Les grandes banques restent fragilisées par la crise financière
2 octobre 2007
Actualités économiques
Photo : Agence France-Presse
Des clients devant un guichet automatique Citibank, appartenant au groupe financier Citigroup. Comme son concurrent UBS, le géant américain de la finance a averti les marchés hier que ses états financiers du troisième trimestre devraient afficher un
Paris — L'annonce de résultats amputés pour deux géants de la banque mondiale, UBS et Citigroup, est venue rappeler hier que le secteur reste vulnérable aux conséquences de la crise financière de l'été, y compris en Europe qui semblait pourtant, dans un premier temps, relativement préservée.
Près de trois mois après l'éclatement de la crise des crédits immobiliers à risque aux États-Unis, dits subprime, les banques ne parviennent toujours pas à retrouver leur souffle.
Il «serait peu sérieux d'affirmer que cette crise touche à sa fin», a estimé hier le président de Crédit Agricole SA, René Carron, ajoutant que «sur les activités de marché nous sommes encore loin des niveaux d'il y a trois mois».
Largement anticipé par les marchés après un premier avertissement mi-août, l'annonce d'UBS intervient le même jour que les avertissements, de moindre ampleur, de l'américain Citigroup et de Credit Suisse, et quelques jours après ceux de l'allemande Deutsche Bank.
Dans le même temps, plusieurs établissements européens de moindre taille, tels le britannique Northern Rock ou les allemands IKB et SachsenLB, n'ont dû qu'à des interventions extérieures d'éviter la disparition pure et simple.
Que ce soit du fait de leur exposition directe au subprime, comme pour UBS, ou par ricochet après le fort ralentissement du marché du crédit, quasiment toutes les banques majeures sont concernées.
Témoin de la nervosité ambiante, les valeurs bancaires européennes ont été de nouveau chahutées en Bourse dès l'annonce d'UBS hier. Depuis le 10 juillet, les cinq premières banques européennes en termes de capitalisation boursière ont vu près de 45 milliards d'euros de valorisation s'envoler en fumée.
«Il n'y a pas de raison que la tendance s'inverse, parce que même quand il y a un message rassurant, il y a toujours du doute», estime Pascal Decque, analyste chez Ixis Securities.
Les marchés ont en ligne de mire les résultats trimestriels, début novembre, qui devraient donner de nouveaux éléments de réponse quant aux répercussions de la crise financière. Mais il «n'est pas du tout impossible que cela se prolonge sur le quatrième trimestre», explique M. Decque.
L'économie réelle
À la longue, la tendance pourrait même peser sur l'économie réelle, dont les banques assurent le financement.
«La problématique est beaucoup plus générale» et ne concerne pas le seul secteur bancaire, pour Pierre Flabbée, analyste chez Kepler Equities. «Dans quelle mesure ce qui se passe amène les banques à prêter plus cher et est-ce que cela peut avoir des effets récessifs ou de ralentissement de la croissance?», s'interroge-t-il.
Si la tonalité générale est morose, les banques européennes qui ont construit leur modèle sur la banque de financement et d'investissement, dont les principales sont UBS, Deutsche Bank et Credit Suisse, sont particulièrement touchées.
Elles sont en effet dans l'incapacité de contrebalancer l'impact du subprime par leur activité de banque de détail, stable par nature, contrairement au modèle français de banque dite universelle, présente dans tous les métiers.
La fragilisation des grands acteurs de la banque d'affaires reste néanmoins relative, compte tenu de leur taille. «Sur le plan boursier, cela ne va pas aller bien» pour UBS, «mais la banque n'est quand même pas aux abois», souligne M. Decque.
Près de trois mois après l'éclatement de la crise des crédits immobiliers à risque aux États-Unis, dits subprime, les banques ne parviennent toujours pas à retrouver leur souffle.
Il «serait peu sérieux d'affirmer que cette crise touche à sa fin», a estimé hier le président de Crédit Agricole SA, René Carron, ajoutant que «sur les activités de marché nous sommes encore loin des niveaux d'il y a trois mois».
Largement anticipé par les marchés après un premier avertissement mi-août, l'annonce d'UBS intervient le même jour que les avertissements, de moindre ampleur, de l'américain Citigroup et de Credit Suisse, et quelques jours après ceux de l'allemande Deutsche Bank.
Dans le même temps, plusieurs établissements européens de moindre taille, tels le britannique Northern Rock ou les allemands IKB et SachsenLB, n'ont dû qu'à des interventions extérieures d'éviter la disparition pure et simple.
Que ce soit du fait de leur exposition directe au subprime, comme pour UBS, ou par ricochet après le fort ralentissement du marché du crédit, quasiment toutes les banques majeures sont concernées.
Témoin de la nervosité ambiante, les valeurs bancaires européennes ont été de nouveau chahutées en Bourse dès l'annonce d'UBS hier. Depuis le 10 juillet, les cinq premières banques européennes en termes de capitalisation boursière ont vu près de 45 milliards d'euros de valorisation s'envoler en fumée.
«Il n'y a pas de raison que la tendance s'inverse, parce que même quand il y a un message rassurant, il y a toujours du doute», estime Pascal Decque, analyste chez Ixis Securities.
Les marchés ont en ligne de mire les résultats trimestriels, début novembre, qui devraient donner de nouveaux éléments de réponse quant aux répercussions de la crise financière. Mais il «n'est pas du tout impossible que cela se prolonge sur le quatrième trimestre», explique M. Decque.
L'économie réelle
À la longue, la tendance pourrait même peser sur l'économie réelle, dont les banques assurent le financement.
«La problématique est beaucoup plus générale» et ne concerne pas le seul secteur bancaire, pour Pierre Flabbée, analyste chez Kepler Equities. «Dans quelle mesure ce qui se passe amène les banques à prêter plus cher et est-ce que cela peut avoir des effets récessifs ou de ralentissement de la croissance?», s'interroge-t-il.
Si la tonalité générale est morose, les banques européennes qui ont construit leur modèle sur la banque de financement et d'investissement, dont les principales sont UBS, Deutsche Bank et Credit Suisse, sont particulièrement touchées.
Elles sont en effet dans l'incapacité de contrebalancer l'impact du subprime par leur activité de banque de détail, stable par nature, contrairement au modèle français de banque dite universelle, présente dans tous les métiers.
La fragilisation des grands acteurs de la banque d'affaires reste néanmoins relative, compte tenu de leur taille. «Sur le plan boursier, cela ne va pas aller bien» pour UBS, «mais la banque n'est quand même pas aux abois», souligne M. Decque.
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