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Les Émirats, investisseurs hyperactifs et providentiels

28 novembre 2007  Actualités économiques
New York — L'entrée-surprise d'Abou Dhabi dans la banque Citigroup confirme le poids croissant des Émirats qui, enrichis par le pétrole cher, investissent tous azimuts en Amérique, Europe et Asie pour préparer l'après-pétrole, et renflouent des entreprises occidentales avides de capitaux.

Électronique, finance, distribution, places boursières, transport maritime, casinos, aviation... Alors que le pétrole frôle les 100 $US le baril, Qatar, Dubaï et Abou Dhabi ont rivalisé d'activisme financier dans tous les secteurs ces derniers mois, par l'entremise de leurs fonds souverains.

L'émirat d'Abou Dhabi, le plus riche des sept états des Émirats arabes unis, vient de réaliser plusieurs grosses opérations aux États-Unis, facilitées par la crise des subprimes qui fragilise les entreprises.

Fin septembre, le fonds d'Abou Dhabi a acquis 7,5 % de Carlyle, l'un des plus gros fonds d'investissement américains, pour 1,35 milliard $US, et aussi investi 500 millions dans un fonds détenu par Carlyle, qui comme Citigroup, a été touché par la crise des crédit hypothécaires.

Abou Dhabi vient également d'acquérir mi-novembre 8,1 % d'AMD, le numéro deux mondial des microprocesseurs, qui laminé par la concurrence du leader Intel est en perte depuis un an. AMD a ainsi récupéré 608 millions $US.

Dubaï et le Qatar ont eux visé d'abord les grandes places boursières occidentales, dont ils sont devenus ces derniers mois des actionnaires majeurs.

En septembre, Dubaï et le Qatar ont acquis respectivement 28 % et 20 % de la Bourse de Londres, le LSE. À eux deux, les deux petits états du Golfe ont ainsi pris le contrôle de l'une des plus grandes Bourses mondiales, même si leur part vient d'être ramenée à respectivement environ 20 % et 15 % depuis que la Bourse de Londres a racheté celle de Milan.

Borse Dubai, détenue par l'émirat, est aussi en train de racheter la place boursière nordique et balte OMX, pour près de cinq milliards $US. Il va la revendre à la Bourse américaine Nasdaq dont il prendra en échange 19,9 %.

Dubaï est aussi devenu l'an dernier un géant mondial du transport maritime en rachetant, via son groupe DP World, le britannique Peninsular & Oriental.

En juillet dernier, il a acquis plus de 3 % du groupe européen d'aéronautique EADS, et a récemment annoncé cinq milliards $US d'investissement dans le géant américain des casinos MGM Mirage.

En Asie, un fonds de Dubaï a annoncé lundi être entré de manière «conséquente» dans le capital du géant japonais de l'électronique Sony.

Les Émirats, qui comptent aussi sur le tourisme, bâtissent des centres touristiques démesurés, dont des centaines d'îlots artificiels — sans oublier un accord avec le Louvre pour accueillir, moyennant finance, une partie des collections, un projet baptisé «Louvre des sables».
 
 
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