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Arsenault prend la tête de la FTQ

Le nouveau président déclenche les hostilités avec l'ADQ

Michel Arsenault exige de l’ADQ qu’elle purge son programme de tous les éléments remettant en cause l’ordre syndical établi.
Photo : Jacques Nadeau
Michel Arsenault exige de l’ADQ qu’elle purge son programme de tous les éléments remettant en cause l’ordre syndical établi.
Québec — À peine installé dans son fauteuil de président, le nouveau grand patron de la FTQ, Michel Arsenault, a aussitôt engagé les hostilités avec l'Action démocratique du Québec, qui à ses yeux veut affaiblir le syndicalisme.

En conférence de presse hier à Québec, le successeur d'Henri Massé à la présidence de la centrale syndicale a prévenu sans détour le chef adéquiste Mario Dumont de son intention de livrer bataille contre toute tentative de l'ADQ de miner le droit d'association des travailleurs.

«Nous ne collaborerons pas avec des gens qui veulent détruire le mouvement syndical. À la guerre, comme à la guerre!», a lancé le nouveau ténor de la Fédération des travailleurs du Québec, exigeant de l'ADQ qu'elle purge de son programme tous les éléments remettant en cause l'ordre syndical établi.

«Cela a peut-être été le cas avec d'autres partis dans le passé mais nous, nous ne laisserons pas les centrales syndicales rédiger notre programme», a répliqué, piqué au vif, le chef de l'ADQ.

L'attitude belliqueuse avec laquelle M. Arsenault entreprend son mandat à la tête de la plus grande centrale syndicale au Québec n'augure rien de bon, a poursuivi M. Dumont.

«Il est en rupture avec ses prédécesseurs avec qui on pouvait avoir des différends mais qui étaient des terre-à-terre», a-t-il dit, invitant M. Arsenault à se préoccuper de la crise forestière plutôt que de discourir sur le programme adéquiste.

Au sujet de la crise manufacturière, le président de la FTQ s'en prend principalement au gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui selon lui, «ne fait rien» pour apaiser les misères de l'industrie.

Ottawa pratique un libre-échange «plus catholique que le pape», en restant les bras croisés pendant que son partenaire américain ne se gêne pas pour subventionner ses producteurs.

«On va faire pression pour avoir un gouvernement plus interventionniste», a dit M. Arsenault, reprochant aussi aux entrepreneurs manufacturiers d'avoir négligé de moderniser leurs installations pendant les années de vaches grasses.

Parmi les priorités de la nouvelle direction de la FTQ figure également «la défense» du réseau public de la santé. M. Arsenault entend combattre «bec et ongles» toutes tentatives d'intrusion du secteur privé dans le système public.

Âgé de 56 ans et originaire de la Gaspésie, Michel Arsenault a été électricien chez Mines Gaspé avant de devenir en 2000, directeur québécois du Syndicat des Métallos. Au 28e Congrès de la centrale, qui a pris fin vendredi à Québec, il était le seul candidat en lice pour succéder à M. Massé, parti à la retraite.

Son accession à la présidence n'a pas plu à quatre syndicats locaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean dont les représentants ont claqué la porte du congrès.

M. Arsenault a attribué cette dissidence à une campagne de dénigrement que mène contre lui depuis des semaines un animateur radiophonique influent de la région.

Le mécontentement de quelques syndicats affiliés n'affaiblit pas, selon lui, son leadership.

«Sur 1100 délégués, il y en a plus de 1060 qui ont approuvé ma candidature à la présidence, ce n'est pas si mal. Je connais pas mal de politiciens qui auraient aimé ça obtenir 99,9 % d'appuis», a-t-il analysé.
 
 
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