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Le taux d'escompte, un instrument désuet mais toujours efficace

18 août 2007  Actualités économiques
Washington — La banque centrale américaine (Fed) a agi hier sur son taux d'escompte, un instrument qu'elle n'utilisait pratiquement plus mais dont l'abaissement était rendu nécessaire par la contraction du crédit générale sur les marchés financiers.

Ce taux est appliqué à l'argent que la banque centrale américaine prête directement aux banques commerciales, contrairement au taux directeur au jour le jour de la Fed (le Fed funds rate) qui sert à rémunérer l'argent que les banques commerciales se prêtent entre elles.

Depuis le début des années 90, c'est le Fed funds rate qui est privilégié pour conduire la politique monétaire et il est actuellement à 5,25 %, la Fed ne l'ayant pas changé depuis juin 2006.

Avant son initiative d'hier matin, le taux d'escompte était à 6,25 % et le but de la Fed était de ramener son écart avec le Fed funds rate à moins de 50 points de base. Elle l'a donc abaissé de 50 points de base pour le ramener à 5,75 %.

Cela va permettre aux banques commerciales d'aller puiser des liquidités auprès du système fédéral de Réserve américain, composé de la banque centrale à Washington, où siège le Conseil des Gouverneurs, et de 12 banques de Réserve régionales.

Trente jours

Mais la Fed a également décidé d'étendre à 30 jours la durée pendant laquelle les banques commerciales pourront emprunter au titre de cette «fenêtre d'escompte».

«Historiquement, le taux d'escompte est fixé à un niveau pénalisant par rapport au taux directeur au jour le jour», rappelle John Silva, chef-économiste pour la banque américaine Wachovia.

«Dans la pratique, la baisse du taux d'escompte et l'annonce d'un délai de remboursement plus long pour les crédits va fournir des liquidités illimitées pour les banques ce week-end et pour le mois à venir si nécessaire», ajoute-t-il, précisant que cela revient à une baisse du taux directeur masquée.

La banque centrale américaine a également souligné que les banques commerciales pouvaient apporter en «collatéral», c'est à dire en garantie de l'argent qu'elles vont emprunter, une «large gamme» de produits financiers, «y compris des prêts hypothécaires et des actifs qui y sont liés».
 
 
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