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Urbana augmente sa participation dans les Bourses de Montréal et de Toronto

28 août 2007  Actualités économiques
Au Canada, le Groupe TSX et la Bourse de Montréal sont vus comme d’éventuels partenaires pour une fusion, même s’ils s’affairent chacun de leur côté dans différents segments du marché des valeurs mobilières.
Photo : Jacques Grenier
Au Canada, le Groupe TSX et la Bourse de Montréal sont vus comme d’éventuels partenaires pour une fusion, même s’ils s’affairent chacun de leur côté dans différents segments du marché des valeurs mobilières.
Toronto — Un mariage entre les deux principales places boursières du Canada serait dans le meilleur intérêt des deux parties et donnerait de la vigueur au marché canadien, a estimé hier un important investisseur qui a allongé environ quatre millions pour hausser sa participation dans la Bourse de Toronto et la Bourse de Montréal.

La firme Urbana, dont le célèbre investisseur de Bay Street Tom Caldwell détient plus de la moitié des actions, a annoncé ces investissements afin de profiter de leur plus faible valeur depuis la récente correction des places boursières.

Il aimerait aussi voir les deux marchés fusionner.

Dans le cadre du mouvement de consolidation des bourses à travers le monde — par le biais de fusions ou de partenariats —, M. Caldwell a déjà encouragé d'autres fusions du genre, incluant celle de la Bourse de New York, dans laquelle sa compagnie détient une participation minoritaire.

Au Canada, le Groupe TSX et la Bourse de Montréal sont vus comme d'éventuels partenaires pour une fusion, même s'ils s'affairent chacun de leur côté dans différents segments du marché des valeurs mobilières — le TSX s'est spécialisé dans les actions des grandes entreprises et des sociétés à petites capitalisation tandis que la Bourse de Montréal a fait sa niche dans le marché des produits dérivés, plus risqué mais très profitable.

«La solution, à mon avis, est de voir les deux s'allier, a indiqué M. Caldwell lors d'un entretien téléphonique. Cela ferait une très bonne bourse avec un grand pouvoir d'attraction et aiderait à préserver nos marchés de capitaux.»

Urbana a investi environ deux millions pour obtenir 50 000 actions du Groupe TSX — le conglomérat qui détient la Bourse de Toronto, la Bourse de croissance de Toronto et la Bourse NGX du gaz naturel de Calgary.

La firme a aussi acheté 65 000 actions de la Bourse de Montréal, une participation dont la valeur était d'environ 1,97 million hier.

M. Caldwell s'est dit confiant de voir les deux parties en venir à une entente, mais il n'a pas été jusqu'à dire qu'il avait acheté leurs titres parce qu'une transaction était imminente. «Nous croyons qu'il s'agit de deux investissements qui représentent une bonne valeur à ces niveaux. Tout le reste ne serait que la cerise sur le sundae.»

Plusieurs éléments pourraient faire obstacle à une fusion puisque les deux bourses se sont engagées sur des voies complètement opposées au cours de la dernière décennie, alors que Montréal s'est concentrée sur les produits dérivés.

Les deux bourses ont signé un accord de non-concurrence de 10 ans sur les produits dérivés, lequel expire en 2009. Les observateurs s'attendent à ce que le Groupe TSX se lance sur les marchés des dérivés lorsque cette échéance arrivera.

«Bien que tout puisse arriver, nous ne voyons pas une très grande probabilité pour cette combinaison avant mars 2009, lorsque la Bourse de Toronto pourra vraiment faire concurrence sur le marché des produits dérivés», a estimé John Aiken, analyste chez Dundee Securities.

Selon l'analyste, la Bourse de Montréal pourrait préférer se tenir loin d'une fusion parce qu'elle voit un fort potentiel de croissance pour ses activités.

À ce conflit s'ajoute les turbulences entre les cultures anglophone et francophone ainsi que le fait que le New York Mercantile Exchange a des intérêts dans la Bourse de Montréal, qui viennent compliquer davantage la possibilité d'une fusion.

Mais M. Caldwell croit que le mariage des deux bourses canadiennes devrait avoir préséance. «Quels que soient les obstacles, ils devraient être surmontés», a-t-il estimé. «Cela serait bien si certains de leurs clients pouvaient faire connaître leurs souhaits aux bourses.»

Tant qu'un accord ne pointera pas le bout du nez, John Aiken croit que la spéculation se poursuivra.

«C'est quelque chose qui va toujours être sur les écrans radar, peu importe si la Bourse de Montréal et le TSX affirment que cela n'arrivera pas», a-t-il prédit.

L'action d'Urbana a reculé de 5 ¢ à 3,44 $ hier à la Bourse de Toronto. Pendant ce temps, le titre du Groupe TSX a grimpé d'un cent à 42,10 $, mais il reste toujours environ 20 % en deça de son niveau de 53,49 $ enregistré en février.

L'action de la Bourse de Montréal a pour sa part cédé 22 ¢ à 30,40 $, elle aussi environ 20 % en deça de son sommet des 52 dernières semaines de 49,50 $.






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