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Ottawa veut plus de concurrence dans la téléphonie sans fil

Toronto — Le gouvernement fédéral ouvre le marché des communications sans fil à davantage de concurrence, ce qui pourrait se traduire par des tarifs moins élevés en téléphonie cellulaire.

Le ministre fédéral de l'Industrie, Jim Prentice, a souligné que des enchères d'une durée de trois semaines sur le spectre du sans-fil auront lieu en mai prochain et que l'objectif de la démarche consiste à permettre une baisse des tarifs, à améliorer le service et à offrir un plus grand choix aux consommateurs. M. Prentice a fait cette annonce hier lors d'une conférence de presse à Toronto.

Un spectre d'environ 105 mégahertz sera offert lors des enchères, dont 40 mégahertz seront réservés à de nouveaux venus dans ce marché. Des entreprises étrangères ne pourront pas miser sur le spectre de manière indépendante mais pourront le faire en partenariat avec une compagnie canadienne.

«Un marché du sans-fil plus concurrentiel sert l'intérêt de tous les Canadiens, a dit M. Prentice. La quantité de spectre tient compte du besoin pour de nouveaux venus dans toutes les régions du Canada tout en tenant compte des intérêts des compagnies déjà en place et de leur position actuelle sur le spectre.» Afin de pouvoir miser sur le spectre réservé aux nouveaux joueurs, une entreprise devra contrôler moins de 10 % du marché du sans-fil national en fonction des revenus.

Le marché du sans-fil est actuellement dominé par trois géants: Bell Mobilité, Rogers Communications et Telus. Une concurrence accrue pourrait abaisser les frais de téléphonie sans fil au Canada, nettement plus élevés qu'aux États-Unis ou qu'en Europe, croient certains observateurs.

Un nouveau spectre permettrait aussi aux fournisseurs de services d'offrir aux consommateurs des services nécessitant plus de bande passante, comme l'accès à Internet haute vitesse ou de la lecture vidéo en transit sur les appareils portatifs.

Au moins deux entreprises, Quebecor de Montréal et MTS Allstream de Winnipeg, avaient fait savoir au gouvernement fédéral qu'elle seraient intéressées par les nouvelles fréquences, mais elles avaient aussi demandé à Ottawa d'en mettre certaines de côté pour empêcher les trois grands joueurs de puiser dans leurs coffres afin d'acheter tout ce qui est disponible.

Ottawa rend également obligatoire le partage des pylônes d'antennes sur le territoire des nouvelles entreprises qui obtiendront une licence. Cette mesure restera en vigueur pendant au moins cinq ans, période au cours de laquelle les nouveaux venus pourront construire leur réseau.

Les nouveaux joueurs pourront aussi bénéficier de l'itinérance à l'extérieur de leur secteur pendant dix ans, a indiqué hier Industrie Canada. L'itinérance permet aux abonnés d'un fournisseur de services d'obtenir les services d'un autre fournisseur lorsqu'il se déplace d'une région géographique à une autre.

Dans sa soumission au ministère de l'Industrie, MTS Allstream a soutenu que les Canadiens payent jusqu'à 79 % plus cher que les Américains pour leurs services sans fil, ce qui expliquerait en bonne partie pourquoi la pénétration de la téléphonie cellulaire au Canada traîne derrière ce qu'on constate en Europe et aux États-Unis.

Quebecor a salué cette décision. «En permettant une concurrence accrue, cette politique ouvrira la porte à une meilleure technologie, à plus de services et à des prix plus avantageux pour les consommateurs canadiens», a déclaré le président et chef de la direction de Quebecor inc., Pierre-Karl Péladeau. «À titre d'entreprise productrice de contenus, Quebecor Media est engagée dans toutes les facettes de la création et de la distribution de contenus, et nous croyons que cette décision aura un impact très positif sur la production de contenus canadiens.» Bell, Rogers et Telus s'opposaient quant à elles aux fréquences réservées, faisant valoir que cela constituerait des privilèges injustes pour les nouveaux venus et leur donnerait un avantage déloyal.
 
 
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