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Les Bourses dérapent

La tension était palpable hier sur le parquet de la Bourse de New York.
Photo : Agence France-Presse
La tension était palpable hier sur le parquet de la Bourse de New York.
Les marchés boursiers sont si nerveux qu'il a suffi d'une mauvaise nouvelle en provenance de Paris hier pour que la locomotive de Wall Street perde de nouveau le contrôle et donne à ses passagers un seul objectif: sortir à tout prix. Dans la panique, le Dow Jones a perdu 390 points, ou près de 3 %. Parallèlement, la Bourse de Toronto s'est délestée de 280 points, ou 2 %, comme la plupart des marchés européens.

Ayant pendant quelques jours oublié les inquiétudes découlant du marché hypothécaire américain, qui montre des signes de faiblesse en raison des taux de défaillance, les grandes places boursières se sont réveillées hier matin au son des nouvelles financières françaises. Elles n'étaient pas rassurantes. Elles étaient liées, encore, au toussotement des hypothèques risquées en sol américain, les célèbres subprimes.

Dose de pessimisme

BNP Paribas, une des grandes banques européennes, venait de geler trois fonds après que le niveau d'activité les entourant fut devenu si faible qu'elle n'arrivait plus à calculer précisément leur valeur. Évalués à deux milliards d'euros il y a deux semaines, les fonds, qui contenaient notamment des titres liés aux hypothèques risquées, se situaient autour de 1,6 milliard d'euros hier, a estimé BNP.

Dans l'ensemble, le Dow Jones a perdu 5 % depuis la mi-juillet et le TSX, 7,7 %. L'annonce d'hier a eu pour effet d'injecter une bonne dose de pessimisme dans le secteur bancaire, tant aux États-Unis qu'au Canada, puisque bon nombre d'établissements ont investi dans des fonds qui s'appuient notamment sur des créances hypothécaires. Plusieurs banques, des deux côtés de la frontière, reculaient de 3 %, de 4 %, voire de 5 %.

La fin du crédit facile

Au coeur des soucis figure la santé du «marché du crédit». Depuis plusieurs années, le crédit est une porte ouverte: la faiblesse des taux d'intérêt a fait en sorte qu'il était très facile, pour les consommateurs et les entreprises, d'emprunter de l'argent pour dépenser ou acquérir d'autres sociétés. L'achat d'une maison peu importe le prix par des gens qui n'en avaient pas les moyens, l'achat de téléviseurs énormes, les renouvellements d'hypothèque avec création de marge de crédit, les fusions de compagnies, les acquisitions, etc.

L'engrenage ne s'arrête pas là. Car ces hypothèques risquées (les subprime), prêts, obligations et autres sortes d'emprunts ont été regroupés puis emballés dans des fonds d'investissement destinés à une chose: générer des rendements. Or, puisque les hypothèques à risque font défaut, les fonds dans lesquels on les a intégrés se dégonflent les uns après les autres. Face au dégonflement, l'intérêt des investisseurs pour ces produits s'est dissipé. Et c'est justement ce genre de fonds que BNP Paribas a gelé hier.

«La disparition de toute transaction sur certains segments du marché de la titrisation aux États-Unis conduit à une absence de prix de référence et à une illiquidité quasi totale des actifs figurant dans les portefeuilles des fonds quelle que soit leur qualité», a écrit BNP. Autrement dit, plus personne ne rôde dans les parages. Et la banque, craintive, ne rembourse plus les investisseurs qui continuent de vouloir reprendre leurs billes.

La BCE, la Fed et la Banque du Canada

Préoccupée par le spectre d'un problème de liquidités à grande échelle, la Banque centrale européenne (BCE) est rapidement entrée en scène. Elle a annoncé hier une injection de 95 milliards d'euros (137 milliards $CAN) dans le système financier. Jamais depuis la semaine du 11 septembre 2001 elle n'avait soufflé autant d'argent de cette manière.

Selon le Wall Street Journal, la Réserve fédérale américaine a fait la même chose, quoique de manière plus réservée. La Fed aurait ainsi injecté 12 milliards $US dans le système américain après avoir discuté avec la BCE pendant la nuit de mercredi à hier.

Même la Banque du Canada était aux aguets. «Compte tenu des conditions actuelles du marché, la Banque du Canada tient à assurer [...] qu'elle fournira des liquidités pour soutenir la stabilité du système financier et le fonctionnement continu des marchés, a-t-elle écrit. Les activités à cet égard relèvent des responsabilités normales. La banque suit de près l'évolution de la situation et prendra les mesures appropriées selon les circonstances.»

Le hoquet des fonds de BNP, qui ne représentent qu'une goutte d'eau dans les 350 milliards d'euros que contiennent tous les fonds de la banque, suit de près les problèmes de deux fonds chez Bear Stearns. La firme d'investissement de Wall Street a avoué le mois dernier que les fonds en question avaient fait de mauvais paris, notamment sur des obligations liées à des hypothèques à haut risque. Assaillie par des appels de marge de la part des banques et par les demandes de rachat venant des investisseurs, Bear Stearns a fini par dire que les deux fonds ne valaient presque rien. D'autres institutions ont révélé des pertes.

Les hypothèques subprime sont celles que les prêteurs ont offertes à des clients au dossier peu reluisant qui voulaient à tout prix acheter une maison ou refinancer leur ancienne hypothèque. Elles sont complexes et coûtent cher. Selon de récentes données, 13 % de tous les prêts hypothécaires sont des subprime, comparativement à 2 % il y a sept ans.

Or la réalité a rattrapé le rêve. Résultat: les taux de défaillance se sont mis à grimper, et les prêteurs se sont mis à tomber. Jusqu'ici, une quarantaine de sociétés spécialisées dans cette pratique ont déclaré forfait. Les analystes craignent que les problèmes dans ce créneau ne fassent paniquer l'ensemble des prêteurs, dont le resserrement des critères de prêt causerait de sérieux maux de tête pour l'économie dans son ensemble.

Vive réaction

À force d'entendre parler des problèmes hypothécaires qui ne semblent pas se dissiper, les nerfs de Wall Street sont à fleur de peau. «On en sait tellement peu sur les établissements qui sont exposés aux hypothèques "subprime" que, chaque fois qu'il y a une annonce, le marché réagit vivement», a dit Owen Fitzpatrick, analyste de la Deutsche Bank.

Et au lieu d'apaiser les marchés, l'intervention de la BCE «a en fait accru la crainte que les choses soient pires qu'on ne l'imaginait», a expliqué Michael Malone, analyste de Cowen & Co. «Particulièrement après que la Fed a affirmé mardi qu'il n'y avait pas réellement à craindre que la situation sur le marché du crédit pèse sur la croissance économique américaine», a-t-il dit.

S'exprimant auprès de l'agence d'informations financières Bloomberg, un courtier estimait hier que le pire est à venir. «Beaucoup de banques n'ont pas encore levé le rideau», a dit Billy Groeneveld, de la firme vFinance, en Floride.

Les investisseurs, donc, cherchaient la porte de sortie. À Wall Street, l'indice des 30 grandes compagnies industrielles du Dow Jones a perdu 387 points à 13 271 (- 2,8 %). Le Nasdaq, composé surtout de titres du secteur technologique, a reculé de 56 points à 2556 (- 2,2 %). Quant au S&P 500, qui ratisse large et fait figure de baromètre plus fiable, il a laissé filer 44 points à 1453 (- 3 %).

La plus grosse banque américaine, Citigroup, a plongé de 5,2 %, ou 2,59 $US, à 46,90 $US. JP Morgan Chase a reculé de 5 % et Bank of America a laissé filer 2,7 %.

La Bourse de Toronto a elle aussi été emportée par le vent de panique. Elle a reculé de 280 points à 13 478 (- 2 %). Parmi les secteurs lourdement frappés, celui des services financiers a perdu 2,7 %. Les banques ont toutes encaissé des pertes de 3 % ou 4 %, à l'exception de la Banque Nationale qui a réussi à limiter les siennes à 2 %.

Le secteur des métaux diversifiés, de son côté, a plongé de 5 % alors que celui des matériaux, repère des papetières et des sociétés aurifères, a chuté de 3 %.






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  • Sylvain Racine
    Abonné
    vendredi 10 août 2007 08h09
    Cher amis états-uniens...
    « Le Canada, avec son pétrole, son eau, ses ressources naturelles vont sauver le système bancaire actuel. Comment? Simple, c'est le plan B des néo-cons. Sans une autre guerre, (Iran par exemple) le système financier, en premier lieu américain, et secundo mondial, (joints de toute façon) sont simplement "finito et caput".

    Bientôt, c'est le peso mexicain et le dollars canadien, la main-d'oeuvre mexicaine et les ressources naturelles du Canada, qui vont éponger les dollars $$$US inexistants, fictifs des dernières 30 années de néo-impérialisme. N'importe lequel économiste qui n'est pas soumis au discours de droite et à la politique néo-impériale vont m'appuyer.

    Alors, Québécois, non, pas Québécois, Canadiens!!! Non. Cher amis états-uniens, bonne chance. Surtout, à ceux et celles ayant des hypothèques, des télés plasmas, des meubles, des voitures, des chalets à crédit, je n'aimerais pas être à votre place. "1929" est à côté de votre journal sur le balcon. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 10 août 2007 09h05
    L'économie entre de bonnes mains ?
    « Clémenceau (un président français d'antan) a dit en substance que la guerre était une affaire trop sérieuse pour la laisser entre les mains des militaires. Il en est de même de l'économie. Elle affecte trop la vie de tout le monde, parfois dramatiquement, pour la laisser entre les mains des financiers. Mais trop tard, les gouvernements ont déjà été achetés.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 10 août 2007 09h45
    M. Sylvain Racine peut avoir raison mais...
    « Il peut y avoir une autre alternative : Les Américains envahissent le Canada et les États-Unis, après un léger bombardement, en font quelques états supplémentaires à unir à eux ce qui leur assure la main-d'oeuvre, pas chère, du sud et l'eau et le pétrole, par chers, du nord.

    Si les fusions, c'est bon pour les municipalités, ça devait être bon pour les pays. On pourrait utiliser l'argent et les passeports américains, voter contre le prochain Bush et ne plus avoir de postes-frontières jusqu'au sud du Mexique. Wow ! »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 10 août 2007 20h20
    L'américain
    « Monsieur Bousquet est un américain dans le sens du parfait colonisé qui se voit déjà faisant parti des États-Unis, même ruinés! Pas surprenant qu'il ne fasse pas la différence entre un canadien, un états-uniens et un québécois. Que c'est dure de faire avaler la désignation d'états-uniens pour nos voisins du sud, trop impérialistes pour s'êtrent donnés un nom propre à leur nation. Qu'attendent nos médias pour s'entendrent sur la dénomination d'états-uniens pour désigner nos voisins du sud afin de les inciter à se désigner autrement que par le nom de notre continent? Pour en venir à l'incompétence de nos voisins, souhaitons que nos fonds communs sautont naviguer pour ne pas voir la valeur de nos REER dégringoler.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Sylvain Racine
    Abonné
    dimanche 12 août 2007 13h37
    Cher amis états-uniens...
    « Le Canada, avec son pétrole, son eau, ses ressources naturelles vont sauver le système bancaire actuel. Comment? Simple, c'est le plan B des néo-cons. Sans une autre guerre, (Iran par exemple) le système financier, en premier lieu américain, et secundo mondial, (joints de toute façon) sont simplement "finito et caput".

    Bientôt, c'est le peso mexicain et le dollars canadien, la main-d'oeuvre mexicaine et les ressources naturelles du Canada, qui vont éponger les dollars $$$US inexistants, fictifs des dernières 30 années de néo-impérialisme. N'importe lequel économiste qui n'est pas soumis au discours de droite et à la politique néo-impériale vont m'appuyer.

    Alors, Québécois, non, pas Québécois, Canadiens!!! Non. Cher amis états-uniens, bonne chance. Surtout, à ceux et celles ayant des hypothèques, des télés plasmas, des meubles, des voitures, des chalets à crédit, je n'aimerais pas être à votre place. "1929" est à côté de votre journal sur le balcon. »

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