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Fonds d'investissement - À mon amie Sophie

Michel Marcoux   15 décembre 2007  Actualités économiques
Quotidiennement, question de travail professionnel, je dois lire plusieurs articles, revues et quotidiens. C'est toujours d'ailleurs une grande source de plaisir, et ça satisfait ma curiosité intellectuelle. Par contre, mes horaires trop chargés m'obligent souvent à mettre de côté, pour un certain temps, quelques livres dont les auteurs et les sujets m'intéressent au plus haut point. Les vacances sont souvent l'occasion idéale pour reprendre le dessus sur la pile de livres qui m'attendent depuis quelques mois parfois.

À l'occasion d'un récent souper, accompagné d'excellents amis et grands lecteurs, dont Sophie, nous avons échangé sur les livres à lire durant des vacances. Évidemment, j'ai eu droit à un drôle de regard quand j'ai tenté de lui transmettre l'envie de consulter et de lire la découverte de mes dernières vacances: Le Temps des turbulences d'Alan Greenspan. Grâce à cette chronique, j'insiste donc auprès de Sophie sur l'importance d'une telle lecture, et ce, pour comprendre les variations de valeurs de nos portefeuilles.

Alan Greenspan n'a plus besoin de présentation. Né en 1926, il a été à la tête de la Réserve fédérale américaine à compter de la présidence de Ronald Reagan jusqu'à la fin de 2006. Il a donc servi plusieurs présidents tout en maintenant l'indépendance de sa fonction: Reagan, George H. W. Bush, Bill Clinton et George W. Bush récemment. Dix-huit ans au service de cette institution, qui est probablement la plus prestigieuse et la plus influente au monde. Et, de son poste privilégié, il a vécu le krach de 1987, les crises japonaises et sud-américaines, la chute du mur de Berlin, l'effondrement de l'ex-URSS, le 11 septembre 2001, l'émergence de la Chine, etc.

En raison d'un certain hermétisme, certains passages peuvent être ardus, mais ils sont facilement repérables. Il est absolument inconcevable de passer à côté d'une douzaine de chapitres du livre, qui en contient 25. Les livres de finance et d'économie n'ont pas toujours été les plus populaires, mais au cours des dernières années, nous avons quand même vu certains ouvrages, dont celui de M. Greenspan, se glisser parmi les meilleurs vendeurs, toutes catégories confondues. Même pour ceux que ce genre rebute, ils ne peuvent ignorer que l'économie fait partie de notre quotidien, que nous le voulions ou non. La crise de liquidité des papiers commerciaux à risque et sa compréhension ne sont pour personne une question de survie, mais cet événement a, d'une façon ou d'une autre, affecté notre vie depuis août dernier.

Le livre d'Alan Greenspan nous permet de mieux comprendre les rouages économiques et financiers de plusieurs phénomènes passés, et surtout de les situer dans leur contexte macroéconomique. En fait, ce travail est un important document de l'histoire économique des 50 dernières années.

Son opinion sur les présidents américains avec lesquels il a collaboré ne manque pas d'intérêt. Il a une excellente opinion de Clinton et de Nixon, bien qu'il dénonce le comportement de ce dernier dans le Watergate. «Sur le plan de l'intelligence pure, Bill Clinton était manifestement sur un pied d'égalité avec Richard Nixon qui, malgré ses défauts évidents, avait été le président le plus fin que j'avais connu jusque-là.» Sur le traité commercial entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, il trouve que Clinton a été très courageux de se battre pour sa ratification, et il croit qu'il s'est agi d'une excellente initiative pour tous les membres signataires.

Dans son travail, l'auteur fait souvent référence à la «destruction créative» du célèbre économiste Schumpeter, économiste autrichien qui a vécu de 1883 à 1950 et professeur à l'Université de Harvard, aux États-Unis, à partir de 1932. Cette expression est associée au processus de disparition de secteurs d'activités qui amène à la création de nouvelles activités économiques. Finalement, nous pourrions résumer le tout par la célèbre citation «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme» du non moins célèbre Lavoisier.

En ce qui concerne les marchés boursiers, les prévisions et les analystes, il préfère citer son ami Bob Rubin, l'un des principaux con-seillers de Clinton: «Premièrement, il n'existe aucun moyen de savoir quand un marché est surévalué ou sous-évalué. Deuxièmement, on ne peut lutter contre les forces du marché, et il est donc inutile d'en parler. Troisièmement, quoi que nous en disions, cela risque de se retourner contre nous et de nuire à notre crédibilité. Les gens se rendront compte que nous n'en savons pas plus qu'eux.» Cette opinion de Rubin rejoint assez bien celle de son non moins célèbre ami Warren Buffet.

Il est aussi intéressant de consulter la section sur la crise asiatique (p. 246), la faillite du LTCM (Long Term Capital Management, à la page 253), son opinion sur les bulles boursières et la position de la Réserve fédérale (p. 263), son admiration pour la création de l'euro (p. 373) et la possibilité que celle-ci devienne la monnaie de référence à la place du dollar américain, évidemment. Impossible de passer sous silence le chapitre 14, «Le choix que pose la Chine», le chapitre 16, «Les jeux de coudes de la Russie», le rôle de cette grande étendue, mais la grande incertitude quant à son avenir et à son influence. Ses considérations sur l'Amérique latine sont tout aussi intéressantes (chapitre 17).

M. Greenspan juge favorablement le fait que les régulateurs dans l'industrie du placement soient nombreux. Est-ce une dénonciation du gouvernement fédéral canadien et de son projet de régulateur unique? Son chapitre sur l'énergie, «La restriction à long terme de l'énergie», est à lire absolument: sa lecture nous permet de mieux comprendre les fluctuations des prix du pétrole ou d'autres sources d'énergie.

J'espère que vous et mon amie Sophie ne pourrez résister à cette lecture.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.






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  • Denis Paquette
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 16h47
    Le Canada le plus meilleur pays du monde
    « j'ai bien aimer votre compte rendu de cette conférence par M.Haber organisé par les Fonds Fidelity,c'est agréable a lire.Il y a par contre quelques chose qui me fait tiquer et si c'était vrai. Les américains qui sont les leaders incontestés des marchés et de l'économie depuis des décennies n'accepterons de se faire damer le pion
    La question que je me pose qu'arrivera-t-il .Ils vont faire comme ils ont toujours fait il vont jouer d'astuces et de ruses pour nous acheter,je crois d'ailleurs qu'avec le gouvernement Harper c'est déja commencé,.Il y a une chose qui est sur tant qu'ils sont pres a payer ils n'auront aucunes difficultés a trouver des complices au Canada ,l'histoire du Canada est parsemé de trahison de la sorte ,L'on appelle cela le libéralisme et la liberté de commerce Merci pour votre beau travail et a bientôt »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 18h01
    À Denis Paquette
    « M. Paquette sait-il que cette expression: "le plus meilleur pays au monde" que certain attribuent à des politiciens fédéraux, n'a jamais été prononcée. C'est Michel Vastel, qui a contribué a la répandre pendant un certain temps qui est revenu, il y a quelque temps, sur cette question pour dire qu'il ne l'avait vraiment jamais entendu être utilisée par qui que ce soit. On peut bien s'amuser; mais avec de vrais jouets. Voilà.

    Georges Paquet »

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