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OMC: pendant que les membres rouspètent, Lamy parle de consensus

28 juillet 2007  Actualités économiques
Le patron de l’OMC, Pascal Lamy.
Photo : Agence Reuters
Le patron de l’OMC, Pascal Lamy.
Genève — Les dernières propositions de l'OMC pour libéraliser le commerce mondial ont comme prévu suscité un mécontentement quasi-général parmi les 150 États membres, mais le patron de l'institution, Pascal Lamy, a évoqué hier un consensus possible en septembre.

Deux projets d'accord sur les deux chapitres clés du cycle de Doha, l'agriculture et les produits industriels, ont été commenté cette semaine à Genève lors de débats houleux.

Si Pascal Lamy s'est félicité du «haut niveau d'engagement» des États pour conclure le cycle, dans les faits chacun est resté sur ses positions.

Le texte sur l'agriculture présenté il y a dix jours par le responsable du dossier, Crawford Falconer, a fait grincer des dents autant à Washington qu'à Bruxelles.

Ces pays développés ont promis des concessions en matière agricole en échange d'un accès plus large au marché des pays émergents (Brésil, Inde, Indonésie) pour leurs produits industriels.

Le cycle de Doha, lancé dans la capitale du Qatar en 2001 et qui devait s'achever en 2004, vise une plus grande libéralisation des échanges commerciaux, mais également un meilleur accès des pays en développement au marché mondial.

Dans un premier temps, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a estimé que le chiffre suggéré par l'OMC pour la baisse des droits de douane sur les produits agricoles était «gérable».

Les propositions mentionnent une fourchette de 52 à 53,5 % pour la baisse des droits de douane agricoles de l'UE.

Par la suite, Bruxelles a ajouté que «certaines parties des propositions dépassent les lignes rouges», notamment la limitation à 4 % ou 6 % du total des lignes tarifaires le nombre de produits «sensibles» comme le boeuf ou le lait censés rester à l'abri d'une baisse trop forte des droits de douane.

S'agissant des États-Unis, les concessions demandées par l'OMC visent essentiellement les subventions versées aux agriculteurs.

L'enveloppe de ces aides devrait désormais s'établir entre 12,8 et 16,2 milliards de dollars par année, contre 40 milliards autorisés aujourd'hui.

«Une baisse aux alentours de 13 milliards est hors de question», a affirmé le négociateur américain à l'agriculture, Joseph Glauber.

Selon des estimations données par l'OMC, Washington a versé 15 milliards de dollars en moyenne par an à ses agriculteurs ces cinq dernières années.

Mais c'est sur le chapitre des produits industriels que les commentaires ont été les plus acerbes.

Trois pays, l'Argentine, la Bolivie et le Venezuela ont carrément rejeté le texte présenté par le chef des négociations sur les produits industriels, Donald Stephenson.

Comme d'autres pays émergents, ils ont déploré que les propositions sur l'agriculture restent encore ouvertes à la négociation, alors que celles sur les produits industriels semblent plus arrêtées.

Selon le projet d'accord, les pays émergents devront ramener leurs droits de douane sur les produits industriels sous une limite de 19 % ou 23 %.

New Delhi et Brasilia ont refusé le mois dernier de descendre en-dessous de 30 %.

Les pays émergents ont mis en garde contre «un résultat des négociations injuste et disproportionné qui provoquerait un chômage de masse et la désindustrialisation de nos pays.»

En tout, vingt-sept pays émergents sont visés par des baisses des droits de douane sur leurs produits industriels. Certains d'entre eux, comme le Brésil ou les Philippines disposent déjà de tarifs peu élevés, mais utilisent le sujet pour faire pression sur les négociations agricoles.

Pascal Lamy a donné rendez-vous aux négociateurs le 3 septembre pour reprendre les négociations.






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