et Merrill Lynch pourraient encore devoir passer pour 10 milliards de dollars de provisions sur ce type d'actifs.
S&P a reconnu que sa décision pourrait avoir un impact sur les marchés financiers. «Il est difficile de prédire la magnitude de l'impact, mais nous pensons qu'il devrait avoir un impact sur les revenus de courtage, l'activité économique générale et la liquidité des banques».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

