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PCAA: la Banque Nationale radie 575 millions

Parmi les institutions financières canadiennes, il revient à la Banque Nationale de prendre la plus grosse bouchée dans cette crise de liquidité affectant les papiers commerciaux structurés. L'institution prévoit inscrire une charge comptable de 575 millions à ses résultats du quatrième trimestre. Au total à ce jour, la radiation annoncée par cinq des six grandes banques canadiennes frôle les 2 milliards.

À son tour, la Banque Nationale a dévoilé hier la radiation liée à son exposition aux papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA) qu'elle entend inscrire à ses états financiers du quatrième trimestre, clos le 31 octobre 2007. Ces résultats seront amputés d'une somme de 575 millions avant impôts (de 365 millions après impôts). Cette écriture représente 25 % de l'exposition de la banque face à ces titres du marché monétaire alors que le pourcentage retenu par les autres institutions oscille entre 8 et 15 %. Un analyste a estimé que cette radiation équivaut à 2,27 $ l'action, ce qui forcerait la Nationale à inscrire une perte nette à son dernier trimestre.

Dans son communiqué, la Nationale a rappelé qu'elle avait racheté 2,1 milliards de dollars de PCAA au cours du quatrième trimestre 2007. Ils sont venus s'ajouter aux 150 millions de dollars de PCAA que la Banque avait déjà comme actif au bilan. Ces rachats visaient les effets commerciaux «provenant principalement des fonds communs de placement et des caisses privées, ainsi que le PCAA détenu par ses clients particuliers». Les entreprises clientes de la banque et détentrices de tels instruments financiers n'ont pas été incluses dans l'opération de rachat. La BN n'a pas fait ressortir de provision pour recours juridiques potentiels dans son redressement comptable annoncé hier.

La BN doit dévoiler ses résultats financiers le 29 novembre. Elle a précisé que malgré cet ajustement, son ratio de capital de première catégorie serait au-dessus de son objectif de 8,5 % au 31 octobre 2007.

L'institution québécoise a ajouté que la charge «est fondée sur son estimation de la valeur de ses placements en PCAA, qui tient compte des effets des conditions actuelles du marché sur les actifs sous-jacents des fiducies, et du fait que la Banque Nationale pourrait être propriétaire à long terme de ce PCAA ou des instruments qui pourraient remplacer ces billets à la suite de la proposition de restructuration envisagée par l'accord de Montréal». Cette information repose donc sur les estimations courantes et est sujette à modification, à la hausse ou à la baisse.

Le comité mis sur pied dans le cadre de cet «accord de Montréal» prévoit soumettre une proposition de restructuration le 14 décembre. Ce comité, présidé par Purdy Crawford, travaille à transformer ces PCAA de court terme en des titres négociables de plus long terme selon des modalités et une évaluation restant à compléter. Le moratoire sur les PCAA convenu en août regroupe environ les trois quarts des institutions détentrices et englobe des grands noms de la finance, comme la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Banque Nationale, le Mouvement Desjardins, Merrill Lynch et l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada.

En additionnant la radiation de la Nationale, le redressement apporté par cinq des six grandes banques relatif aux PCAA totalise 1,9 milliard. Ce cumul comprend les 463 millions de la CIBC, les 360 millions de RBC, les 320 millions de BMO et les 190 millions de la Scotia. En ajoutant le Mouvement Desjardins (160 millions) et l'Industrielle Alliance (15 millions), on obtient 2,08 milliards.

Les PCAA problématiques, soient les effets commerciaux émis par des institutions non bancaires, totalisent 35 milliards des 120 milliards que compose le marché canadien des PCAA.
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    20 novembre 2007 00 h 16
    Résultat humain
    Est-ce que celui, à la banque, ou celle qui a décidé de placer cet argent là dans ces investissements là va recevoir un joli bonus à Noël ou la porte en partage ?
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  • Georges Paquet - Abonné
    20 novembre 2007 06 h 26
    La grosseur de la bouchée en comparaison de la taille de l'institution?
    Il serait intéressant de connaître le pourcentage de cette "grosse bouchée" de $575 millions que la Banque Nationale a dû prendre par rapport à la taille de la Banque. Ainsi, est-ce que ce pourcentage est beaucoup plus élevé que celui de la RBC dont la taille est beaucoup plus grande, et qui a enregistré une
    radiation de $360 millions.
    Merci

    Georges Paquet
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