Les prix du brut glissent de plus de 3 $US
31 octobre 2007
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Les États-Unis sont particulièrement dépendants du pétrole à cause de leur parc automobile très important. Sur la photo, un embouteillage à Los Angeles.
New York — Les cours du pétrole ont glissé hier à New York, perdant plus de 3 $US sur la séance et mettant un terme à leur enchaînement de records à la veille de la publication des réserves américaines.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en décembre a lâché 3,15 $US pour terminer à 90,38 $US. C'est la première fois en cinq séances consécutives que les cours du brut clôturent en baisse, alors qu'ils enchaînent depuis plusieurs semaines les records, atteignant lundi 93,80 $US. En un mois et demi, ils avaient pris environ 13 $US tant à New York qu'à Londres.
«Cela est monté tellement vite que maintenant certains investisseurs veulent vendre des positions», a indiqué William Edwards, analyste d'Edwards Energy Consultants. Le repli du marché a été accéléré par la publication d'une note de Goldman Sachs, dans laquelle les analystes de la banque d'affaires se montrent prudents et conseillent de vendre à court terme, même si «les facteurs haussiers à moyen terme persistent».
Un poids lourd
L'on retient toutefois que la flambée pétrolière, bien absorbée ces dernières années par une économie mondiale en forte croissance, pourrait avoir un impact plus marqué à présent, le ralentissement aux États-Unis et en Europe ayant déjà été accentué par la crise des crédits immobiliers à risque.
«Jusqu'à présent, la flambée du pétrole a glissé sur la dynamique de la croissance mondiale, mais le cycle économique a avancé dans le temps et on a aujourd'hui plus de fragilité. C'est un risque baissier supplémentaire qui pèse sur la croissance», surtout aux États-Unis, remarque Hélène Baudchon, économiste du Crédit Agricole.
L'envolée des cours de l'or noir «ne représente pas un énorme danger mais risque d'accentuer le ralentissement de l'économie mondiale attendu pour 2008», renchérit Alexander Law, du cabinet d'études Xerfi.
Le baril d'or noir n'est donc plus qu'à quelques encablures des 100 $US et de son record absolu en termes réels, atteint pendant le deuxième choc pétrolier en 1979, soit l'équivalent de 100 à 110 $US d'aujourd'hui.
L'économie mondiale, qui achève une cinquième année de forte expansion, a bien supporté cette spectaculaire envolée, en grande partie grâce aux gains d'efficacité énergétique dans les pays industrialisés, qui ont doublé depuis dix ans. Le Fonds monétaire international (FMI) table ainsi sur une croissance de 5,2 % pour 2007.
Mais alors que les économistes prévoyaient déjà un atterrissage en douceur aux États-Unis et en Europe à partir de 2008, la crise des prêts hypothécaires à risque américains a depuis cet été assombri les perspectives. Le FMI juge que cette crise coûtera près d'un demi-point de croissance mondiale en 2008, à 4,8 %, et près d'un point aux États-Unis, à 1,9 %.
L'envolée des prix du brut, qui se fait ressentir «au bout d'un ou deux trimestre», remarque Alexander Law, s'ajoute donc à un panorama mondial bien plus contrasté qu'il y a un an.
Les États-Unis sont particulièrement «dépendants du pétrole à cause de leur parc automobile très important. L'essence y étant moins taxée, toute variation des prix se ressent plus fortement chez les consommateurs», qui voient déjà les prix alimentaires progresser, explique Hélène Baudchon. En outre, «un baril à 100 $US pèserait aussi beaucoup plus fort sur» les bénéfices des industriels, ajoute-t-elle.
Elle minimise toutefois le risque inflationniste représenté par le bond de la facture pétrolière, bien moins significatif selon elle que les risques que font peser la crise des subprimes sur la croissance, et même si elle juge les «facteurs de résilience de l'économie américaine plus importants qu'on ne le pense».
L'Union européenne est mieux protégée de l'envolée du brut grâce à un euro fort, qui amortit le prix des biens importés, grâce à une fiscalité qui taxe fortement les carburants et atténue les variations du prix de base, ce à quoi s'ajoute un fort recours à l'énergie nucléaire, en France en particulier.
Dans les pays émergents comme la Chine, deuxième importateur mondial de pétrole, la croissance reste tellement soutenue qu'elle ne devrait pas pâtir de façon significative de la poussée de fièvre du pétrole.
Certains pays exportateurs énergétiques, notamment dans le Golfe, bénéficient entre autres de cette manne pétrolière, qui elle-même «peut alors être réinvestie dans les pays industrialisés», remarque M. Law.
Les pays en développement importateurs énergétiques risquent, eux, de se voir très affectés par la flambée énergétique et de voir entravés leurs efforts de réduction de la pauvreté.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en décembre a lâché 3,15 $US pour terminer à 90,38 $US. C'est la première fois en cinq séances consécutives que les cours du brut clôturent en baisse, alors qu'ils enchaînent depuis plusieurs semaines les records, atteignant lundi 93,80 $US. En un mois et demi, ils avaient pris environ 13 $US tant à New York qu'à Londres.
«Cela est monté tellement vite que maintenant certains investisseurs veulent vendre des positions», a indiqué William Edwards, analyste d'Edwards Energy Consultants. Le repli du marché a été accéléré par la publication d'une note de Goldman Sachs, dans laquelle les analystes de la banque d'affaires se montrent prudents et conseillent de vendre à court terme, même si «les facteurs haussiers à moyen terme persistent».
Un poids lourd
L'on retient toutefois que la flambée pétrolière, bien absorbée ces dernières années par une économie mondiale en forte croissance, pourrait avoir un impact plus marqué à présent, le ralentissement aux États-Unis et en Europe ayant déjà été accentué par la crise des crédits immobiliers à risque.
«Jusqu'à présent, la flambée du pétrole a glissé sur la dynamique de la croissance mondiale, mais le cycle économique a avancé dans le temps et on a aujourd'hui plus de fragilité. C'est un risque baissier supplémentaire qui pèse sur la croissance», surtout aux États-Unis, remarque Hélène Baudchon, économiste du Crédit Agricole.
L'envolée des cours de l'or noir «ne représente pas un énorme danger mais risque d'accentuer le ralentissement de l'économie mondiale attendu pour 2008», renchérit Alexander Law, du cabinet d'études Xerfi.
Le baril d'or noir n'est donc plus qu'à quelques encablures des 100 $US et de son record absolu en termes réels, atteint pendant le deuxième choc pétrolier en 1979, soit l'équivalent de 100 à 110 $US d'aujourd'hui.
L'économie mondiale, qui achève une cinquième année de forte expansion, a bien supporté cette spectaculaire envolée, en grande partie grâce aux gains d'efficacité énergétique dans les pays industrialisés, qui ont doublé depuis dix ans. Le Fonds monétaire international (FMI) table ainsi sur une croissance de 5,2 % pour 2007.
Mais alors que les économistes prévoyaient déjà un atterrissage en douceur aux États-Unis et en Europe à partir de 2008, la crise des prêts hypothécaires à risque américains a depuis cet été assombri les perspectives. Le FMI juge que cette crise coûtera près d'un demi-point de croissance mondiale en 2008, à 4,8 %, et près d'un point aux États-Unis, à 1,9 %.
L'envolée des prix du brut, qui se fait ressentir «au bout d'un ou deux trimestre», remarque Alexander Law, s'ajoute donc à un panorama mondial bien plus contrasté qu'il y a un an.
Les États-Unis sont particulièrement «dépendants du pétrole à cause de leur parc automobile très important. L'essence y étant moins taxée, toute variation des prix se ressent plus fortement chez les consommateurs», qui voient déjà les prix alimentaires progresser, explique Hélène Baudchon. En outre, «un baril à 100 $US pèserait aussi beaucoup plus fort sur» les bénéfices des industriels, ajoute-t-elle.
Elle minimise toutefois le risque inflationniste représenté par le bond de la facture pétrolière, bien moins significatif selon elle que les risques que font peser la crise des subprimes sur la croissance, et même si elle juge les «facteurs de résilience de l'économie américaine plus importants qu'on ne le pense».
L'Union européenne est mieux protégée de l'envolée du brut grâce à un euro fort, qui amortit le prix des biens importés, grâce à une fiscalité qui taxe fortement les carburants et atténue les variations du prix de base, ce à quoi s'ajoute un fort recours à l'énergie nucléaire, en France en particulier.
Dans les pays émergents comme la Chine, deuxième importateur mondial de pétrole, la croissance reste tellement soutenue qu'elle ne devrait pas pâtir de façon significative de la poussée de fièvre du pétrole.
Certains pays exportateurs énergétiques, notamment dans le Golfe, bénéficient entre autres de cette manne pétrolière, qui elle-même «peut alors être réinvestie dans les pays industrialisés», remarque M. Law.
Les pays en développement importateurs énergétiques risquent, eux, de se voir très affectés par la flambée énergétique et de voir entravés leurs efforts de réduction de la pauvreté.
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