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En plein vol ?

Hier, le constructeur Airbus a remis les clés du premier A380 aux patrons de Singapore Airlines. Évidemment, au cours de la cérémonie, sourires et applaudissements ont ponctué les allocutions des notables. Mais, contrairement aux fêtes antérieures elle n'a pas fait illusion. Car, depuis les révélations du Figaro, il y a un mois de cela, un énorme scandale aux parfums autant financiers que politiques plombe la réputation d'une entreprise déjà mise à mal par les retards inhérents à la livraison de sa nouvelle génération de gros porteurs.

Voici de quoi il s'agit: selon un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme boursier, les 21 dirigeants du groupe EADS-Airbus ainsi que les deux actionnaires de référence, soit le conglomérat Lagardère, côté français, et le constructeur automobile Daimler, côté allemand, ont commis un délit d'initié. Dans leur analyse, les enquêteurs de l'AMF vont jusqu'à qualifier la malversation commise de «massive».

Plus précisément, on reproche au groupe imposant en nombre de cadres et d'actionnaires d'avoir retardé de plusieurs mois l'annonce des déboires techniques rencontrés dans la confection de l'A380 pour mieux se remplir les poches, au demeurant profondes lorsque l'on prend en compte l'énormité des sommes en jeu. Que l'on y songe: grâce à la vente des titres qu'il détenait dans EADS, Lagardère, et seulement lui, a empoché près d'un milliard de dollars.

Et l'État? Là, c'est plus compliqué ou plus exactement opaque, les propos des uns contredisant ceux des autres. Si l'on croit Lagardère, le cabinet du premier ministre de l'époque, soit Dominique de Villepin, ainsi que le ministre des Finances d'alors, soit Thierry Breton, furent informés des déboires du A380 au moment où ces derniers furent constatés. Faux, vient de rétorquer l'ex-chef de gouvernement.

D'après lui, Lagardère aurait confié aux représentants de l'État qu'il avait l'intention de vendre ses actions en s'abstenant de les mettre au courant des retards du programme A380. Fait à noter, c'est à la Caisse des dépôts et consignations, l'équivalent à quelques mandats près de notre Caisse de dépôt, que Lagardère a vendu ses actions dont la valeur a fondu comme neige au soleil après la divulgation sur la place publique des problèmes de l'A380.

De fait, Lagardère est aujourd'hui accusé d'avoir roulé l'État en plus d'avoir effectué un délit d'initié. Et ce, afin de renflouer un groupe aux activités diverses qui va cahin-caha depuis qu'il en est le numéro un. Ici et là, on murmure que pour aider cette énorme entreprise l'Élysée serait intervenu discrètement. En tout cas, le gratin politico-financier de Paris souligne et répète que l'actuel patron de la Caisse des dépôts et consignations était secrétaire général adjoint de... l'Élysée à l'époque des faits. Tous les ingrédients propres à cette sale affaire permettent de reprendre à notre compte le constat fait de l'autre côté de l'Atlantique. À savoir que l'affaire EADS-Airbus va s'avérer le plus gros scandale de l'histoire de la Ve République.
 
 
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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 16 octobre 2007 03h11
    L'occasion tend à faire le larron
    Partout dans ce vaste monde, l'occasion tend à faire le larron. Nous en avons un bon au Québec, toujours libre, qui semble s'en tirer assez bien en se défendant tout seul devant la justice du Québec.

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