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La finance américaine en plein vent

14 août 2007  Actualités économiques
New York — Prise dans la tourmente de la crise des prêts immobiliers à risques, la finance américaine essaie de rester optimiste sur l'ampleur limitée de ces perturbations, même si de plus en plus d'institutions financières concèdent que certains placements ont considérablement fondu.

Wall Street a débuté la semaine avec un nouveau lot d'informations sur le sujet. La prestigieuse banque d'affaires Goldman Sachs a annoncé hier avoir renfloué l'un de ses fonds d'investissements à hauteur de trois milliards de dollars.

Elle va aussi réduire plus globalement son exposition au risque, après avoir reconnu que deux de ses fonds, GEO et Global Alpha avaient été affectés par «les perturbations significatives» récentes des marchés financiers.

Ces deux fonds, dont les placements reposent sur des prévisions faites à partir de modèles mathématiques, ne sont pas dépendants du marché du crédit.

Mais la banque d'affaires a admis que «de nombreux fonds utilisant de genre de stratégie sont actuellement sous pression», évoquant «un boom de la volatilité» et «des corrélations accrues» entre les différents produits financiers.

Néanmoins, Goldman Sachs, qui réalise plus de neuf milliards de dollars de bénéfices annuels, a laissé entendre que son apport était suffisant pour contrebalancer les pertes de ces fonds - environ -30 % de la valeur depuis le début de l'année, dont l'essentiel ces toutes dernières semaines.

De son côté, le premier groupe bancaire mondial Citigroup aurait perdu 700 millions de dollars ces dernières semaines via ses placements dans des produits financiers dérivés de crédits, selon des sources proches du dossier citées le week-end dernier par le quotidien Financial Times. Cette perte est non négligeable mais est finalement très modeste en regard des plus de 21 milliards de bénéfices annuels de Citigroup.

Ces éléments sur deux des plus grands noms de la finance américaine sont inédits: La plupart des grands établissements bancaires américains étaient restés muets depuis que la crise des prêts immobiliers à risques, dits subprime, s'est étendue au marché du crédit dans son ensemble — gelant même temporairement des rachats de sociétés en raison de la difficulté à lever les financements sur le marché.

Ils surviennent également à un moment où le régulateur boursier SEC épluche les comptes des principales banques américaines pour mesurer l'impact réel des difficultés du marché du crédit.

L'initiative de Goldman Sachs été d'autant plus saluée par les marchés — l'action évoluait dans le vert après cette annonce — que la maison de courtage Bear Stearns a été moins chanceuse ces dernières semaines. Cette dernière a en effet dû reconnaître que deux de ses fonds étaient devenus des coquilles vides à la suite du fort repli du marché du crédit, et faute pour elle d'avoir pu injecter les sommes nécessaires pour refinancer ces entités.

L'infortune de Bear Stearns avait ensuite précipité les mauvaises nouvelles, dont la mise en faillite d'American Home Mortgage Investment (crédit hypothécaire) et de sévères avertissements sur résultats des concurrents Countrywide Financial et Washington Mutual.

L'une des principales banques françaises, BNP-Paribas, a aussi gelé trois fonds opérant aux États-Unis.

Peter O'Hare, analyste du site financier Briefing.com, jugeait hier l'intervention de Goldman Sachs «apaisante» pour les marchés, car la banque «a répliqué» les injections de liquidités sur les marchés de capitaux opérés par plusieurs banques centrales — dont la Fed américaine — ces derniers jours.

Plusieurs analystes, à l'instar de ceux de Standard and Poor's, parient d'autre part sur les limites de la crise du crédit, voyant surtout «une correction» du marché à court terme. Les grands acteurs de Wall Street, Morgan Stanley, Goldman Sachs et Merrill Lynch en tête «se sont déjà préparés à un environnement volatil» et ont réduit leur exposition au risque, juge Standard and Poor's.
 
 
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