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Les misères de Motorola se poursuivent

24 janvier 2008  Actualités économiques
New York — Le groupe américain Motorola, dépossédé l'an dernier de son rang de deuxième producteur mondial de téléphones portables, a reconnu hier que le redressement de cette activité prendrait «plus longtemps que prévu» après l'effondrement de ses ventes en 2007.

Concurrencé par Nokia, Samsung et l'iPhone d'Apple, Motorola a vu ses ventes de portables plonger de 33 % l'an dernier et a concédé qu'il ne serait pas en mesure d'endiguer cette évolution au premier trimestre, ce qui s'est traduit par un écroulement du titre à la bourse de New York.

Motorola a annoncé hier des résultats en chute libre: son bénéfice au quatrième trimestre 2007 a fondu de 84 %, à 100 millions de dollars et, sur l'ensemble de 2007, il a enregistré une perte nette de 49 millions, contre un bénéfice de 3,6 milliards de dollars un an plus tôt.

La spirale descendante va continuer: Motorola prévoit une perte au premier trimestre 2008 de 5 à 7 ¢US par action, hors charges de restructuration. Et le p.-d.g. Greg Brown a ajouté lors d'une conférence téléphonique que les ventes de portables baisseraient encore «significativement» sur ces trois mois. Ces prévisions ont glacé les marchés, qui espéraient un bénéfice de 10 ¢US par action au premier trimestre.

C'est un très mauvais démarrage pour le tout nouveau p.-d.g., qui a remplacé depuis le 1er janvier l'ex-patron Ed Zander, débarqué cet automne à cause de la baisse continue des ventes de téléphones portables depuis un an. Le groupe ne cesse de reculer face à ses concurrents. Au troisième trimestre, il s'était déjà fait ravir la deuxième place du marché mondial par Samsung, avec une part de marché ramenée à 13 % contre 21 % un an plus tôt, selon le cabinet Gartner, alors que Samsung en a conquis 14,5 %. Nokia reste en tête avec 38 %.

Certains analystes estiment maintenant que Motorola pourrait être relégué au quatrième rang, derrière Sony Ericsson, dont les ventes ont bondi de 18 % au quatrième trimestre.

Motorola, dont la moitié des recettes repose sur les téléphones portables, a vu ses ventes dans ce secteur diminuer de 38 % au quatrième trimestre et de 33 % sur l'ensemble de 2007: il en a vendu 40,9 millions l'an dernier contre 65,7 millions en 2006. Et cette division est depuis un an largement déficitaire. «Motorola n'est plus qu'une pâle version du groupe qu'il était il y a un an», commentait récemment Carolina Milanesi, du cabinet Gartner.

Alors que le marché des portables est porteur, notamment celui des téléphones intelligents (smartphones), le groupe n'a pas su sortir un produit capable de prendre le relais de son modèle vedette Razr, un téléphone ultra-fin et design longtemps resté «la» star du marché mondial après sa sortie en 2004, mais maintenant supplanté par l'iPhone d'Apple ou des modèles sophistiqués de Samsung.

«L'absence de nouveaux produits en dehors des Razr montre une totale incompréhension du marché et a scellé le sort de Motorola depuis des mois», a commenté Kimberley DuBord, de Briefing.com, ajoutant que le groupe a accusé une baisse de ses profits dans tous les secteurs, sauf les solutions pour les entreprises (téléphones IP, lecteurs de code-barres), aidées par l'acquisition de la société Symbol Technologies.

Dans des commentaires particulièrement pessimistes hier, le groupe a reconnu ne pas voir de redressement à court terme. «Nous travaillons à remettre le secteur des appareils mobiles sur les rails, mais ce redémarrage prendra plus longtemps que prévu et il y a beaucoup de travail à faire», a déclaré le p.-d.g. Greg Brown.

Il a évoqué des économies de 500 millions de dollars prévues cette année et des suppressions d'emplois, sans les détailler. Motorola a déjà entamé un plan de 7500 suppressions d'emplois l'an dernier, qui doit ramener les effectifs sous les 60 000 personnes fin 2008.

Les déboires de Motorola pourraient pousser de nouveau l'investisseur milliardaire Carl Icahn, qui détient 3 % du groupe environ, à intervenir. L'automne dernier, il avait poussé au départ de M. Zander et réclamé le démantèlement du groupe en plusieurs sociétés, afin d'isoler les mauvaises performances des téléphones portables.






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