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Vente de Dow Jones à Murdoch: les Bancroft font durer le suspense

31 juillet 2007  Actualités économiques
L’offre de M. Murdoch sur le groupe Dow Jones est généreuse: avec un prix de 60 $US par action, elle représente une prime de 65  % sur le cours en Bourse de Dow Jones avant l’annonce (36,33 $US), le 1er mai.
Photo : Agence France-Presse
L’offre de M. Murdoch sur le groupe Dow Jones est généreuse: avec un prix de 60 $US par action, elle représente une prime de 65 % sur le cours en Bourse de Dow Jones avant l’annonce (36,33 $US), le 1er mai.
New York — L'incertitude planait toujours à Wall Street hier alors que le groupe de médias Dow Jones attendait un verdict décisif de son actionnaire majoritaire, la famille Bancroft, au sujet de l'offre de rachat lancée par le magnat des médias Rupert Murdoch.

L'offre de M. Murdoch, qui propose cinq milliards $US pour racheter Dow Jones et son fleuron, le quotidien financier Wall Street Journal (WSJ), divise profondément la famille Bancroft, qui contrôle le groupe depuis 1902.

Après une réunion infructueuse lundi dernier des 33 membres de la famille actionnaires de Dow Jones, le représentant légal de la famille, Michael Elefante, avait fixé aux Bancroft une échéance hier à 17h pour recueillir les votes de chacun, selon le WSJ.

M. Elefante devait ensuite faire part des résultats au conseil d'administration de Dow Jones. Des informations qui n'ont pas été commentées par le porte-parole des Bancroft.

Selon le WSJ, qui suit de près les débats internes aux Bancroft, près de 28 % des votes de la famille étaient favorables à une cession à ce stade, là où M. Murdoch a besoin de 30 % des voix pour réussir.

Le résultat a refroidi le camp News Corp.: «Si jamais les votes devaient rester aux niveaux actuellement rapportés [par la presse], il est hautement improbable que nous donnions suite à l'offre», a déclaré Andrew Butcher, un porte-parole de News Corp.

La famille Bancroft est partagée sur une cession, sur fond d'inquiétudes pour l'indépendance éditoriale notoire du Wall Street Journal si le prestigieux quotidien financier devait passer dans le giron de News Corp., le groupe de Rupert Murdoch.

L'empire des médias de ce dernier compte notamment une presse à grand tirage comme le tabloïd The Sun ou le guide de programmes télé Gemstar-TV Guide, au côté de la chaîne d'information Fox News et des studios de cinéma 20th Century Fox.

L'offre de M. Murdoch sur le groupe familial est pourtant généreuse: avec un prix de 60 $US par action, elle représente une prime de 65 % sur le cours de Bourse de Dow Jones avant l'annonce (36,33 $US), le 1er mai. Sur les cinq milliards, 1,2 iraient aux Bancroft, selon le prorata de leur participation.

Les 33 membres Bancroft détiennent ensemble 24 % du capital, mais bien plus en droits de vote (64 %), ce qui rend leur verdict décisif.

Pour réussir, Rupert Murdoch n'a besoin que de 30 % sur ces 64 %, sachant que le reste des actionnaires est plutôt favorable (le conseil d'administration a recommandé l'offre à ses actionnaires).

Mais les prises de position tranchées de certains membres-clés de la famille rendent l'issue incertaine.

Le clan des opposants à une cession compte entre autres Christopher Bancroft, figure importante de la famille qui siège au conseil d'administration de Dow Jones, et la doyenne Jane Cox MacElree, qui contrôle 15 % des droits de vote.

Signe de la haute teneur émotionnelle des débats, Mme MacElree a cédé en fin de semaine 5,5 % sur ses 15 %, refusant de peser sur l'avenir du groupe familial alors que ses deux enfants sont partagés entre les «pro» et les «anti».

Le clan des «pro» compte en effet son fils Crawford Hill et l'une des trois branches de la famille, les Cook, qui détiennent 23 % des droits de vote.

À ces deux camps s'ajoutent également certains membres et conseillers qui voudraient voir Murdoch relever son offre, une perspective peu plausible.

Le marché, initialement persuadé qu'un accord verrait le jour, se risque peu à prendre les paris. À la Bourse de New York, l'action Dow Jones oscille ainsi depuis début mai entre les 52-60 $US, fluctuant au gré des informations sur le sujet. Depuis une semaine, l'action s'est figée autour des 54 $US.

***

Avec Le Devoir
 
 
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