L'évocation du mot récession fait ressentir ses effets - La tempête boursière atteint son point culminant
«Les marchés financiers devraient se remettre des soubresauts qu'ils traversent» actuellement
Photo : Agence France-Presse
À la Bourse de Hong-Kong, hier: comment s’y retrouver?
Le marché boursier nord-américain a connu une séance de volatilité extrême hier sous les appels au calme lancés par les autorités, politique et monétaire. À Toronto, le secteur des ressources naturelles a pris le relais des titres bancaires, l'évocation du mot récession faisant ressentir ses effets.
Au plus fort de la séance hier l'indice de référence de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, abandonnait près de 600 points, ou de 4,5 %. Il a finalement clôturé la séance à 12 848,70, en recul de 200,06 points ou de 1,5 %. Du coup il retombait en territoire négatif sur l'année alors qu'il y a un mois, le TSX affichait un gain de 14 % par rapport à la fin de décembre.
Le segment bancaire, particulièrement malmené depuis l'éclatement de la bulle du crédit hypothécaire à haut risque il y a un mois, a pourtant repris 1 % hier. Mais les titres de ressources naturelles, largement présents dans l'indice de référence, ont pris le relais, secoués par la probabilité plus grande associée au scénario de récession aux États-Unis. Le cours des actions dans la composante mines et métaux s'est replié de plus de 4 % hier et celui des titres aurifères, de plus de 5 %, accompagnant un plongeon de 20 $US de l'once d'or.
Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a dû intervenir hier pour tenter de calmer les investisseurs effrayés par la correction du marché immobilier aux États-Unis. «Comme je l'ai déjà indiqué, le Canada n'est pas à l'abri des fluctuations des marchés financiers mondiaux. Il est clair que certains secteurs des marchés monétaires canadiens sont soumis à des tensions.» Il a applaudi aux interventions répétées de la Banque du Canada et à l'initiative des institutions financières canadiennes d'assurer un marché ordonné pour assurer la liquidité des billets structurés adossés — particulièrement fragilisée par cette crise du «subprime». Tout en ajoutant qu'«il ne fait aucun doute que nos facteurs économiques fondamentaux sont des plus solides — cela s'applique autant à la situation financière des entreprises qu'à l'épargne des ménages — et que notre système financier demeure très bien capitalisé.»
Même constat pour Marchés mondiaux CIBC. «Les marchés financiers devraient se remettre des soubresauts qu'ils traversent actuellement, car la forte croissance de l'économie mondiale, la vigueur des données fondamentales des sociétés et, si nécessaire, des réductions du taux d'escompte des banques centrales permettront de surmonter les malheurs qui frappent le marché des prêts hypothécaires à haut risque des États-Unis», a résumé l'économiste en chef Jeff Rubin. «Exception faite des prêts hypothécaires aux États-Unis, les pressions de vente qui s'exercent maintenant sur les marchés des actions et du crédit relèvent plus de la peur que de la réalité.»
À ses yeux, le resserrement du crédit engendré par les défauts de paiement des prêts hypothécaires à haut risque aura des répercussions directes sur la récession qui frappe actuellement le secteur du logement aux États-Unis. «Cependant, l'effet de contagion restera probablement concentré là-bas. L'impact sur les coûts d'emprunt dans l'économie canadienne semble acceptable.»
Les banques centrales ont toutefois dû intervenir une nouvelle fois, hier. La Réserve fédérale américaine est de nouveau intervenue et a injecté 17 milliards de dollars supplémentaires dans le circuit monétaire pour empêcher une contraction des sources de crédit. La Banque du Japon est elle aussi intervenue hier à hauteur de 400 milliards de yens. Pour sa part, la Banque du Canada a injecté 370 millions dans le système hier, après les 350 millions de mercredi.
Balayage
Ailleurs, la tempête continuait de balayer l'ensemble des places boursières, quoique Wall Street se soit ressaisi in extremis. À son creux, le Dow Jones des 30 industrielles chutait de plus de 340 points hier pour gonfler sa perte du mois à 10 %. Il s'est repris ensuite et a terminé la séance à 12 845,78, en repli de 15,69 points. Plus large et plus représentatif, l'indice S&P 500 a clôturé en hausse de 4,56 points, à 1411,26.
Dans l'actualité, les participants ont retenu le discours du secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, qui a reconnu que la correction actuelle ne serait pas sans «pénaliser» la croissance aux États-Unis. Il s'est toutefois dit confiant que «l'économie et les marchés seront assez forts pour absorber les pertes» sans provoquer une récession. En effet, la crise actuelle se déroule «sur fond de croissance mondiale très saine avec des "fondamentaux" solides».
Auparavant, les Bourses européennes poursuivaient leur chute. Paris a ainsi terminé à son plus bas niveau depuis le début de l'année en abandonnant hier 3,3 %. La Bourse de Londres a reculé de 4,1 % pour tomber à son plus bas niveau depuis le 26 septembre dernier. Après avoir résisté ces derniers jours au pessimisme ambiant, Francfort a à son tour chuté, de 2,4 %.
Les places latino-américaines ont aussi été malmenées avec une perte de 4,7 % à Buenos Aires, de 2,6 % à Sao Paulo et de 1,2 % à Mexico. L'Asie a aussi connu une journée noire. À Tokyo, deuxième place financière mondiale, l'indice Nikkei a terminé en baisse de 2 %, Sydney, de 1,6 %, Shangai, de 2,1 % et Hong-Kong, de 3,3 %. Même si la plupart des banques d'Asie sont jugées relativement peu exposées aux mauvaises créances américaines, certains fonds d'investissement impuissants à recouvrer des prêts «subprimes» cherchent à compenser leurs pertes en vendant à tour de bras des actions en Bourse.
Le Devoir avec l'Agence France-Presse
Au plus fort de la séance hier l'indice de référence de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, abandonnait près de 600 points, ou de 4,5 %. Il a finalement clôturé la séance à 12 848,70, en recul de 200,06 points ou de 1,5 %. Du coup il retombait en territoire négatif sur l'année alors qu'il y a un mois, le TSX affichait un gain de 14 % par rapport à la fin de décembre.
Le segment bancaire, particulièrement malmené depuis l'éclatement de la bulle du crédit hypothécaire à haut risque il y a un mois, a pourtant repris 1 % hier. Mais les titres de ressources naturelles, largement présents dans l'indice de référence, ont pris le relais, secoués par la probabilité plus grande associée au scénario de récession aux États-Unis. Le cours des actions dans la composante mines et métaux s'est replié de plus de 4 % hier et celui des titres aurifères, de plus de 5 %, accompagnant un plongeon de 20 $US de l'once d'or.
Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a dû intervenir hier pour tenter de calmer les investisseurs effrayés par la correction du marché immobilier aux États-Unis. «Comme je l'ai déjà indiqué, le Canada n'est pas à l'abri des fluctuations des marchés financiers mondiaux. Il est clair que certains secteurs des marchés monétaires canadiens sont soumis à des tensions.» Il a applaudi aux interventions répétées de la Banque du Canada et à l'initiative des institutions financières canadiennes d'assurer un marché ordonné pour assurer la liquidité des billets structurés adossés — particulièrement fragilisée par cette crise du «subprime». Tout en ajoutant qu'«il ne fait aucun doute que nos facteurs économiques fondamentaux sont des plus solides — cela s'applique autant à la situation financière des entreprises qu'à l'épargne des ménages — et que notre système financier demeure très bien capitalisé.»
Même constat pour Marchés mondiaux CIBC. «Les marchés financiers devraient se remettre des soubresauts qu'ils traversent actuellement, car la forte croissance de l'économie mondiale, la vigueur des données fondamentales des sociétés et, si nécessaire, des réductions du taux d'escompte des banques centrales permettront de surmonter les malheurs qui frappent le marché des prêts hypothécaires à haut risque des États-Unis», a résumé l'économiste en chef Jeff Rubin. «Exception faite des prêts hypothécaires aux États-Unis, les pressions de vente qui s'exercent maintenant sur les marchés des actions et du crédit relèvent plus de la peur que de la réalité.»
À ses yeux, le resserrement du crédit engendré par les défauts de paiement des prêts hypothécaires à haut risque aura des répercussions directes sur la récession qui frappe actuellement le secteur du logement aux États-Unis. «Cependant, l'effet de contagion restera probablement concentré là-bas. L'impact sur les coûts d'emprunt dans l'économie canadienne semble acceptable.»
Les banques centrales ont toutefois dû intervenir une nouvelle fois, hier. La Réserve fédérale américaine est de nouveau intervenue et a injecté 17 milliards de dollars supplémentaires dans le circuit monétaire pour empêcher une contraction des sources de crédit. La Banque du Japon est elle aussi intervenue hier à hauteur de 400 milliards de yens. Pour sa part, la Banque du Canada a injecté 370 millions dans le système hier, après les 350 millions de mercredi.
Balayage
Ailleurs, la tempête continuait de balayer l'ensemble des places boursières, quoique Wall Street se soit ressaisi in extremis. À son creux, le Dow Jones des 30 industrielles chutait de plus de 340 points hier pour gonfler sa perte du mois à 10 %. Il s'est repris ensuite et a terminé la séance à 12 845,78, en repli de 15,69 points. Plus large et plus représentatif, l'indice S&P 500 a clôturé en hausse de 4,56 points, à 1411,26.
Dans l'actualité, les participants ont retenu le discours du secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, qui a reconnu que la correction actuelle ne serait pas sans «pénaliser» la croissance aux États-Unis. Il s'est toutefois dit confiant que «l'économie et les marchés seront assez forts pour absorber les pertes» sans provoquer une récession. En effet, la crise actuelle se déroule «sur fond de croissance mondiale très saine avec des "fondamentaux" solides».
Auparavant, les Bourses européennes poursuivaient leur chute. Paris a ainsi terminé à son plus bas niveau depuis le début de l'année en abandonnant hier 3,3 %. La Bourse de Londres a reculé de 4,1 % pour tomber à son plus bas niveau depuis le 26 septembre dernier. Après avoir résisté ces derniers jours au pessimisme ambiant, Francfort a à son tour chuté, de 2,4 %.
Les places latino-américaines ont aussi été malmenées avec une perte de 4,7 % à Buenos Aires, de 2,6 % à Sao Paulo et de 1,2 % à Mexico. L'Asie a aussi connu une journée noire. À Tokyo, deuxième place financière mondiale, l'indice Nikkei a terminé en baisse de 2 %, Sydney, de 1,6 %, Shangai, de 2,1 % et Hong-Kong, de 3,3 %. Même si la plupart des banques d'Asie sont jugées relativement peu exposées aux mauvaises créances américaines, certains fonds d'investissement impuissants à recouvrer des prêts «subprimes» cherchent à compenser leurs pertes en vendant à tour de bras des actions en Bourse.
Le Devoir avec l'Agence France-Presse
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