Trop chers, les changements climatiques
La Lloyd's envisage d'augmenter les primes de ses clients pollueurs
Photo : Agence Reuters
Selon un rapport parrainé par le gouvernement du Royaume-Uni, on pourrait stabiliser les niveaux de gaz à effet de serre maintenant à un coût d’environ 1 % du PNB mondial, mais, si nous n’agissons pas maintenant, cela pourrait annihiler finalemen
Lord Peter Levene, président du conseil de la Lloyd's of London, sans doute la compagnie d'assurances la plus célèbre du monde, est venu dire hier à Montréal que, pour des motifs purement économiques et commerciaux, il y a urgence d'agir dès maintenant sur les changements climatiques. Toutefois, il ne semble pas qu'une majorité d'entreprises ait encore pris conscience de l'importance des enjeux.
À la Lloyd's, on s'est étonné après Katrina, en 2005, de constater que seulement une compagnie sur quatre avait revu sa stratégie de gestion des risques en raison de la progression des catastrophes liées au climat, alors que les deux tiers d'entre elles l'avaient fait en raison des crises les touchant et des nouvelles règles de gouvernance. La Lloyd's considère l'idée d'augmenter les primes à ses clients qui polluent. «Nous devons poursuivre les échanges avec les gouvernements sur des enjeux, tels que les défenses contre les inondations, et nous devons prévoir dans les polices d'assurance les incitatifs requis pour que les acheteurs d'assurance agissent en conséquence», a soutenu le conférencier.
«Les scientifiques s'entendent pour dire que les changements climatiques s'installent et que ce sont les activités humaines qui en sont la cause. Le modèle des pertes financières de notre entreprise et de toute l'industrie de l'assurance le confirme entièrement», a déclaré Lord Peter.
Des chiffres
«Les catastrophes liées au climat coûtent plus cher que jamais à notre industrie», a-t-il dit, avant d'étaler une liste de chiffres. Des années 1960 aux années 1990, le nombre des catastrophes naturelles a doublé, et les pertes assurées se sont accrues de près de sept fois. Certaines de celles-ci peuvent être attribuées à l'accroissement de la population dans les régions à risque, mais certaines sont dues à une augmentation du niveau de risque, la plupart du temps lié au climat. En fait, selon Lord Peter, 2005 a été la pire année jamais connue par les assureurs de propriété, avec des réclamations de 83 milliards (en dollars américains de 2005), dont plus de 90 % provenaient de catastrophes naturelles et 66 milliards pour les ouragans américains seulement. La Lloyd's pour sa part a fait face à des réclamations de sept milliards pour les ouragans Katrina, Rita et Wilmar. Évidemment, les compagnies d'assurances ont augmenté leurs primes dès l'année suivante avec des augmentations allant de 20 à 40 % dans les cas les plus à risque, par exemple les plates-formes de forage en haute mer.
Toutefois, s'appuyant sur divers rapports, dont le plus récent est celui du Groupe intergouvernemental d'experts, le réchauffement du système climatique est sans équivoque, et les activités humaines en sont responsables à au moins 90 %. Ce groupe est un panel, établi dans les années 1980 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l'environnement, dont font partie les représentants de 140 gouvernements.
20 % du PNB mondial
Prenant tout cela en considération, la Lloyd's considère qu'il faut agir maintenant. Plus on attendra, plus cela coûtera cher. Selon un rapport parrainé par le gouvernement du Royaume-Uni, on pourrait stabiliser les niveaux de gaz à effet de serre maintenant à un coût d'environ 1 % du PNB mondial, mais, si nous n'agissons pas maintenant, cela pourrait annihiler finalement 20 % du PNB mondial.
Il va sans dire que, pour les compagnies d'assurances, la gestion des risques est en soi une raison majeure pour agir sur les changements climatiques, en pensant «aux événements climatiques violents et extrêmes qui deviendront plus fréquents où aux marchés d'exportation qui pourraient s'amenuiser en raison de l'instabilité causée par le climat et les troubles politiques».
Il faut par ailleurs renverser la tendance à la concentration croissante des populations dans des régions propices aux catastrophes, particulièrement sur les côtes. Lord Peter a souligné que le Canada a les rivages les plus longs au monde et certaines villes, comme Vancouver, pourraient un jour faire face à des risques liés à l'élévation du niveau des eaux et des tempêtes plus fortes.
Enfin, agir sur les changements climatiques est bon pour les résultats nets d'une entreprise, qui du reste devra un jour s'adapter. Au Royaume-Uni, des changements à la réglementation sur la construction auront pour effet que dans 10 ans toutes les nouvelles maisons seront «zéro-carbone».
Lord Peter n'a pas voulu s'engager sur le terrain politique. Que pense-t-il de Kyoto? Toute mesure qui peut aider à une amélioration de l'environnement est bonne, s'est-il limité à dire. Que pense-t-il de la position du gouvernement Harper? En bon diplomate, il a dit ne pas la connaître suffisamment pour en parler avec compétence. Il se rendra tout de même à Ottawa cette semaine pour y avoir un entretien avec un ministre fédéral sur «des questions techniques», mais aucun rendez-vous n'est prévu avec le premier ministre.
À la Lloyd's, on s'est étonné après Katrina, en 2005, de constater que seulement une compagnie sur quatre avait revu sa stratégie de gestion des risques en raison de la progression des catastrophes liées au climat, alors que les deux tiers d'entre elles l'avaient fait en raison des crises les touchant et des nouvelles règles de gouvernance. La Lloyd's considère l'idée d'augmenter les primes à ses clients qui polluent. «Nous devons poursuivre les échanges avec les gouvernements sur des enjeux, tels que les défenses contre les inondations, et nous devons prévoir dans les polices d'assurance les incitatifs requis pour que les acheteurs d'assurance agissent en conséquence», a soutenu le conférencier.
«Les scientifiques s'entendent pour dire que les changements climatiques s'installent et que ce sont les activités humaines qui en sont la cause. Le modèle des pertes financières de notre entreprise et de toute l'industrie de l'assurance le confirme entièrement», a déclaré Lord Peter.
Des chiffres
«Les catastrophes liées au climat coûtent plus cher que jamais à notre industrie», a-t-il dit, avant d'étaler une liste de chiffres. Des années 1960 aux années 1990, le nombre des catastrophes naturelles a doublé, et les pertes assurées se sont accrues de près de sept fois. Certaines de celles-ci peuvent être attribuées à l'accroissement de la population dans les régions à risque, mais certaines sont dues à une augmentation du niveau de risque, la plupart du temps lié au climat. En fait, selon Lord Peter, 2005 a été la pire année jamais connue par les assureurs de propriété, avec des réclamations de 83 milliards (en dollars américains de 2005), dont plus de 90 % provenaient de catastrophes naturelles et 66 milliards pour les ouragans américains seulement. La Lloyd's pour sa part a fait face à des réclamations de sept milliards pour les ouragans Katrina, Rita et Wilmar. Évidemment, les compagnies d'assurances ont augmenté leurs primes dès l'année suivante avec des augmentations allant de 20 à 40 % dans les cas les plus à risque, par exemple les plates-formes de forage en haute mer.
Toutefois, s'appuyant sur divers rapports, dont le plus récent est celui du Groupe intergouvernemental d'experts, le réchauffement du système climatique est sans équivoque, et les activités humaines en sont responsables à au moins 90 %. Ce groupe est un panel, établi dans les années 1980 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l'environnement, dont font partie les représentants de 140 gouvernements.
20 % du PNB mondial
Prenant tout cela en considération, la Lloyd's considère qu'il faut agir maintenant. Plus on attendra, plus cela coûtera cher. Selon un rapport parrainé par le gouvernement du Royaume-Uni, on pourrait stabiliser les niveaux de gaz à effet de serre maintenant à un coût d'environ 1 % du PNB mondial, mais, si nous n'agissons pas maintenant, cela pourrait annihiler finalement 20 % du PNB mondial.
Il va sans dire que, pour les compagnies d'assurances, la gestion des risques est en soi une raison majeure pour agir sur les changements climatiques, en pensant «aux événements climatiques violents et extrêmes qui deviendront plus fréquents où aux marchés d'exportation qui pourraient s'amenuiser en raison de l'instabilité causée par le climat et les troubles politiques».
Il faut par ailleurs renverser la tendance à la concentration croissante des populations dans des régions propices aux catastrophes, particulièrement sur les côtes. Lord Peter a souligné que le Canada a les rivages les plus longs au monde et certaines villes, comme Vancouver, pourraient un jour faire face à des risques liés à l'élévation du niveau des eaux et des tempêtes plus fortes.
Enfin, agir sur les changements climatiques est bon pour les résultats nets d'une entreprise, qui du reste devra un jour s'adapter. Au Royaume-Uni, des changements à la réglementation sur la construction auront pour effet que dans 10 ans toutes les nouvelles maisons seront «zéro-carbone».
Lord Peter n'a pas voulu s'engager sur le terrain politique. Que pense-t-il de Kyoto? Toute mesure qui peut aider à une amélioration de l'environnement est bonne, s'est-il limité à dire. Que pense-t-il de la position du gouvernement Harper? En bon diplomate, il a dit ne pas la connaître suffisamment pour en parler avec compétence. Il se rendra tout de même à Ottawa cette semaine pour y avoir un entretien avec un ministre fédéral sur «des questions techniques», mais aucun rendez-vous n'est prévu avec le premier ministre.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

