La contagion
Depuis trois semaines, les marchés financiers traduisent en chiffres la nervosité des gestionnaires, l'incertitude des courtiers. Cette évolution en dents de scie est attribuable à la défaillance des subprime, soit ces hypothèques si risquées que beaucoup les qualifient, à juste titre, d'hypothèques exotiques. Et voilà que ce que l'on craignait s'est produit hier matin. Quoi donc? La contagion à une autre sphère de l'activité immobilière.
Jusqu'à présent, une quarantaine de sociétés proposant des subprime ont déclaré faillite dont un des mastodontes du secteur, soit New Century Financial. On insiste: la crise était contenue à l'espace qu'occupaient les vendeurs de subprime et certains de leurs créanciers sur l'échiquier financier. Ce n'est plus le cas. En annonçant tôt hier matin qu'elle s'était placée sous la protection de la loi sur les faillites, American Home Mortgage signalait de facto que le marché des hypothèques «alternatives», soit celles proposées aux individus qui disposent de moyens supérieurs aux consommateurs de subprime mais jugés insuffisants par les pourvoyeurs d'hypothèques traditionnelles, avait contracté le virus qui effraie tant les places boursières du monde.
Le déclin de cette entreprise inquiète d'autant plus que, parmi ses créanciers, on retrouve des mastodontes de Wall Street et certains géants européens, JP Morgan Chase, Bank of America, Deutsche Bank et Countrywide Financial. Effet immédiat de l'annonce, le titre de cette dernière institution a passablement écopé. On l'aura compris, la déchéance d'American Home va plomber les livres de ses prêteurs.
Le pire, c'est que le pire est à venir. Selon une étude de Crédit Suisse le volume d'hypothèques appelées à être renouvelées au cours des prochains mois, parce qu'arrivées à échéance, va atteindre un niveau record. Le sommet des sommets? 50 milliards en octobre prochain après quoi on estime que le volume descendra à 30 milliards par mois jusqu'en octobre 2008. Pour faire court, mentionnons que le total des hypothèques exotiques destinées à être renégociées d'ici l'automne 2008 avoisinera 1000 milliards de dollars US. Fait à noter, avant l'introduction des subprime, au milieu de la décennie, l'activité de renouvellement était bien en dessous des 10 milliards
par mois.
Bien évidemment, pour négocier en aval leurs véhicules financiers, ces sociétés ont contracté des emprunts en amont auprès des banques, fonds d'investissement et autres. Et alors? Certains de ces derniers sont d'ores et déjà confrontés à cette cascade de défaillances. On pense notamment à la réputée banque d'affaires Bear Stearns de New York qui confirmait pas plus tard qu'hier que son numéro deux avait été renvoyé. La raison? Il était le responsable direct des deux fonds de couverture non réglementés ou hedge funds au sein desquels avaient été rassemblés tous les produits financiers utilisés pour prêter aux émetteurs de subprime. En juin dernier, ces fonds ont fait... pschiitt!
Aujourd'hui, le nombre d'unités résidentielles devant lesquelles on a planté la pancarte À vendre est à son plus haut niveau depuis 1992, soit au terme de la dernière... récession immobilière! L'inventaire des invendus est en fait si imposant en volume qu'il va avoir pour conséquence, selon les experts du secteur, une dépréciation de la valeur des maisons qui, elle, se traduira par une hausse des faillites personnelles. En effet, au cours des dernières années, on a constaté que le consommateur ne craignait pas s'exposer à une pression financière
prononcée en achetant une maison plus chère que ne le permettait son profil financier. Son pari? La revendre au bout de deux ou trois ans maximum à un prix passablement plus élevé qu'à l'acquisition. Comme quoi le consommateur n'a pas encore médité ce bon mot de John Pierpont Morgan, le fondateur de la banque du même nom, qui enseigne que «tout ce qui monte redescend et ce qui redescend ne remonte pas nécessairement».
Pour l'instant, la crise attribuable au subprime n'a pas eu d'échos notables de ce côté-ci de la frontière. Il y a bien cette analyse de la Banque Royale qui stipule que sa rivale CIBC serait exposée pour 50 à 100 millions de dollars sur le front des subprime, mais bon... Il est écrit dans le ciel que l'on n'y échappera pas. Quand, comment et à quelle ampleur? Seul Merlin pourrait y répondre.
Jusqu'à présent, une quarantaine de sociétés proposant des subprime ont déclaré faillite dont un des mastodontes du secteur, soit New Century Financial. On insiste: la crise était contenue à l'espace qu'occupaient les vendeurs de subprime et certains de leurs créanciers sur l'échiquier financier. Ce n'est plus le cas. En annonçant tôt hier matin qu'elle s'était placée sous la protection de la loi sur les faillites, American Home Mortgage signalait de facto que le marché des hypothèques «alternatives», soit celles proposées aux individus qui disposent de moyens supérieurs aux consommateurs de subprime mais jugés insuffisants par les pourvoyeurs d'hypothèques traditionnelles, avait contracté le virus qui effraie tant les places boursières du monde.
Le déclin de cette entreprise inquiète d'autant plus que, parmi ses créanciers, on retrouve des mastodontes de Wall Street et certains géants européens, JP Morgan Chase, Bank of America, Deutsche Bank et Countrywide Financial. Effet immédiat de l'annonce, le titre de cette dernière institution a passablement écopé. On l'aura compris, la déchéance d'American Home va plomber les livres de ses prêteurs.
Le pire, c'est que le pire est à venir. Selon une étude de Crédit Suisse le volume d'hypothèques appelées à être renouvelées au cours des prochains mois, parce qu'arrivées à échéance, va atteindre un niveau record. Le sommet des sommets? 50 milliards en octobre prochain après quoi on estime que le volume descendra à 30 milliards par mois jusqu'en octobre 2008. Pour faire court, mentionnons que le total des hypothèques exotiques destinées à être renégociées d'ici l'automne 2008 avoisinera 1000 milliards de dollars US. Fait à noter, avant l'introduction des subprime, au milieu de la décennie, l'activité de renouvellement était bien en dessous des 10 milliards
par mois.
Bien évidemment, pour négocier en aval leurs véhicules financiers, ces sociétés ont contracté des emprunts en amont auprès des banques, fonds d'investissement et autres. Et alors? Certains de ces derniers sont d'ores et déjà confrontés à cette cascade de défaillances. On pense notamment à la réputée banque d'affaires Bear Stearns de New York qui confirmait pas plus tard qu'hier que son numéro deux avait été renvoyé. La raison? Il était le responsable direct des deux fonds de couverture non réglementés ou hedge funds au sein desquels avaient été rassemblés tous les produits financiers utilisés pour prêter aux émetteurs de subprime. En juin dernier, ces fonds ont fait... pschiitt!
Aujourd'hui, le nombre d'unités résidentielles devant lesquelles on a planté la pancarte À vendre est à son plus haut niveau depuis 1992, soit au terme de la dernière... récession immobilière! L'inventaire des invendus est en fait si imposant en volume qu'il va avoir pour conséquence, selon les experts du secteur, une dépréciation de la valeur des maisons qui, elle, se traduira par une hausse des faillites personnelles. En effet, au cours des dernières années, on a constaté que le consommateur ne craignait pas s'exposer à une pression financière
prononcée en achetant une maison plus chère que ne le permettait son profil financier. Son pari? La revendre au bout de deux ou trois ans maximum à un prix passablement plus élevé qu'à l'acquisition. Comme quoi le consommateur n'a pas encore médité ce bon mot de John Pierpont Morgan, le fondateur de la banque du même nom, qui enseigne que «tout ce qui monte redescend et ce qui redescend ne remonte pas nécessairement».
Pour l'instant, la crise attribuable au subprime n'a pas eu d'échos notables de ce côté-ci de la frontière. Il y a bien cette analyse de la Banque Royale qui stipule que sa rivale CIBC serait exposée pour 50 à 100 millions de dollars sur le front des subprime, mais bon... Il est écrit dans le ciel que l'on n'y échappera pas. Quand, comment et à quelle ampleur? Seul Merlin pourrait y répondre.
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