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La vente de BCE est approuvée lors d'une assemblée houleuse

Le président de BCE, Michael Sabia, a annoncé hier aux actionnaires qu’il quittera ses fonctions une fois la vente de l’entreprise complétée.
Photo : Jacques Nadeau
Le président de BCE, Michael Sabia, a annoncé hier aux actionnaires qu’il quittera ses fonctions une fois la vente de l’entreprise complétée.
Les actionnaires de BCE ont approuvé hier à 97 % la vente de la compagnie lors d'une assemblée houleuse où la direction de l'entreprise a eu maille à partir avec plusieurs petits épargnants qui l'ont accusée de faire passer les désirs des gros actionnaires avant le reste. Dans la mêlée, le président Michael Sabia a annoncé qu'il quittera ses fonctions une fois que la transaction aura été bouclée.

Cette approbation, dont le résultat était prévisible, constitue une étape cruciale pour la transformation de Bell Canada, vendue au prix rondelet de 51 milliards dans le cadre de la plus grosse transaction de l'histoire canadienne. Cela comprend la prise en charge de la dette, soit 17 milliards.

Si toutes les autorisations réglementaires étaient réunies, la société de 127 ans cesserait d'être cotée en Bourse et reposerait entre les mains d'un consortium formé du régime de retraite des enseignants ontariens (Teachers, qui détiendra 52 %), des fonds américains Providence et Madison Dearborn (32 % et 9 %), et de Valeurs mobilières TD (7 %).

«C'est une bonne journée pour l'entreprise. Et une bonne journée pour vous en tant qu'actionnaires», a affirmé M. Sabia, qui a piloté une restructuration majeure chez Bell depuis son arrivée en 2002. Alors que l'action a oscillé autour de 30 $ pendant des années, les 42,75 $ offerts par le consortium représentent une prime de 40 % par rapport au mois de mars, a-t-il dit.

«Il y a cinq ans, votre entreprise était au bord d'une crise financière», a ajouté M. Sabia, un ancien haut fonctionnaire fédéral qui a aussi été vice-président du Canadien national. Sous sa gouverne, BCE a cessé de s'éparpiller, a vendu filiale après filiale et a licencié massivement. Parallèlement, elle s'est recentrée sur les télécommunications.

Il y a toutefois deux groupes d'actionnaires. Il y a d'abord les investisseurs institutionnels, dont les régimes de retraite et les sociétés de fonds communs, qui s'impatientaient de voir l'action de BCE faire du surplace en Bourse malgré la restructuration. Et il y a les autres, ces milliers de retraités qui s'accrochent à leurs actions de BCE depuis des années pour le généreux dividende qu'elle verse. Pendant une heure et demie hier, ils ont monopolisé les micros.

«On nous a toujours dit que l'action de BCE reposait sur du solide, qu'il n'y avait pas de risque», a dit une actionnaire. «Vous êtes en train d'appauvrir les petits actionnaires à long terme!» Une autre a accusé le conseil d'administration d'avoir cédé aux préoccupations des grands actionnaires. «Le conseil ne travaille pas pour les petits actionnaires, qui se chiffrent pourtant par milliers», a-t-elle dit.

Un autre actionnaire a fait valoir que les petits investisseurs se voyaient forcés de vendre leurs actions, ce qui entraînerait donc l'entrée en jeu de la taxe sur les gains en capital et pourrait avoir un impact au chapitre des revenus de pension de vieillesse. «Si l'avenir de la compagnie est si beau, pourquoi la vendre?», a dit un autre. Certains intervenants étaient aussi des employés et des ex-employés, inquiets pour leur gagne-pain et leurs avantages sociaux.

En grande partie, ces interventions se sont butées aux arguments de M. Sabia faisant valoir la «création de valeurs pour les actionnaires». Ceux-ci pouvaient toujours investir ailleurs, en achetant des actions des grandes banques, a-t-il suggéré.

Lors d'un point de presse, M. Sabia a dit «comprendre la perspective» des petits actionnaires, mais digérait mal les reproches concernant la somme qu'il empochera. Selon les médias torontois, cette somme pourrait être supérieure à 31 millions.

BCE croit pouvoir compléter la transaction au cours du premier trimestre 2008. M. Sabia n'a pas précisé le moment de son départ.

Le vote n'est qu'une étape. La plus risquée pourrait se dérouler en Cour, où les détenteurs de titres de dette menacent de faire valoir qu'ils ont perdu près d'un milliard en raison du processus. Puisque les acheteurs financeront l'acquisition par emprunt, les agences de notation ont récemment estimé que la dette existante méritait d'être déclassée.
 
 
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  • Guy Fafard - Inscrit
    25 septembre 2007 10 h 34
    Michael Sabia, actionnaires, BCE, Entreprise, Économie, Canada (Pays), Québec (province)
    Les obligations d'une compagnie sont une hypothèque sur celle-ci. Une compagnie appartient à ses actionnaire aussi longtemps que ces-derniers font leurs devoirs i.e. payer leurs impôts, leurs taxes, les intérêts sur emprunts, reboursement du capital emprunté. Si un de ces devoirs n'est pas rempli, la compagnie peut être saisie pour la valeur des impôts, taxes etc. n'en déplaise aux futurs ex-dirigeants de la compagnie, aux actionnaires (dont je suis) ou aux nouveaux acquéreurs.

    C'est à y penser vu la décote.
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