Les fonds souverains à l'assaut des banques de Wall Street
20 décembre 2007
Actualités économiques
Photo : Agence France-Presse
Un grand nom de la finance américaine, Bear Stearns, a annoncé un accord en octobre avec la banque chinoise Citic, qui lui donne potentiellement jusqu’à 9,9 % de son capital.
Washington — Les fonds d'investissement crées par la Chine et d'autres pays en développement montent à l'assaut de Wall Street, en profitant de la faiblesse momentanée des grandes banques d'affaires américaines qui doivent reconstituer d'urgence leurs réserves financières.
Morgan Stanley a annoncé hier que le groupe China Investment Corporation (CIC) allait lui apporter cinq milliards de dollars pour l'aider à rétablir ses fonds propres, mis à mal par les énormes dépréciations d'actifs résultant de son exposition au marché des crédits hypothécaires à risques (subprime). La banque a en effet dû passer par pertes et profits 9,4 milliards de dollars d'actif au quatrième trimestre de son exercice 2007 (clos fin novembre), soit l'équivalent d'un cinquième de sa capitalisation boursière.
China Investment Corporation est le fonds souverain créé par les autorités communistes de Pékin pour gérer une partie de leurs colossales réserves de changes. La société, qui a officiellement été créée cette année, dispose d'une puissance de feu de plus de 200 milliards de dollars. Elle a déjà investi trois milliards de dollars dans le fonds d'investissement Blackstone.
L'investissement du groupe chinois pourrait lui donner à terme jusqu'à 9,9 % du capital de Morgan Stanley, mais celui-ci se comportera en investisseur passif, a assuré la banque. CIC ne se verra reconnaître aucun droit dans la gestion du groupe, et notamment pas de poste d'administrateur, a-t-elle ajouté.
Ce schéma est visiblement destiné à faire passer la pilule auprès de l'administration américaine, qui pourrait s'inquiéter de voir un actif aussi stratégique pour l'économie du pays tomber entre des mains étrangères.
Dans le dernier numéro de la revue Foreign Affairs, le secrétaire adjoint au Trésor américain Robert Kimmitt soulignait déjà les risques pour la sécurité nationale présentés par les investissements des fonds souverains. «De telles préoccupations ne surgissent pas seulement dans les cas où les fonds souverains obtiennent formellement une participation de contrôle dans une compagnie. Elles peuvent aussi survenir quand un investisseur cherche à obtenir une représentation au conseil ou des droits de votes supérieurs à sa participation — en fait, tout ce qui va au delà d'un investissement passif».
L'inquiétude de M. Kimmit peut s'expliquer par la multiplication récente des sauvetages d'institutions financières par des fonds souverains étrangers.
Un autre grand nom de la finance américaine, Bear Stearns, a annoncé un accord en octobre avec la banque chinoise Citic, qui lui donne potentiellement jusqu'à 9,9 % de son capital. La banque universelle Citigroup a pour sa part due être renflouée d'urgence à hauteur de 7,5 milliards de dollars par le fonds d'investissement de l'émirat d'Abou Dhabi.
Quant à une autre victime illustre de la crise des subprimes, le Suisse UBS, il a dû lever 13 milliards de francs suisses, dont 11 milliards fournis par le fonds du gouvernement de Singapour (Government of Singapore Investment Corporation) et deux milliards par un investisseur anonyme du Moyen-Orient.
Le monde compte aujourd'hui une quarantaine de fonds souverains, dont les actifs sont évalués autour de 2500 milliards de dollars. Ils se développeraient sur la base de 1000 milliards de dollars par an, selon une estimation avancée dans ce même article par M. Kimmit. Certains analystes avancent que ces fonds pourraient atteindre 10 000 à 15 000 milliards de dollars d'ici 2015, à comparer à la capitalisation cumulée des cinq cents plus grandes sociétés américaines, qui est actuellement de l'ordre de 12 000 milliards de dollars.
Morgan Stanley a annoncé hier que le groupe China Investment Corporation (CIC) allait lui apporter cinq milliards de dollars pour l'aider à rétablir ses fonds propres, mis à mal par les énormes dépréciations d'actifs résultant de son exposition au marché des crédits hypothécaires à risques (subprime). La banque a en effet dû passer par pertes et profits 9,4 milliards de dollars d'actif au quatrième trimestre de son exercice 2007 (clos fin novembre), soit l'équivalent d'un cinquième de sa capitalisation boursière.
China Investment Corporation est le fonds souverain créé par les autorités communistes de Pékin pour gérer une partie de leurs colossales réserves de changes. La société, qui a officiellement été créée cette année, dispose d'une puissance de feu de plus de 200 milliards de dollars. Elle a déjà investi trois milliards de dollars dans le fonds d'investissement Blackstone.
L'investissement du groupe chinois pourrait lui donner à terme jusqu'à 9,9 % du capital de Morgan Stanley, mais celui-ci se comportera en investisseur passif, a assuré la banque. CIC ne se verra reconnaître aucun droit dans la gestion du groupe, et notamment pas de poste d'administrateur, a-t-elle ajouté.
Ce schéma est visiblement destiné à faire passer la pilule auprès de l'administration américaine, qui pourrait s'inquiéter de voir un actif aussi stratégique pour l'économie du pays tomber entre des mains étrangères.
Dans le dernier numéro de la revue Foreign Affairs, le secrétaire adjoint au Trésor américain Robert Kimmitt soulignait déjà les risques pour la sécurité nationale présentés par les investissements des fonds souverains. «De telles préoccupations ne surgissent pas seulement dans les cas où les fonds souverains obtiennent formellement une participation de contrôle dans une compagnie. Elles peuvent aussi survenir quand un investisseur cherche à obtenir une représentation au conseil ou des droits de votes supérieurs à sa participation — en fait, tout ce qui va au delà d'un investissement passif».
L'inquiétude de M. Kimmit peut s'expliquer par la multiplication récente des sauvetages d'institutions financières par des fonds souverains étrangers.
Un autre grand nom de la finance américaine, Bear Stearns, a annoncé un accord en octobre avec la banque chinoise Citic, qui lui donne potentiellement jusqu'à 9,9 % de son capital. La banque universelle Citigroup a pour sa part due être renflouée d'urgence à hauteur de 7,5 milliards de dollars par le fonds d'investissement de l'émirat d'Abou Dhabi.
Quant à une autre victime illustre de la crise des subprimes, le Suisse UBS, il a dû lever 13 milliards de francs suisses, dont 11 milliards fournis par le fonds du gouvernement de Singapour (Government of Singapore Investment Corporation) et deux milliards par un investisseur anonyme du Moyen-Orient.
Le monde compte aujourd'hui une quarantaine de fonds souverains, dont les actifs sont évalués autour de 2500 milliards de dollars. Ils se développeraient sur la base de 1000 milliards de dollars par an, selon une estimation avancée dans ce même article par M. Kimmit. Certains analystes avancent que ces fonds pourraient atteindre 10 000 à 15 000 milliards de dollars d'ici 2015, à comparer à la capitalisation cumulée des cinq cents plus grandes sociétés américaines, qui est actuellement de l'ordre de 12 000 milliards de dollars.
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