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Bernanke et Paulson tentent de rassurer les marchés

22 août 2007  Actualités économiques
Ben Bernanke, président de la Fed (à l’avant-plan), et Henry Paulson, le secrétaire américain au Trésor.
Photo : Agence Reuters
Ben Bernanke, président de la Fed (à l’avant-plan), et Henry Paulson, le secrétaire américain au Trésor.
Washington — Le président de la Fed Ben Bernanke et le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson ont été contraints de sortir de leur réserve hier, alors que les investisseurs peinent toujours à se rassurer sur l'issue de la crise financière.

MM. Bernanke et Paulson ont été invités à expliquer ce qu'ils comptaient faire face aux turbulences financières lors d'une réunion à huis clos avec le président de la Commission bancaire du Sénat, le démocrate Christopher Dodd.

Ni la banque centrale ni le Trésor n'ont communiqué sur cet entretien, mais M. Dodd s'est montré satisfait des assurances obtenues. «J'ai demandé au président [de la Fed] s'il était prêt à utiliser tous les outils à sa disposition, et il a répondu que, oui, il était prêt à cela», a-t-il indiqué M. Dodd à l'issue de la rencontre. Selon lui, M. Bernanke n'aurait pas mentionné la possibilité d'une baisse du principal taux directeur de la Fed, ou Fed funds, qui est fixé à 5,25 %.

Cela n'a pas empêché les marchés de réagir avec soulagement: à la Bourse de New York, l'indice Dow Jones est repassé dans le vert après une matinée en territoire négatif.

«Le marché aime ce que Bernanke a laissé échapper au sénateur Dodd», a réagi Peter Cardillo, analyste chez Avalon Partners. «C'est interprété comme la possibilité d'une baisse à venir du taux directeur de la Fed», a-t-il ajouté.

Les marchés spéculent de plus en plus sur une baisse du Fed funds lors de la prochaine réunion de la banque centrale, le 18 septembre, ou même avant. Vendredi, la Fed avait agi à l'improviste en abaissant d'un demi-point son taux d'escompte. Et pour accroître les liquidités, elle a injecté plus de 100 milliards depuis deux semaines par le biais de ses opérations de prise de pension au jour le jour — avec 3,75 milliards hier encore.

Mais ces interventions n'ont pas suffi à rassurer les marchés. Après une belle reprise vendredi, la Bourse de New York n'a que légèrement progressé lundi et la journée d'hier ne s'annonçait pas sous les meilleures auspices avant l'intervention de M. Dodd.

Signe de leur anxiété, les investisseurs s'étaient massivement repliés hier sur les valeurs refuge comme les bons du Trésor à court terme. En effet, «les inquiétudes concernant les répercussions de la bulle immobilière continuent», a affirmé Hugh Johnson, analyste chez Johnson Illington Advisors.

Chaque jour ou presque apporte une mauvaise nouvelle sur ce front: hier, une étude du site RealtyTrac estimait que les procédures de saisies de logements ont quasiment doublé en juillet aux Etats-Unis par rapport à juillet 2006. «La question est toujours: quels sont les dégâts ou quel sera l'impact de la contraction du crédit sur l'économie? La Réserve fédérale en a-t-elle fait assez pour stabiliser le marché?», a continué M. Johnson.

De son côté, le secrétaire au Trésor Henry Paulson a appelé les marchés à la patience en estimant qu'il faudrait «un certain temps» pour résorber l'ensemble des problèmes liés aux turbulences financières actuelles. «Il n'y aura pas de solution rapide pour certains des problèmes que connaissent les marchés du crédit. Mais nous allons les régler, parce que nous avons une économie qui est forte», a-t-il affirmé dans une interview à la chaîne financière CNBC.

Pour l'instant «il y a des inquiétudes sur les liquidités et des inquiétudes sur l'appréhension des risques. La Fed s'occupe des liquidités et permet aux marchés de se concentrer sur les risques, et cela prendra un certain temps mais ils vont régler le problème», a-t-il ajouté.






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