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Crise du logement américain - Immobilier: les ventes chutent fortement

25 septembre 2009 06h36  Actualités économiques
Peu de passants ont foulé la neige autour de cette pancarte de maison à vendre. Au mois de décembre, les ventes de logements se sont établies bien en deçà des prévisions des analystes. Sur un an, les ventes ont chuté de 40,7 % en décembre, leur
Photo : Agence France-Presse
Peu de passants ont foulé la neige autour de cette pancarte de maison à vendre. Au mois de décembre, les ventes de logements se sont établies bien en deçà des prévisions des analystes. Sur un an, les ventes ont chuté de 40,7 % en décembre, leur
Washington — Les ventes de logements neufs aux États-Unis ont atteint leur plus bas niveau depuis douze ans en décembre, chutant de 4,7 % par rapport à novembre, alors que le prix des transactions s’effondrait.

«La crise du logement résidentiel s’aggrave avec davantage d’ajustements à la baisse des ventes et des prix», a résumé Marie-Pierre Ripert, économiste de Natixis.
Les ventes de logements neufs se sont établies à 604 000 unités (en rythme annuel), alors que les analystes tablaient sur 645 000 ventes. C’est le plus bas niveau enregistré depuis février 1995 (559 000 unités).
De plus, les chiffres du mois de novembre ont été révisés en nette baisse à 634 000, au lieu de 647 000 annoncés précédemment.
Sur un an, les ventes ont chuté de 40,7 % en décembre, leur plus fort recul depuis septembre 1981.

«Les chiffres de décembre sont en tout point décevants», a souligné Patrick Newport, économiste de Global Insight.
Pour l’ensemble de l’année 2007, les ventes de logements neufs ont plongé de 26,4 %, à 774 000 unités, contre 1,051 million en 2006, le plus fort recul jamais enregistré depuis qu’existent ces statistiques.

Le marché immobilier résidentiel est l’une des principales préoccupations des analystes, qui craignent ses effets sur le reste de l’économie. Ils redoutent notamment que la faiblesse de ce secteur ne se traduise par une baisse de la consommation.

C’est une mauvaise nouvelle de plus pour l’administration du président américain George W. Bush, qui devait prononcer hier son dernier discours sur l’état de l’Union, et pour la banque centrale, qui devrait y voir là une raison supplémentaire d’abaisser ses taux, lors de sa prochaine réunion, aujourd’hui et demain.

Baisse des prix
À la baisse d’activité sur le marché, s’ajoute une dégradation spectaculaire du montant des transactions.

En décembre, les prix médians ont diminué de 10,4 % sur un an pour s’établir à 219 200 dollars, tombant à leur plus bas niveau depuis septembre 2004. Par rapport à novembre, cela représente un effondrement de 10,8 %.
Seule consolation, pour l’ensemble de l’année, les prix médians sont demeurés stables, s’établissant à 246 900 $ contre 246 500 $ en 2006 (+0,2 %).

La baisse des ventes en novembre s’explique par un plongeon dans l’Ouest (-6,0 %) et dans le Sud (-6,5 %) et par une baisse moins marquée dans le Midwest (-1,2 %). Dans le Nord-Est, en revanche, les ventes ont bondi de 6,0 %.
Ce nouveau signe attestant de la profondeur de la crise immobilière nourrit les attentes d’un nouvel assouplissement de la politique monétaire aux États-Unis.

La baisse, «bien pire qu’attendu», des ventes de logements neufs en décembre «pouvait alimenter l’idée que la Fed avait besoin de baisser encore fortement ses taux», a estimé vendredi Peter Cardillo, analyste d’Avalon Partners.
La Réserve fédérale américaine doit rendre une nouvelle décision de politique monétaire demain, une semaine après avoir baissé en urgence son principal taux d’intérêt directeur de 0,75 %.

Politiquement, ces nouvelles manifestations de la menace de récession qui pèse sur la première économie du monde rendent d’autant plus urgente la concrétisation du plan de relance budgétaire, annoncé par le président Bush.
Vendredi, M. Bush a exhorté le Congrès d’adopter «le plus vite possible» et tel quel un plan censé stimuler l’économie américaine menacée de récession, qui avait fait l’objet d’un rare accord politique la veille.
Ce dispositif, évalué à quelque 150 milliards de dollars est censé mettre rapidement de l’argent dans les mains des Américains. Il doit à présent être soumis à l’approbation de tout le Congrès, et surtout du Sénat, où l’affaire s’annonce plus compliquée.






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