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L'Alberta a perdu un milliard en redevances

Edmonton — Un rapport publié hier par le vérificateur général de l'Alberta critique vertement la manière dont le gouvernement de la province récolte les redevances qui lui sont dues par les entreprises énergétiques.

«Les revenus des redevances appartiennent aux Albertains», a dit en conférence de presse Fred Dunn.

Il a ajouté que l'Alberta est parmi les moins gourmandes à ce chapitre, et il a reproché au gouvernement de ne pas avoir suivi l'exemple d'autres juridictions qui ont augmenté les montants exigés au fur et à mesure que les prix grimpaient.

«Pourquoi l'Alberta vend-elle à rabais?, a-t-il demandé. Pourquoi l'Alberta devrait-elle recevoir moins qu'une autre juridiction pour le même produit?»

M. Dunn affirme que le gouvernement albertain sait depuis au moins trois ans que les redevances qu'il retire de son gigantesque secteur pétrolier sont inférieures aux cibles établies, et qu'il pourrait récolter au moins un milliard de dollars de plus par année sans pour autant étrangler la profitabilité de l'industrie.

Il accuse notamment l'ancien ministre de l'Énergie, Greg Melchin, de ne pas avoir pris les décisions qui s'imposaient et d'avoir dirigé un ministère paralysé par la confusion, les contradictions et l'incertitude.

Le vérificateur général ajoute que les principes de transparence et de responsabilité, les pierres d'assise du gouvernement conservateur d'Ed Stelmach, n'ont pas été respectés dans ce dossier.

M. Dunn rappelle que même si les Albertains sont les propriétaires de ces ressources, pendant des années ils ont dû soumettre des demandes d'accès à l'information pour savoir si la totalité des redevances était récoltée et si les redevances exigées des entreprises énergétiques étaient justes et compétitives.

Par ailleurs, la banque d'affaires Tristone Capital a ajouté sa voix, hier, aux acteurs du secteur énergétique qui préviennent M. Stelmach des effets pervers que pourrait entraîner une hausse des redevances.

Un rapport publié récemment laissait entendre qu'une telle hausse pourrait valoir à la province des revenus supplémentaires de deux milliards de dollars par année. Mais le président de Tristone, George Gosbee, estime plutôt que cette hausse, surtout dans le secteur du gaz naturel, chasserait les capitaux de la province et pourrait lui causer des pertes de deux milliards d'ici la fin de la décennie.

Déjà, la semaine dernière, le géant EnCana prévenait qu'il réduira ses investissements en Alberta d'un milliard si la hausse proposée des redevances est acceptée.
 
 
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