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Perspectives - La valse des cerveaux

Vous pensez que le Québec et le Canada ont un problème de fuite des cerveaux? Attendez de voir ce qui se passe dans les pays pauvres qui perdent chaque année une proportion effarante de leur précieuse main-d'oeuvre qualifiée au profit de pays riches. Pillage révoltant de la part des nantis, ou stratégie peu commune de développement économique de la part des autres? Un peu des deux.
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  • scotefeg@hotmail.com - Abonné
    10 décembre 2007 09 h 28
    À défaut de se refermer sur soi
    J'ai pris connaissance de votre article la fin de semaine dernière. J'aimerais vous faire part de mes commentaires.

    À défaut de se refermer sur soi, un pays ne peut sérieusement empêcher cette migration de ses ressources humaines les plus qualifiées. Heureusement que le choix de l'émigration n'est quand même pas la voie retenue par la majorité des personnes compétentes des pays du sud!

    Il existe aussi diverses compensations qui viennent limiter l'impact négatif de ces départs. C'est ainsi que les pays d'origine bénéficient de l'argent qu'envoient les membres de la diaspora à leurs familles. Ces sommes peuvent représenter des apports considérables pour des populations démunies.

    Plusieurs personnes émigrées continuent à entretenir des liens commerciaux avec leur pays ce qui favorise les échanges. De plus, on peut noter que plusieurs autres, après avoir émigré et amassé un petit pécule, retournent au pays avec davantage de moyens et d'expérience.

    Ces divers éléments ne viennent cependant pas annuler l'impact négatif des politiques d'immigration des pays nantis. D'autant plus que ces pratiques d'immigration sélective ne sont pas appelées à diminuer, au contraire...

    Le Canada a été un des premiers pays à mettre en place une politique d'immigration instaurant une sélection en lien avec la langue, l'employabilité et les besoins économiques. Longtemps les pays européens avec la France en tête, se sont objectés à cette approche en se basant essentiellement sur la situation des personnes et leur capacité d'accueil.
    Cette approche humanitaire est désormais périmée, du moins pour la majorité d'entre eux. En effet le Président Sarkozy vient d'annoncer une série de mesures pour encadrer l'immigration tout en ouvrant la porte aux personnes répondant aux besoins en main-d'oeuvre des entreprises françaises. Plusieurs autres pays de la CEE font de même.

    La situation démographique canadienne ainsi que le vieillissement de notre population ne nous laissent guère d'alternatives, on doit compter sur l'immigration pour maintenir notre niveau de vie.
    Si on fait abstraction de la sélection systématique des personnes compétentes qui s'effectue actuellement dans le secteur de la santé, sélection qui pose une question éthique beaucoup plus large, il serait possible de mieux compenser les pertes subies par les pays du sud.

    En effet, l'aide humanitaire a été concentrée depuis plus d'une décennie sur la lutte à l'analphabétisme et sur la scolarisation des jeunes. Dans tous les pays africains, un nombre sans précédent d'élèves franchit le cap de l'école primaire et accède à l'enseignement secondaire. Sans qualifications professionnelles ces jeunes viendront grossir le nombre des sans-emplois, contribuant à augmenter les tensions sociales.

    Parallèlement, la situation de l'économie de ces pays évolue. On assiste à une accélération de la croissance économique de la majorité d'entre eux. Il est impérieux que des efforts soient consentis pour appuyer la formation professionnelle et technique dans ces milieux.

    Depuis la fin des années 80, on a assisté à un désengagement de l'appui à la formation professionnelle et technique de la part des principaux bailleurs de fonds internationaux. Cette formation a été reléguée en dernière priorité, loin en arrière de la santé et de l'éducation de base. La Banque Mondiale avait même préconisé que les États se retirent de ce secteur pour laisser aux forces du marché et à quelques ONG le soin de répondre aux besoins des populations concernées.

    Aujourd'hui ces pays doivent consentir des efforts considérables pour relancer ces formations et contribuer au développement de leur économie. Non seulement ont-ils besoin d'expertise, mais également de capitaux pour multiplier les centres de formation et renouveler leur parc d'équipements.

    Consciente de cette situation, la Banque Africaine de Développement a décidé d'accélérer le rythme des investissements dans ce domaine clé du développement économique. Cette orientation doit être épaulée par les autres organismes internationaux et bailleurs de fonds.

    Si on ne peut contrer le recrutement systématique de personnes qualifiées dans les pays les plus démunis, on peut compenser cette fuite des cerveaux par une aide ciblée favorisant la mise en place de systèmes de formation professionnelle et technique performants.

    Non seulement les pays nantis contribueraient à aider les pays du sud, ils contribueraient également à créer des conditions plus favorables pour les entreprises désireuses de s'implanter dans ces milieux tout en pouvant continuer de bénéficier d'une main-d'oeuvre plus qualifiée issue de ces pays.

    Les termes de l'échange restent à être finalisés mais on ne peut faire l'économie d'ouvrir le dialogue.

    Serge Côté
    Rue des Franciscains
    Québec
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