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Net recul de l'inflation canadienne

Les taux devraient rester stables

20 septembre 2007  Actualités économiques
L'inquiétant problème de l'inflation canadienne a fait un grand pas vers la stabilité le mois dernier puisque les trois indices des prix surveillés par la Banque du Canada pour établir son taux d'intérêt directeur ont reculé.

Le plus important recul a été enregistré par l'indice des prix à la consommation, qui a diminué à 1,7 % en août sur une base annualisée, par rapport à 2,2 % au mois de juillet. C'était la première fois en huit mois que cet indice, qui mesure les prix d'un panier de biens et services à travers le pays, tombait sous le seuil des 2 %. Mais l'inflation de base, qui exclut les biens dont les prix sont plus volatils comme l'essence et les fruits frais, a aussi enregistré un recul pour un deuxième mois consécutif et s'est située à 2,2 %, contre 2,3 % en juillet et 2,5 % en juin. La Banque du Canada accorde une aussi grande importance à cet indice.

La dernière des données surveillées par la banque centrale est son indice de référence, qui exclut les composantes énergétiques et s'est établi à 2,3 % après avoir touché 2,5 % en juillet.

Cette baisse des pressions inflationnistes dans l'économie canadienne devrait persuader la Banque du Canada — qui tente de combattre l'inflation en haussant son taux directeur — de garder le coût de l'emprunt stable pour les prochains mois. Mais on ignore toujours quelle pression l'Ouest canadien, en pleine effervescence, pourrait éventuellement exercer sur les prix.

«Il est possible que nous puissions avoir passé le sommet de l'inflation sous-jacente, mais l'affaire n'est pas classée parce que nous avons un marché de l'emploi très serré et nous avons toujours une importante pression au niveau des prix des matières premières, notamment pour le pétrole», a estimé Douglas Porter, un analyste de la Banque de Montréal.

La victoire sur l'inflation serait donc éphémère, avertissent les économistes. Cependant, l'impressionnante baisse de l'inflation à 1,7 % est presque complètement due aux prix de l'essence à la pompe, qui étaient 7,7 % inférieurs à ceux d'août 2006, et 4,9 % inférieurs à ceux du mois précédent.

Avec le prix du baril de pétrole, qui a franchi cette semaine la barre des 82 $US, les prix à la pompe de septembre vont fort probablement être plus élevés et pourraient tirer vers le haut les données qui seront publiées dans un mois, a noté l'économiste Karen Cordes, de Scotia Capitaux. «L'inflation n'est pas morte, a-t-elle averti. Les prix des maisons ralentissent un peu, mais le Canada est un pays où la croissance de l'emploi est toujours forte, la croissance des revenus est toujours forte et l'économie est aussi toujours forte.»

Les économistes s'entendent toutefois pour dire que ces nouvelles données sur l'inflation fourniront à la Banque du Canada toute l'assurance dont elle a besoin pour garder son taux d'intérêt directeur à 4,5 % lors de sa prochaine annonce à ce sujet, en octobre.

États-Unis

Aux États-Unis, les prix à la consommation, freinés par le recul des cours de l'essence et du gaz, ont reculé de 0,1 % en août, pour la première fois depuis octobre 2006. Hors alimentation et énergie, l'indice a toutefois progressé de 0,2 %. Sur un an, la hausse des prix a atteint 2 % pour l'indice général et 2 % pour l'indice de base, alors que la Fed vise sans le dire un taux d'inflation annuel inférieur à 2 % (hors alimentation et énergie).

«L'inflation s'est installée à un niveau bas qui devrait conforter la Fed», a commenté Joël Naroff, économiste indépendant. Même analyse pour Kenneth Beauchemin, de Global Insight, pour qui «la modération des prix à la consommation hors alimentation et énergie permet à la Fed de respirer davantage».

Mais la crise du marché immobilier n'a sans doute pas fini de se déployer. Les mises en chantier de logements, déjà à leur plus bas niveau depuis une décennie, ont encore reculé de 2,6 % en août par rapport à juillet, pour revenir à 1,331 million d'unités, a annoncé hier le département du Commerce. Ce chiffre est inférieur aux attentes des marchés financiers qui tablaient encore sur 1,345 million de mises en chantier le mois dernier, alors même que la crise des crédits hypothécaires atteignait son paroxysme. Un tel niveau n'avait plus été observé depuis juin 1995.

Le recul des demandes de permis de construire «laisse prévoir de nouveaux ajustements [à la baisse] au cours des prochains mois», a souligné Nathalie Dezeure, de Natixis, qui estime que le logement résidentiel continuera à être un boulet pour l'économie américaine au cours des prochains mois.

«Le marché du logement a été en récession pendant près de deux ans [...] et devrait se dégrader encore dans la seconde moitié de l'année en raison des turbulences récentes sur les marchés financiers», a abondé Patrick Newport, de GlobalInsight, qui ne voit pas de reprise avant 2008.
 
 
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