Le secteur minier est-il à maturité?
Alors que l'industrie reste optimiste, certaines voix établissent un rapprochement avec le «pic pétrolier»
23 novembre 2007
Actualités économiques
Photo : Agence France-Presse
«Ce n’est pas aussi rose qu’il y a douze mois, mais nous continuons à penser que le secteur minier va poursuivre son expansion», croit Des Kilalea, analyste de la banque d’investissement RBC Capital Markets
Londres — Les compagnies minières et les investisseurs du secteur réunis cette semaine à Londres au salon «Mine & Money» restent optimistes sur les perspectives de croissance, malgré l'ombre de la crise financière.
«Ce n'est pas aussi rose qu'il y a douze mois, mais nous continuons à penser que le secteur minier va poursuivre son expansion», a affirmé Des Kilalea, analyste de la banque d'investissement RBC Capital Markets, au salon professionnel réunissant les poids lourds du secteur minier: banquiers, analystes, délégués des gouvernements, patrons de sociétés minières, etc.
Tous les conférenciers montés à la tribune ont souligné que les fondamentaux du secteur minier restaient extrêmement favorables et jugé que le «super cycle» des métaux amorcé en 2002 (qui a vu par exemple le prix du cuivre multiplié par cinq et celui du nickel passer de 7200 à 51 000 $ la tonne, NDLR) était loin d'être terminé.
La demande de métaux est soutenue par la boulimie des nouveaux tigres économiques que sont la Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie. «Nous croyons toujours à l'histoire d'une forte croissance chinoise», a ainsi affirmé Des Kilalea.
En face, le tableau de l'offre est celui d'un environnement où les mines géantes mises en exploitation dans les années 60 parviennent à maturité et où le rythme des découvertes tend à baisser. Or, l'exploitation des nouveaux gisements se fait dans des conditions — techniques, géopolitiques, économiques — de plus en plus difficiles.
Ed Flood, directeur de la banque d'investissement Haywood Securities, a donné en exemple le projet minier de Pebble, en Alaska, un «défi environnemental et technologique». Pour ne rien arranger, les sociétés minières sont handicapées par une pénurie chronique de personnel qualifié.
Établissant un rapprochement avec le «pic pétrolier» (théorie selon laquelle on va bientôt, si ce n'est déjà fait, toucher le pic de production au-delà duquel celle-ci déclinera inexorablement, NDLR), Ed Flood estime que «l'industrie minière approche de sa capacité maximale». Selon lui, les mines géantes du Chili, «Arabie saoudite des minerais», arrivent à leur maturité.
Dans ce contexte, l'Asie centrale et l'Afrique devront prendre le relais. Thys Teerblanche, directeur du département «mines et métaux» à la banque sud-africaine Standard Bank, a ainsi souligné l'émergence de l'Afrique comme prochain Eldorado minier.
«L'Afrique recèle 30 % des ressources minérales de la planète», a-t-il affirmé, un potentiel généralement «sous-exploré et sous-exploité», sauf en Afrique du Sud. Il a rappelé les nombreux défis auxquels les compagnies minières auront à répondre sur le continent africain: instabilité politique, sida, guerre, pauvreté, mauvaise gouvernance, manque d'infrastructures, etc.
«Les problèmes géopolitiques vont empirer et la prime de risque va grimper», a noté dans la même veine Des Kilalea, de RBC Capital Markets.
La crise qui a frappé les marchés financiers au mois d'août pourrait cependant affecter la demande.
Judith Mosely, directrice du département mines à la Société Générale, tout en considérant que l'impact de la crise est encore très difficile à chiffrer, a constaté qu'elle avait ralenti les opérations de financement. Selon elle, «les investisseurs jouent avec moins de capitaux et sont beaucoup plus prudents sur la façon d'employer leur argent».
Mais Michael Lynch-Bell, directeur au cabinet Ernst & Young, ne voit dans la crise du crédit qu'un «épisode à court terme».
Par ailleurs, pour se prémunir contre l'explosion de leur facture énergétique (le baril de pétrole frôle actuellement les 100 dollars, NDLR), les sociétés minières devraient être de plus en plus nombreuses à prendre des participations dans le secteur de l'énergie, a-t-il prédit.
«Ce n'est pas aussi rose qu'il y a douze mois, mais nous continuons à penser que le secteur minier va poursuivre son expansion», a affirmé Des Kilalea, analyste de la banque d'investissement RBC Capital Markets, au salon professionnel réunissant les poids lourds du secteur minier: banquiers, analystes, délégués des gouvernements, patrons de sociétés minières, etc.
Tous les conférenciers montés à la tribune ont souligné que les fondamentaux du secteur minier restaient extrêmement favorables et jugé que le «super cycle» des métaux amorcé en 2002 (qui a vu par exemple le prix du cuivre multiplié par cinq et celui du nickel passer de 7200 à 51 000 $ la tonne, NDLR) était loin d'être terminé.
La demande de métaux est soutenue par la boulimie des nouveaux tigres économiques que sont la Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie. «Nous croyons toujours à l'histoire d'une forte croissance chinoise», a ainsi affirmé Des Kilalea.
En face, le tableau de l'offre est celui d'un environnement où les mines géantes mises en exploitation dans les années 60 parviennent à maturité et où le rythme des découvertes tend à baisser. Or, l'exploitation des nouveaux gisements se fait dans des conditions — techniques, géopolitiques, économiques — de plus en plus difficiles.
Ed Flood, directeur de la banque d'investissement Haywood Securities, a donné en exemple le projet minier de Pebble, en Alaska, un «défi environnemental et technologique». Pour ne rien arranger, les sociétés minières sont handicapées par une pénurie chronique de personnel qualifié.
Établissant un rapprochement avec le «pic pétrolier» (théorie selon laquelle on va bientôt, si ce n'est déjà fait, toucher le pic de production au-delà duquel celle-ci déclinera inexorablement, NDLR), Ed Flood estime que «l'industrie minière approche de sa capacité maximale». Selon lui, les mines géantes du Chili, «Arabie saoudite des minerais», arrivent à leur maturité.
Dans ce contexte, l'Asie centrale et l'Afrique devront prendre le relais. Thys Teerblanche, directeur du département «mines et métaux» à la banque sud-africaine Standard Bank, a ainsi souligné l'émergence de l'Afrique comme prochain Eldorado minier.
«L'Afrique recèle 30 % des ressources minérales de la planète», a-t-il affirmé, un potentiel généralement «sous-exploré et sous-exploité», sauf en Afrique du Sud. Il a rappelé les nombreux défis auxquels les compagnies minières auront à répondre sur le continent africain: instabilité politique, sida, guerre, pauvreté, mauvaise gouvernance, manque d'infrastructures, etc.
«Les problèmes géopolitiques vont empirer et la prime de risque va grimper», a noté dans la même veine Des Kilalea, de RBC Capital Markets.
La crise qui a frappé les marchés financiers au mois d'août pourrait cependant affecter la demande.
Judith Mosely, directrice du département mines à la Société Générale, tout en considérant que l'impact de la crise est encore très difficile à chiffrer, a constaté qu'elle avait ralenti les opérations de financement. Selon elle, «les investisseurs jouent avec moins de capitaux et sont beaucoup plus prudents sur la façon d'employer leur argent».
Mais Michael Lynch-Bell, directeur au cabinet Ernst & Young, ne voit dans la crise du crédit qu'un «épisode à court terme».
Par ailleurs, pour se prémunir contre l'explosion de leur facture énergétique (le baril de pétrole frôle actuellement les 100 dollars, NDLR), les sociétés minières devraient être de plus en plus nombreuses à prendre des participations dans le secteur de l'énergie, a-t-il prédit.
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