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La pénurie de main-d'oeuvre ralentira la croissance

D'ici 2030, il manquera 363 000 travailleurs au Québec pour combler les besoins

La pénurie de main-d’oeuvre appréhendée s’aggravera à partir de 2010.
Photo : Jacques Grenier
La pénurie de main-d’oeuvre appréhendée s’aggravera à partir de 2010.
Au rythme où vont les choses, il manquera 363 000 travailleurs au Québec d'ici 2030. Si rien n'est fait, cette pénurie de main-d'oeuvre, qui a déjà commencé à se faire sentir dans certains secteurs, fera chuter de moitié la capacité de croissance de l'économie québécoise, selon une étude du Conference Board du Canada.

«Compte tenu des tendances démographiques actuelles, le Québec se trouvera devant une grave pénurie de main-d'oeuvre qui ira en empirant dès 2010», prévient cette firme de recherche dans un rapport de neuf pages dévoilé hier, intitulé Du baby-boom au déficit de main-d'oeuvre - Pénurie de main-d'oeuvre imminente au Québec. Promettant d'être plus grave que dans les autres sociétés développées, cette pénurie «sera un facteur déterminant de l'orientation et de l'ampleur de la croissance économique future du Québec», prévient l'auteur du rapport, Sabrina Browarski.

Causes connues

Les causes de ce problème sont bien connues. L'arrivée de la plus grosse cohorte démographique à l'âge de la retraite ainsi que des «taux de fécondité inférieurs à la moyenne nationale [...] entraîneront un important déficit de main-d'oeuvre à long terme, plus rapidement au Québec que dans d'autres provinces, elles-mêmes déjà aux prises avec des marchés du travail surchauffés», rappelle-t-on.

Certains secteurs se plaignent déjà d'avoir du mal à trouver les travailleurs nécessaires à leur développement, note le Conference Board. Le problème commencera à se généraliser d'ici 2010. Si les tendances se maintiennent, l'économie québécoise accusera un déficit de 292 000 travailleurs d'ici 2025. Ce chiffre pourrait grimper à 363 000 lorsque la crise atteindra son point culminant, vers 2030.

Dans les faits, les entreprises n'auront pas le choix d'adapter leurs pratiques et leurs stratégies, précise l'auteure du rapport. Elles augmenteront notamment les salaires pour attirer et retenir la main-d'oeuvre. Elles ont d'ailleurs déjà commencé à le faire. Cette année, les salaires totaux par employé devraient avoir augmenté de 4,3 % en moyenne, soit presque trois fois le taux d'inflation au Québec. Les entreprises investiront aussi de plus en plus dans de nouveaux moyens de production susceptibles d'accroître leur productivité.

Ces efforts ne suffiront toutefois pas à compenser pleinement un bassin de main-d'oeuvre dont la contribution à l'expansion économique sera nulle à compter de 2020. La vigueur de l'économie québécoise s'en ressentira grandement. Parti de 2,9 % par année entre 1996 et 2000, le taux de croissance potentiel du Québec est évalué à 2,3 % de nos jours. Il devrait avoir chuté aux alentours de 2 % dans moins de dix ans et ne plus être que de 1,5 % en 2026-30.

Les chances du Québec de renverser les tendances démographiques apparaissent bien minces. Une hausse significative des naissances a bien été observée au Québec depuis 2006, reconnaît le Conference Board. La conjoncture économique favorable et le nouveau programme québécois de congés parentaux y sont peut-être pour quelque chose. Il est toutefois trop tôt pour dire si cette tendance durera. Si le passé est le garant de l'avenir, «cette nouvelle tendance est probablement passagère et s'estompera».

Dans ces circonstances, «l'immigration nette deviendra le principal moteur de la croissance démographique» au cours des prochaines années, dit le rapport. On peut d'ailleurs s'attendre à ce que la migration internationale annuelle nette augmente au Québec d'une moyenne de 34 400 immigrants en 2006 à 54 150 en 2030. Il faut toutefois aussi prévoir qu'une moyenne de 11 839 personnes partiront chaque année vers d'autres provinces.

Il n'y en aura pas de facile

«Il n'existe pas de solution simple à la pénurie de main-d'oeuvre imminente au Québec», fait immédiatement savoir le Conference Board. Un premier type de stratégie consisterait à accroître la productivité des travailleurs qu'on a déjà sous la main. Pour y arriver, «il faudrait, par exemple, améliorer les programmes de formation, faciliter l'accès à l'éducation de groupes qui se caractérisent habituellement par de faibles niveaux d'obtention de diplômes et accorder un soutien financier à l'investissement dans les nouvelles technologies», dit le rapport.

Québec a déjà créé des programmes d'aide financière et de reconnaissance des qualifications des travailleurs dans le secteur manufacturier. Il pourrait aussi, par exemple, mettre sur pied des programmes «d'alphabétisation littéraire et numérique» en milieu de travail pour aider l'intégration de nouvelles technologies de production. «Des crédits d'impôt pourraient aussi être accordés pour une foule d'autres mesures, comme le développement et l'utilisation de nouvelles sources d'énergie, le recrutement d'employés pour la recherche et le développement et l'adoption de technologies de pointe dans les PME.»

Reconnaissance des compétences

Un deuxième type de stratégie viserait à accroître le taux d'emploi de la population québécoise, à commencer par les immigrants, en accélérant la reconnaissance de leurs compétences professionnelles, en leur offrant des cours de français de niveaux plus élevés et en accordant plus facilement des permis de travail temporaires aux immigrants hautement qualifiés. Plus d'efforts devront aussi être faits pour attirer les travailleurs des autres provinces, par exemple en les rendant plus rapidement admissibles aux programmes sociaux comme l'assurance maladie.

On devra aussi «mieux utiliser les employés au potentiel sous-utilisé, en particulier les travailleurs plus âgés, les autochtones et les femmes», dit le Conference Board. Il n'est pas normal que les Québécois soient encore aujourd'hui les travailleurs qui prennent leur retraite le plus tôt au Canada. Quant aux 67 000 autochtones du Québec, ils sont plus jeunes, ont plus d'enfants et restent pourtant en marge de l'économie québécoise.

Ce ne sont là que quelques propositions pour réduire les dommages que risque d'infliger la pénurie de main-d'oeuvre au cours des prochaines années, note le Conference Board dans son rapport. «Sans doute le Québec devra-t-il agir parallèlement sur tous ces fronts.»
 
 
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  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 20 décembre 2007 00h14
    Les chanceux
    Les impôts seront réduit de beaucoup car le BS n'aura plus sa raison d'être.

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 20 décembre 2007 06h05
    vers l'appauvrissement...
    Comment faire une nation avec un manque de main-d'oeuvre et de richesse? Si le Québec va vers un appauvrissement, comment garantir une vie nationale sans en avoir les moyens? Que de questions. Peut-être que la commission Bouchard-Taylor a été bienvenue dans le sens qu'elle a eu la chance de commencer à apprendre comment faire pour accueillir les futurs immigrants nécessaires à la survie du Québec. Parce que c'est bien une question de survie économique dont il s'agit. Il semble que le PQ comme le Parti démocratique se devront d'être lucides et de changer de point de vue comme de discours. Dans le futur, le « nous » monolithique de J-F Lisée devra s'effriter pour accueillir « l'autre » et ce, par nécessité de survie. Car s'il n'y a pas survie, le Québec en perdra et sa culture et sa langue. Mario Dumont lui est « out » totalement. Il veut arrêter l'immigration ou la freiner, ce qui revient au même. La lucidité n'est pas à l'ordre du jour. Le Québec est perdant s'il ne fait pas une politique d'immigration accueillante. Ce n'est pas le programme de francisation qui y aidera. Loin de là. Maintenant il s'agit à la lumière de ces données de penser le discours politique actuel.

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 20 décembre 2007 08h03
    Encore de la bouillie pour les chats
    En 2001, Agnès Maltais, alors ministre du travail, nous annonçait des pénuries de main-d'oeuvre dès 2006. Le Québec comptait alors 8% de chomeurs.

    On est à l'aube de 2007 et le taux de chomage est toujours à 7%, soit 300,000 personnes donc 50,000 immigrants

    Il y a 240,000 personnes aptes au travail sur le BS dont 60,000 immigrants.

    Bref, il y a 540,000 personnes en chomage au Québec dont 110,000 immigrants. Il est où le manque de main-d'oeuvre?

    La crise démographique est le mensonge du siècle.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 20 décembre 2007 08h15
    Voici LES solutions !
    C'est pas grave. On n'a qu'à faire tout fabriquer en Chine "pas cher" ce qui fera fermer toutes nos usines d'affaires trop chères. Profiter de ce fait pour recycler ces nouveaux chômeurs en préposés aux bénéficiaires dans nos nombreux foyers pour personnes agées ou vendeurs de produits pour les vieux dans les pharmacies.

    Faudrait aussi encourager les Mexicains à immigrer au Québec pour cultiver des produits qui entrent spécialement dans le manger-mou ou on l'importe directement du Mexique.

    Si on veut absolument la croissance, on n'a qu'a inciter les Chinois et les Indous à venir au Québec. On pourrait en recevoir quelques millions le temps de le dire pour habiter nos vastes espaces enneigés.

    Maintenant que ce problème de main d'oeuvre est réglé est-ce qu'il y en a encore un autre ?

    Arrêtez d'avoir peur et croyez au succès ! Comme disait un écrivain-motivateur.

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 20 décembre 2007 09h05
    Faisons la souveraineté!
    Encore un problème au Québec? Faisons la souveraineté, on sera entre nous (encore faut-il savoir qui est « nous »...) et il disparaîtra, comme le pensent bien des gens ici...
    Mais quelle niaiserie!
    Un très grave problème démographique toque aux portes du Québec. Il faut le prendre au sérieux, car il pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l'économie de la province. Si les employeurs ne trouvent pas de main-d'oeuvre, ils délocaliseront leurs activités ou fermeront carrément boutique. Et cela pourrait provoquer une spirale descendante, qui ferait tomber un peu plus le Québec, comme si cette province en a besoin!
    L'augmentation démographique naturelle se faisant tirer l'oreille, la seule solution reste l'immigration, mais l'immigration encadrée et intelligente. Au lieu de franciser à outrance les immigrants, de leur imposer des tests de langue française pour être éligibles à se porter candidats aux élections et d'instituer une sorte d'espèce de carte de citoyenneté québécoise (comment peut-on débiter autant de conneries?), il vaudrait mieux commencer à reconnaître leurs titres de compétences, leur offrir une mise à niveau ou une mise à jour et les laisser exercer leur métier dans la langue qu'ils maîtrisent le mieux. Un pont construit en anglais est aussi bon qu'un autre construit en français! Bref, il faut faire preuve de souplesse pour que les immigrants restent au Québec pour assurer sa survie, car, ne nous y trompons pas, à l'heure actuelle, « ze grass is much greener » dans d'autres provinces...

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    jeudi 20 décembre 2007 09h26
    Le Québec n'est pas sur la bonne voie.
    On parle depuis des années de la pénurie de main d'oeuvre qui se pointe à l'horizon. Pendant ce temps, c'est connu mais on n'en parle pas suffisamment, une forte proportion de jeunes ne termine pas leur cégep, et certains quitte dès le secondaire (ceux-là savent-ils seulement lire et écrire ? J'en doute fort). Chaque année, une masse des jeunes sans formation et sous-éduquée se retrouve alors sur un marché du travail qui lui demande des travailleurs qualifiés. Belle relève en perspective que nous réserve une partie non-négligeable de notre belle jeunesse.
    Il en a toujours été ainsi diront certains ? Oui, effectivement, mais l'économie mondiale, elle, évolue continuellement et les règles changent. On sait que, compétitivité oblige, les entreprises délocalisent non seulement les emplois manuels mais également, de plus en plus, des emplois spécialisés (comptabilité, ingénierie, services, etc.). Que feront alors ces jeunes sans formation, sans métier ? Le Québec n'est pas sur la bonne voie, mais alors vraiment pas.
    D.A. Olivier
    Économiste.

  • Francois Lavallée
    Abonné
    jeudi 20 décembre 2007 10h12
    Et l'adoption interne?
    Et si on prenait des mesures pour que les grossesses non désirées se soldent par des adoptions au lieu de se solder par des avortements, ça ne nous aiderait pas un peu? Une société comme la nôtre est capable de se perpétuer naturellement... pour peu qu'elle ne tue pas ses enfants à mesure qu'ils arrivent...

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 20 décembre 2007 14h02
    La vraie solution
    La vraie solution aux problèmes de main d'oeuvre, c'est d'augmenter la productivité de tous les agents économiques : meilleur outillage dans les usines, meilleure organisation du travail dans tous les secteurs, simplification de la paperasse administrative, et surtout meilleur niveau d'instruction de nos enfants et de notre main d'oeuvre.

    Les entreprises qui disent avoir de la difficulté à trouver de la main d'oeuvre ont sûrement mal planifié leur développement. Les entreprises doivent faire leur part en accueillant des stagiaires, et en formant les gens de façon pointue pour les tâches devant leur être confiées.

  • Christine Lapierre
    Abonnée
    jeudi 20 décembre 2007 14h45
    Bien sûr monsieur Lavallée
    Il est évident que forcer des femmes à poursuivre une grossesse non-désirée est une solution de choix. Il me vient à l'esprit, cependant, que s'il s'agissait de votre corps et de votre vie, votre opinion serait fort probablement différente.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 20 décembre 2007 16h32
    Mince consolation
    Si le système d'éducation du Québec était restée sous la maîtrise du clergé et des communautés religieuses, le Québec actuel ne manquerait peut-être pas de prêtres mais encore davantage des compétences que nécessitera de plus en plus son développement économique. On se console comme on peut...
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Sylvain Racine
    Abonné
    jeudi 20 décembre 2007 17h44
    Et on dira : vive le Quebec pas libre
    En 2030, le Quebec ne sera plus qu'un GROS CHSLD pleins de vieux avec autour des jeunes adequistes morons pas eduques. Et il ne serait pas etonnant que Justin Trudeau soit le premier ministre du Quebec. Le Quebec est bel et bien rendu la.

    Ouf, une chance que je suis deja parti!

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 13h14
    @ Sylvain Racine
    Où est-ce que vous êtes parti M. Sylvain Racine ? Je suis curieux de savoir en quoi votre nouveau pays est meilleur que le Québec actuel et si les CHLD y sont beaucoup moins nombreux.

  • Mike Casablanca
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 17h14
    Bonjour les charlatans!
    Comment se sentent ces prédicateurs fonctionnaires grassement payés par nos impôts pour justifier leurs études ridicules sur les pénuries (fictives) en 2009, maintenant que la crise économique s'installe pour un bon bout de temps? Y aura-t'il vraiment cette pénurie qui devrait selon eux augmenter le nombre d'immigrés au Québec, leur apprendre le français et les former, et tout ça, avec les impôts et taxes qui m'enlèvent plus de 50% sur mon chèque de paie à chaque mois (j'ai une vrai job, suis au privé, pas de passe droit pour moi). Ils devraient être redevables de leurs mensonges (ou grossière erreur de calculs) et s'excuser. Pourquoi ne pas les envoyer en prison? Il me semble qu'il y a pénurie là aussi...

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