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Irving démantelé?

Toronto — Les trois frères Irving qui dirigent actuellement l'empire du même nom sont engagés dans des négociations âpres qui pourraient ultimement déboucher sur son démantèlement, affirme le quotidien torontois Globe and Mail.

Fondé il y a 125 ans, l'empire vaut aujourd'hui six milliards de dollars.

Les trois principaux propriétaires de la compagnie — les frères J.K., Arthur et Jack Irving — sont tous septuagénaires. Ils ont hérité de l'entreprise de leur père, K. C., et ils en dirigent les destinées en étroite collaboration depuis plusieurs années. L'émergence d'une nouvelle génération Irving ambitieuse — incarnée par Jim, le fils de J. K, qui gère les activités quotidiennes du secteur forestier, et Kenneth, le fils d'Arthur, qui est responsable du secteur énergétique — les contraint toutefois maintenant à étudier comment partager ses différentes composantes entre les membres de la famille.

Ces deux secteurs, l'énergie et la foresterie, deviendraient maintenant complètement indépendants l'un de l'autre, ce qui représenterait un changement d'envergure.

Divisions

Les tensions qui divisent maintenant le clan ont été illustrées de manière éloquente, mardi, quand seuls J. K. Irving et ses deux fils ont assisté à la cérémonie marquant l'intronisation de la famille au Canadian Business Hall of Fame.

Il a confirmé, lors d'une entrevue, que l'entreprise familiale est en pleine évolution.

Au coeur de l'affaire se trouve la société de portefeuille créée en 1971 aux Bermudes par K. C. Irving. Une armée d'avocats et d'experts financiers serait actuellement affairée à étudier comment départager les différentes composantes les unes des autres, mais aucun changement ne devrait être annoncé avant l'an prochain.

Une source au fait des négociations a expliqué au quotidien que la structure créée par K. C. Irving «ne peut survivre» et que la forme actuelle de l'empire est appelée à disparaître. Les négociations auraient commencé il y a quelques années, quand sont apparus les premiers tiraillements au sujet de la succession et de la planification stratégique.

Le secteur énergétique de la compagnie est en pleine expansion, grâce au cours sans précédent du baril de pétrole. Kenneth Irving envisage aussi la construction d'une nouvelle raffinerie et d'un terminal de gaz naturel liquéfié dans la région de Saint-Jean.

Le secteur forestier, par contre, est dévasté par la robustesse du dollar canadien. J. K. Irving croit à sa survie, à condition qu'il demeure flexible et puisse continuer à investir dans ses usines. Il a aussi dit ne pas vouloir procéder à de nouvelles coupes, même s'il reconnaît que des réductions importantes ont déjà eu lieu.
 
 
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