vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 21h28
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La contagion

Depuis trois semaines, les marchés financiers traduisent en chiffres la nervosité des gestionnaires, l'incertitude des courtiers. Cette évolution en dents de scie est attribuable à la défaillance des subprime, soit ces hypothèques si risquées que beaucoup les qualifient, à juste titre, d'hypothèques exotiques. Et voilà que ce que l'on craignait s'est produit hier matin. Quoi donc? La contagion à une autre sphère de l'activité immobilière.

Jusqu'à présent, une quarantaine de sociétés proposant des subprime ont déclaré faillite dont un des mastodontes du secteur, soit New Century Financial. On insiste: la crise était contenue à l'espace qu'occupaient les vendeurs de subprime et certains de leurs créanciers sur l'échiquier financier. Ce n'est plus le cas. En annonçant tôt hier matin qu'elle s'était placée sous la protection de la loi sur les faillites, American Home Mortgage signalait de facto que le marché des hypothèques «alternatives», soit celles proposées aux individus qui disposent de moyens supérieurs aux consommateurs de subprime mais jugés insuffisants par les pourvoyeurs d'hypothèques traditionnelles, avait contracté le virus qui effraie tant les places boursières du monde.

Le déclin de cette entreprise inquiète d'autant plus que, parmi ses créanciers, on retrouve des mastodontes de Wall Street et certains géants européens, JP Morgan Chase, Bank of America, Deutsche Bank et Countrywide Financial. Effet immédiat de l'annonce, le titre de cette dernière institution a passablement écopé. On l'aura compris, la déchéance d'American Home va plomber les livres de ses prêteurs.

Le pire, c'est que le pire est à venir. Selon une étude de Crédit Suisse le volume d'hypothèques appelées à être renouvelées au cours des prochains mois, parce qu'arrivées à échéance, va atteindre un niveau record. Le sommet des sommets? 50 milliards en octobre prochain après quoi on estime que le volume descendra à 30 milliards par mois jusqu'en octobre 2008. Pour faire court, mentionnons que le total des hypothèques exotiques destinées à être renégociées d'ici l'automne 2008 avoisinera 1000 milliards de dollars US. Fait à noter, avant l'introduction des subprime, au milieu de la décennie, l'activité de renouvellement était bien en dessous des 10 milliards

par mois.

Bien évidemment, pour négocier en aval leurs véhicules financiers, ces sociétés ont contracté des emprunts en amont auprès des banques, fonds d'investissement et autres. Et alors? Certains de ces derniers sont d'ores et déjà confrontés à cette cascade de défaillances. On pense notamment à la réputée banque d'affaires Bear Stearns de New York qui confirmait pas plus tard qu'hier que son numéro deux avait été renvoyé. La raison? Il était le responsable direct des deux fonds de couverture non réglementés ou hedge funds au sein desquels avaient été rassemblés tous les produits financiers utilisés pour prêter aux émetteurs de subprime. En juin dernier, ces fonds ont fait... pschiitt!

Aujourd'hui, le nombre d'unités résidentielles devant lesquelles on a planté la pancarte À vendre est à son plus haut niveau depuis 1992, soit au terme de la dernière... récession immobilière! L'inventaire des invendus est en fait si imposant en volume qu'il va avoir pour conséquence, selon les experts du secteur, une dépréciation de la valeur des maisons qui, elle, se traduira par une hausse des faillites personnelles. En effet, au cours des dernières années, on a constaté que le consommateur ne craignait pas s'exposer à une pression financière

prononcée en achetant une maison plus chère que ne le permettait son profil financier. Son pari? La revendre au bout de deux ou trois ans maximum à un prix passablement plus élevé qu'à l'acquisition. Comme quoi le consommateur n'a pas encore médité ce bon mot de John Pierpont Morgan, le fondateur de la banque du même nom, qui enseigne que «tout ce qui monte redescend et ce qui redescend ne remonte pas nécessairement».

Pour l'instant, la crise attribuable au subprime n'a pas eu d'échos notables de ce côté-ci de la frontière. Il y a bien cette analyse de la Banque Royale qui stipule que sa rivale CIBC serait exposée pour 50 à 100 millions de dollars sur le front des subprime, mais bon... Il est écrit dans le ciel que l'on n'y échappera pas. Quand, comment et à quelle ampleur? Seul Merlin pourrait y répondre.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • gaetan giguere - Inscrit
    7 août 2007 09 h 37
    Cycle immobilier
    Depuis la récession de 1981 le marché immobilier a montée jusqu'en 1990 puis il a descendu jusqu'en 1997 et remontée jusqu'en 2007.En ce qui a trait à la dernière monté,certains segments du marché avait déjà plafonnés dès 2004.

    Ce plafonnement coincidait avec le creux des taux hypothécaires atteint vers mai 2004.

    Le marché immobilier de 2004-2005 a connu la même effervescence que 1988-1990.Ces deux bulles immobilières ont été marqués par une euphorie sur les marchés tout le monde disait que les prix n'arrêterait jamais de monter.Erreur les marchés subissent des corrections.

    Le Canada n'y échappera pas la corection mondiale est commencé les État-Unis,l'Angleterre,l'Espagne et l'Allemagne ont débuttés leur correction.Les dixaines de millions de bébé boomer qui prennent leur retraite conjugué à la hausse des taux d'intérets n'augure rien de bon pour le marché immobilier. Cette correction dans les marchés pourraient facilement duré de 7 à 10 ans.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012