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Société Générale: le mystère plane toujours

26 janvier 2008  Actualités économiques
Jérôme Kerviel, employé par la Société Générale depuis 2000, a été désigné comme le responsable de cette fraude. Mais certains experts et politiciens restent sceptiques devant le fait qu’un seul individu ait pu causer tout ce brouhaha. Le pr
Photo : Agence Reuters
Jérôme Kerviel, employé par la Société Générale depuis 2000, a été désigné comme le responsable de cette fraude. Mais certains experts et politiciens restent sceptiques devant le fait qu’un seul individu ait pu causer tout ce brouhaha. Le pr
Paris — Analystes et enquêteurs tentaient toujours de comprendre hier comment un courtier isolé a pu faire perdre à lui seul cinq milliards d'euros à la Société Générale, une des trois principales banques françaises, dans une «fraude» sans équivalent.

Les autorités françaises, le président Nicolas Sarkozy en tête, se sont employées de leur côté à rassurer les millions de clients de la Société Générale et la communauté internationale sur la «fiabilité du système financier français».

Le premier ministre François Fillon a réclamé au ministère de l'Économie un rapport «sous huit jours» pour tenter de lever les nombreuses zones d'ombre entourant cette affaire. La commission des Finances du Sénat compte pour sa part auditionner mercredi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

Le gouverneur de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet a estimé qu'il fallait «renforcer formidablement les contrôles internes» dans les banques.

La Société Générale a stupéfié le monde de la finance en annonçant jeudi des pertes de sept milliards d'euros, dont deux milliards liés à la crise des subprimes aux États-Unis et surtout 4,9 milliards provoqués par un courtier isolé.

Celui-ci aurait réussi à déjouer l'ensemble des systèmes de contrôle de la banque pour dissimuler des transactions portant sur plusieurs dizaines de milliards d'euros. Ce courtier de 31 ans, Jérôme Kerviel, employé par la banque depuis 2000, a été désigné comme l'unique responsable de cette «fraude», la plus grosse de ce type dans l'histoire de la finance mondiale. Il a été mis à pied et une plainte a été déposée contre lui, même s'il ne semble pas s'être enrichi personnellement.

Sur le plan judiciaire, une enquête préliminaire confiée à la brigade financière a été ouverte.

Certains experts ont exprimé leur scepticisme sur le fait qu'un seul homme ait pu causer un préjudice d'une telle ampleur, une interrogation largement relayée par la presse. «Les mystères d'une fraude à cinq milliards», titrait le quotidien économique La Tribune. «Comment une banque de ce calibre, vantée pour son expérience des activités de marché, a-t-elle pu en arriver à cette infortune? Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour découvrir l'étendue des dégâts?»

L'université de Lyon, où Jérôme Kerviel avait décroché un master d'opérations de marché avec une mention «assez bien», l'a décrit comme un étudiant ordinaire. Loin du «génie informatique» évoqué par la Société Générale pour expliquer comment il avait réussi à déjouer les procédures de contrôle.

Appel à la transparence

La classe politique, tous bords confondus, a multiplié les appels à plus de «transparence». L'opposition socialiste a vu dans cette affaire un «symbole de l'argent fou».

Selon la presse américaine, la Société Générale a pu contribuer à la chute mondiale des marchés au début de cette semaine, en liquidant secrètement les positions trop risquées de son courtier.

En visite en Inde, le président Nicolas Sarkozy a évoqué «un problème interne» à la Société Générale «qui ne touche pas la solidité ni la fiabilité du système financier français».

Mais un de ses proches conseillers, Raymond Soubie, a jugé «très étonnant qu'une seule personne» ait pu miser autant d'argent sur les marchés.

En revanche, pour la ministre de l'Économie et des Finances Christine Lagarde, «à ce stade, il n'y a pas de raison de croire que ce n'est pas un individu seul» qui «a rendu Société Générale victime d'une fraude».

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, s'est déclaré «certain» que la banque n'avait pas cherché à déguiser des pertes liées à la crise des subprimes, comme l'ont suggéré certains analystes.

Le p.-d.g. de la Société Générale Daniel Bouton s'est quant à lui défendu d'avoir cherché à déguiser des pertes liées à la crise des subprimes, dans un entretien au Figaro à paraître aujourd'hui.

À la bourse de Paris, l'action Société Générale a terminé sur une nouvelle baisse, de 2,56 %. La Société Générale a perdu plus de 40 % de sa valeur boursière en un an.






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