Crise de liquidité: pas d'éclaircie avant quelques mois
Photo : Agence Reuters
Pour Ed Clark, de la Banque TD, la crise de liquidité «est une bonne chose».
Pour la première fois depuis l'éclatement de la crise de liquidité, qui a secoué les marchés boursiers le mois dernier, les grandes banques ont fait le point hier sur l'état des lieux et ont avancé quelques hypothèses pour la suite des choses. Alors que certaines se sont montrées plus prudentes dans leur analyse, d'autres ont livré le fond de leur pensée.
«Ce que je dis aux gens, c'est que c'est une bonne chose», a dit le président de la Banque Toronto-Dominion, Edmund Clark, un des dirigeants les plus directs entendus hier. «Il y a des gens qui ont posé des gestes stupides. Et s'ils n'en paient pas le prix, cela signifie que le système ne fonctionne pas bien. Il faut nettoyer le marché.»
M. Clark et ses confrères se sont exprimés dans le cadre d'une conférence organisée par la Banque Scotia à Toronto. Aujourd'hui, les participants entendront notamment le président de la Bourse de Montréal, Luc Bertrand, et son vis-à-vis torontois, Richard Nesbitt.
Appelés à prendre la parole les uns après les autres, les patrons ont tous brossé le portrait de la santé financière de leur établissement. Chacun, cependant, a trouvé quelques minutes pour aborder le sujet qui préoccupe les marchés depuis le mois dernier.
«Les gens [les établissements en général] ne sont pas encore allés à la confesse [par rapport à leur degré d'implication dans la crise]. Il y a encore beaucoup de choses qui vont sortir», a ajouté M. Clark. «Le quatrième trimestre va être laid. J'espère que d'ici mars on aura passé au travers. [...] Ça va prendre un bout de temps avant que tout soit réglé.» Il n'a pas été plus précis.
Le PCAC
Liée indirectement à la crise hypothécaire américaine, la crise de liquidité qui a frappé le marché canadien découle d'un manque de confiance. Celui-ci s'est manifesté dans une catégorie de titres en particulier: le papier commercial adossé à des créances (PCAC).
Le PCAC est un titre remboursable avec intérêts sur une très brève échéance, par exemple un mois. Il génère un rendement faible mais avait la réputation d'être sécuritaire. Son actif sous-jacent peut être des voitures de location, de la dette de cartes de crédit, des créances hypothécaires, etc. On le trouve abondamment dans les fonds communs du marché monétaire. Au Canada, le papier commercial est un marché de 120 milliards, dont les deux tiers sont émis par des banques.
La crise de confiance vécue ailleurs dans le monde en août a fait en sorte que les émetteurs non bancaires, comme la société torontoise Coventry, se sont butés sur un problème de taille: du jour au lendemain, ils ne trouvaient plus d'acheteurs pour leur papier commercial, pourtant bien coté par l'agence de notation DBRS. Cette tranche vaut environ 37 milliards. Plusieurs établissements qui avaient acheté avant la crise sont donc pris avec des titres dont ils ne peuvent se défaire.
Bilan de la Banque nationale
La seule banque canadienne ayant acheté du papier commercial non bancaire est la Banque nationale. Dans ses coffres et ses fonds communs, elle en avait pour près de deux milliards. Pour protéger sa réputation, elle a récemment offert aux clients de ses fonds de racheter la totalité du PCAC que contenaient ces fonds.
Le président de la Banque nationale, Louis Vachon, a tenu à dire hier que l'établissement estime faire du bon boulot. «Notre gestion du risque en général... Oui, nous avons des problèmes avec le PCAC et sommes en train de les traiter. Mais sinon, la qualité de notre portefeuille est encore très bonne.»
Puisque la Banque nationale entend racheter deux milliards, il reste plus ou moins 35 milliards de PCAC sur le marché. On ignore qui détient la part du lion. Quoi qu'il en soit, les grands joueurs, comme la Caisse de dépôt et placement, Deutsche Bank et autres ont convenu de tout convertir le PCAC en obligations à taux variable.
«Que contiennent au juste ces 35 milliards?», a demandé un participant. Un peu de tout, a dit M. Vachon. «Tout le monde est en train de colliger de l'information», a-t-il ajouté en précisant qu'il n'y a pas d'échéancier mais que «le facteur temps est essentiel».
À force de refiler le risque au prochain, il y a des limites, a dit M. Clark. «Il y a eu des excès. Il y avait une dépendance sur des structures et des modèles, une dépendance qui ne reflétait pas la faiblesse de ces modèles. Et le marché présentait un effet de levier exagéré [conséquence d'avoir refilé le risque]. Mais le temps arrangera tout ça, même si personne ne sait quelles seront les pertes totales.»
Quant à Gord Nixon, président de la Banque royale, la question n'a pas de réponse définitive pour l'instant. «Avant que la situation ne s'améliore, elle pourrait se dégrader, mais le règlement prendra du temps. Ultimement, le marché du PCAC reviendra.»
«Ce que je dis aux gens, c'est que c'est une bonne chose», a dit le président de la Banque Toronto-Dominion, Edmund Clark, un des dirigeants les plus directs entendus hier. «Il y a des gens qui ont posé des gestes stupides. Et s'ils n'en paient pas le prix, cela signifie que le système ne fonctionne pas bien. Il faut nettoyer le marché.»
M. Clark et ses confrères se sont exprimés dans le cadre d'une conférence organisée par la Banque Scotia à Toronto. Aujourd'hui, les participants entendront notamment le président de la Bourse de Montréal, Luc Bertrand, et son vis-à-vis torontois, Richard Nesbitt.
Appelés à prendre la parole les uns après les autres, les patrons ont tous brossé le portrait de la santé financière de leur établissement. Chacun, cependant, a trouvé quelques minutes pour aborder le sujet qui préoccupe les marchés depuis le mois dernier.
«Les gens [les établissements en général] ne sont pas encore allés à la confesse [par rapport à leur degré d'implication dans la crise]. Il y a encore beaucoup de choses qui vont sortir», a ajouté M. Clark. «Le quatrième trimestre va être laid. J'espère que d'ici mars on aura passé au travers. [...] Ça va prendre un bout de temps avant que tout soit réglé.» Il n'a pas été plus précis.
Le PCAC
Liée indirectement à la crise hypothécaire américaine, la crise de liquidité qui a frappé le marché canadien découle d'un manque de confiance. Celui-ci s'est manifesté dans une catégorie de titres en particulier: le papier commercial adossé à des créances (PCAC).
Le PCAC est un titre remboursable avec intérêts sur une très brève échéance, par exemple un mois. Il génère un rendement faible mais avait la réputation d'être sécuritaire. Son actif sous-jacent peut être des voitures de location, de la dette de cartes de crédit, des créances hypothécaires, etc. On le trouve abondamment dans les fonds communs du marché monétaire. Au Canada, le papier commercial est un marché de 120 milliards, dont les deux tiers sont émis par des banques.
La crise de confiance vécue ailleurs dans le monde en août a fait en sorte que les émetteurs non bancaires, comme la société torontoise Coventry, se sont butés sur un problème de taille: du jour au lendemain, ils ne trouvaient plus d'acheteurs pour leur papier commercial, pourtant bien coté par l'agence de notation DBRS. Cette tranche vaut environ 37 milliards. Plusieurs établissements qui avaient acheté avant la crise sont donc pris avec des titres dont ils ne peuvent se défaire.
Bilan de la Banque nationale
La seule banque canadienne ayant acheté du papier commercial non bancaire est la Banque nationale. Dans ses coffres et ses fonds communs, elle en avait pour près de deux milliards. Pour protéger sa réputation, elle a récemment offert aux clients de ses fonds de racheter la totalité du PCAC que contenaient ces fonds.
Le président de la Banque nationale, Louis Vachon, a tenu à dire hier que l'établissement estime faire du bon boulot. «Notre gestion du risque en général... Oui, nous avons des problèmes avec le PCAC et sommes en train de les traiter. Mais sinon, la qualité de notre portefeuille est encore très bonne.»
Puisque la Banque nationale entend racheter deux milliards, il reste plus ou moins 35 milliards de PCAC sur le marché. On ignore qui détient la part du lion. Quoi qu'il en soit, les grands joueurs, comme la Caisse de dépôt et placement, Deutsche Bank et autres ont convenu de tout convertir le PCAC en obligations à taux variable.
«Que contiennent au juste ces 35 milliards?», a demandé un participant. Un peu de tout, a dit M. Vachon. «Tout le monde est en train de colliger de l'information», a-t-il ajouté en précisant qu'il n'y a pas d'échéancier mais que «le facteur temps est essentiel».
À force de refiler le risque au prochain, il y a des limites, a dit M. Clark. «Il y a eu des excès. Il y avait une dépendance sur des structures et des modèles, une dépendance qui ne reflétait pas la faiblesse de ces modèles. Et le marché présentait un effet de levier exagéré [conséquence d'avoir refilé le risque]. Mais le temps arrangera tout ça, même si personne ne sait quelles seront les pertes totales.»
Quant à Gord Nixon, président de la Banque royale, la question n'a pas de réponse définitive pour l'instant. «Avant que la situation ne s'améliore, elle pourrait se dégrader, mais le règlement prendra du temps. Ultimement, le marché du PCAC reviendra.»
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