«Un impact sur l'économie réelle»
14 août 2007
Actualités économiques
Paris — Coup de tabac passager ou onde de choc avec des répercussions sur la confiance des investisseurs et des ménages, sur les résultats des banques, la consommation: les économistes s'interrogent sur l'impact dans l'économie réelle de la tourmente boursière.
Pour Mathilde Lemoine, chef économiste de la banque britannique HSBC, il ne fait «aucune doute qu'il y aura un impact sur l'économie réelle». La crise des prêts subprime a déjà provoqué un ralentissement aux États-Unis. Le Fonds monétaire international, tout en relevant ses prévisions de croissance mondiale, a revu en baisse fin juillet ses anticipations pour les États-Unis à 2 % pour 2007 contre 2,2 % auparavant.
Le repli des prix immobiliers au premier trimestre s'est traduit par une baisse de la richesse patrimoniale des ménages américains, affectant leur capacité d'endettement.
L'impact sur la consommaton est jusqu'alors resté limité car, souligne Mathilde Lemoine, la baisse de «richesse» était compensée par de forts revenus boursiers. La crise boursière des dernières semaines pourrait donc aggraver la perte de richesse des ménages et freiner plus fortement la consommation américaine.
Dans la zone euro, les conséquences de la crise immobilière américaine sont plus limitées car les ménages européens font beaucoup moins appel au refinancement hypothécaire pour financer leur consommation.
Le véritable risque, souligne Mathilde Lemoine, serait qu'un regain de frilosité des banques et des investisseurs provoque une contraction du crédit durable et un resserrement des conditions d'emprunt pour les entreprises. Ce qui entraînerait un ralentissement généralisé de l'activité des entreprises, particulièrement dans le secteur financier, avec une baisse des opérations très lucratives d'achat par endettement (LBO) dans le capital investissement, et un ralentissement dans la construction, secteur qui a tiré la croissance française et espagnole ces dernières années.
Son analyse est partagée par Thierry Breton, ancien ministre français de l'Économie et aujourd'hui professeur à l'université américaine de Harvard. «Les conditions des emprunts immobiliers risquent de se durcir, les prêts commerciaux promotionnels à taux zéro qui se pratiquaient lorsqu'on achetait une télévision ou un appareil électroménager risquent de disparaître», avertit-il.
Christian de Boissieu, professeur à Paris I La Sorbonne, est plus optimiste. Il souligne que la crise ne semble pas pour le moment freiner la croissance très dynamique en Asie et en Amérique latine, et que les bénéfices des entreprises restent confortables. D'après lui, les conséquences économiques de la crise financière seront limitées si elle ne se prolonge pas, et si aucune grande banque internationale n'annonce de faillite.
Le fait que pendant quelques jours il y a eu un assèchement des liquidités sur le marché interbancaire «n'a aucune importance», tout comme le fait que «certains achats sont différés d'un mois ou deux», renchérit Charles Wyplosz, professeur à l'Institut des hautes études internationales de Genève. «On avait vécu pendant plusieurs années avec l'impression que cette croissance merveilleuse allait durer. Nous assistons donc à une normalisation du risque» ajoute-t-il.
«Le problème, c'est qu'on risque aller trop loin», poursuit-il. Et si le marché du crédit se contracte trop, les banques centrales devront «remettre à plat leurs politiques monétaires», poursuit-il.
M. de Boissieu affirme également que les banques centrales ne pourront pas indéfiniment injecter de l'argent dans le circuit monétaire et que si la crise se prolonge, elles devront assouplir leur politique de taux.
Pour Mathilde Lemoine, chef économiste de la banque britannique HSBC, il ne fait «aucune doute qu'il y aura un impact sur l'économie réelle». La crise des prêts subprime a déjà provoqué un ralentissement aux États-Unis. Le Fonds monétaire international, tout en relevant ses prévisions de croissance mondiale, a revu en baisse fin juillet ses anticipations pour les États-Unis à 2 % pour 2007 contre 2,2 % auparavant.
Le repli des prix immobiliers au premier trimestre s'est traduit par une baisse de la richesse patrimoniale des ménages américains, affectant leur capacité d'endettement.
L'impact sur la consommaton est jusqu'alors resté limité car, souligne Mathilde Lemoine, la baisse de «richesse» était compensée par de forts revenus boursiers. La crise boursière des dernières semaines pourrait donc aggraver la perte de richesse des ménages et freiner plus fortement la consommation américaine.
Dans la zone euro, les conséquences de la crise immobilière américaine sont plus limitées car les ménages européens font beaucoup moins appel au refinancement hypothécaire pour financer leur consommation.
Le véritable risque, souligne Mathilde Lemoine, serait qu'un regain de frilosité des banques et des investisseurs provoque une contraction du crédit durable et un resserrement des conditions d'emprunt pour les entreprises. Ce qui entraînerait un ralentissement généralisé de l'activité des entreprises, particulièrement dans le secteur financier, avec une baisse des opérations très lucratives d'achat par endettement (LBO) dans le capital investissement, et un ralentissement dans la construction, secteur qui a tiré la croissance française et espagnole ces dernières années.
Son analyse est partagée par Thierry Breton, ancien ministre français de l'Économie et aujourd'hui professeur à l'université américaine de Harvard. «Les conditions des emprunts immobiliers risquent de se durcir, les prêts commerciaux promotionnels à taux zéro qui se pratiquaient lorsqu'on achetait une télévision ou un appareil électroménager risquent de disparaître», avertit-il.
Christian de Boissieu, professeur à Paris I La Sorbonne, est plus optimiste. Il souligne que la crise ne semble pas pour le moment freiner la croissance très dynamique en Asie et en Amérique latine, et que les bénéfices des entreprises restent confortables. D'après lui, les conséquences économiques de la crise financière seront limitées si elle ne se prolonge pas, et si aucune grande banque internationale n'annonce de faillite.
Le fait que pendant quelques jours il y a eu un assèchement des liquidités sur le marché interbancaire «n'a aucune importance», tout comme le fait que «certains achats sont différés d'un mois ou deux», renchérit Charles Wyplosz, professeur à l'Institut des hautes études internationales de Genève. «On avait vécu pendant plusieurs années avec l'impression que cette croissance merveilleuse allait durer. Nous assistons donc à une normalisation du risque» ajoute-t-il.
«Le problème, c'est qu'on risque aller trop loin», poursuit-il. Et si le marché du crédit se contracte trop, les banques centrales devront «remettre à plat leurs politiques monétaires», poursuit-il.
M. de Boissieu affirme également que les banques centrales ne pourront pas indéfiniment injecter de l'argent dans le circuit monétaire et que si la crise se prolonge, elles devront assouplir leur politique de taux.
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