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Boeing accuse aussi du retard

Comme Airbus avec son A380, l'avionneur américain reporte les livraisons de ses premiers Dreamliner

11 octobre 2007  Actualités économiques
Boeing a annoncé que les premières livraisons du 787, aussi appelé «Dreamliner», étaient désormais prévues fin novembre ou en décembre 2008, au lieu de mai 2008.
Photo : Agence Reuters
Boeing a annoncé que les premières livraisons du 787, aussi appelé «Dreamliner», étaient désormais prévues fin novembre ou en décembre 2008, au lieu de mai 2008.
New York — Comme Airbus avant lui, l'avionneur américain Boeing a pris du retard dans la fabrication de son avion de ligne de nouvelle génération, le «Dreamliner» 787, et s'est résigné à reporter de six mois les premières livraisons de ce modèle promis à un grand succès commercial.

En raison de «difficultés continues dans l'assemblage des premiers avions», Boeing a annoncé que les premières livraisons du 787 étaient désormais prévues fin novembre ou en décembre 2008, au lieu de mai 2008. Il a aussi à nouveau reporté le premier vol d'essai du long-courrier à fin mars 2008. Déjà début septembre, Boeing avait repoussé ce vol de deux mois, entre mi-novembre et mi-décembre au lieu de fin septembre.

Le groupe a assuré en revanche que ces reports n'auraient «pas de conséquences» sur ses résultats financiers et maintenu ses prévisions pour 2007 et 2008.

Dans ce programme complexe et largement externalisé, les délais proviennent essentiellement de «problèmes d'approvisionnement par les sous-traitants» et de la «non-disponibilité de pièces détachées», et non de problèmes techniques, a expliqué lors d'une conférence téléphonique le p.-d.g. Jim McNerney. «Nous pensons livrer 109 appareils 787 d'ici la fin 2009», a annoncé de son côté Scott Carson, p.-d.g. de la division Commercial Airplanes.

Plusieurs analystes ont été surpris de ce calendrier qu'ils ont jugé très volontariste. Certains se demandaient aussi pourquoi Boeing ne reportait son programme que de six mois, alors que le modèle concurrent d'Airbus, l'A350, n'arrivera sur le marché qu'en 2013. «Cela vous donnerait tellement plus de souplesse si vous reportiez encore de 6 mois», a lancé un analyste de JPMorgan.

Boeing a souligné que le succès commercial du modèle se confirmait. «À ce jour le 787 a enregistré 710 commandes provenant de 50 clients», a précisé le directeur financier James Bell. «Ce sera un succès pendant 25 ou 30 ans», a renchérit M. McNerney.

Sur les 50 compagnies clientes, quinze verront leurs 787 livrés en retard à cause du délai annoncé hier, a précisé M. Carson. Le directeur financier a souligné que le groupe avait pris en compte les pénalités de retard qu'il devra verser avant de confirmer ses prévisions de résultats, et que l'impact financier de ces pénalités serait «relativement petit».

Début septembre, le groupe, sous pression depuis plusieurs mois pour tenir le calendrier de ce programme complexe, avait admis buter sur deux problèmes dans l'assemblage final et avait reporté de deux mois le premier vol d'essai.

Depuis, la plupart des analystes s'attendaient à un report également des premières livraisons, s'étonnant plutôt que Boeing ne l'ait pas encore fait. «Il est plus probable que le programme soit décalé de 4 à 6 mois», avait souligné vendredi l'analyste Joseph Campbell (Lehman Brothers), dans une note intitulée «le temps est venu de commentaires plus francs».

«Ce qui étonnait la plupart des analystes, c'était le maintien du calendrier initial, compte tenu du caractère très complexe de ce programme et de l'externalisation d'une grande partie des productions», avait jugé en septembre un analyste d'une banque française.

Ce report est un revers pour Boeing, jusqu'ici bien plus ponctuel que son grand rival Airbus, qui a accumulé les retards 2006 pour ses nouveaux appareils A380 et A350.

Le Dreamliner est présenté comme plus silencieux, plus confortable et plus économe en carburant que ses concurrents. Son succès commercial a permis à Boeing de repasser devant Airbus sur les huit premiers mois de l'année, en nombre de commandes.
 
 
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