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La Libye, une mine de contrats potentiels pour l'Hexagone

Sarkozy: «Je ne vois pas au nom de quoi la France serait le seul pays à ne pas signer des accords de coopération»

26 juillet 2007  Actualités économiques
Le président Nicolas Sarkozy et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Photo : Agence France-Presse
Le président Nicolas Sarkozy et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Paris — La Libye représente un potentiel commercial important pour la France, notamment en matière énergétique alors que ce pays, gros producteur d'hydrocarbures, ouvre ses portes aux investisseurs et tente de rattraper son retard après une décennie d'embargo.

Le président Nicolas Sarkozy n'a d'ailleurs pas caché ses ambitions mardi au cours d'une conférence de presse à la suite de la libération des infirmières bulgares.

«Des accords de coopération avec la Libye, j'espère qu'on en signera bien évidemment. Les États-Unis l'ont fait [...] Je ne vois pas au nom de quoi la France serait le seul pays à ne pas signer ce type d'accord», a-t-il commenté.

La France est le 6e fournisseur de ce pays de six millions d'habitants, qui reste un partenaire modeste (0,1% des exportations et 0,45 % des importations), même si les échanges bilatéraux progressent rapidement.

Les importations françaises en provenance de Libye totalisaient en 2006 1,9 milliard d'euros, en hausse de 19,4 % sur un an et quasi entièrement constituées d'hydrocarbures, et les exportations atteignaient 433,6 millions (+43 %).

Pour l'ensemble de l'Union européenne, les importations représentent 25,76 milliards d'euros et les exportations 3,66 milliards.

Ces transactions bénéficient largement de la normalisation des relations entre la Libye et la communauté internationale, dans laquelle l'engagement du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à ne pas développer la bombe atomique a marqué un tournant en 2003.

Cette même année, le colonel Kadhafi avait aussi tourné la page du socialisme avec un plan de privatisation concernant 375 sociétés publiques, principalement dans le domaine stratégique de l'énergie.

«Dans un contexte où la dépendance énergétique de l'Europe à la Russie est un sujet de préoccupation, des fournisseurs comme l'Algérie et la Libye deviennent importants», remarque un banquier spécialiste de l'Afrique du Nord.

La Jamahiriya («République des masses»), troisième producteur de pétrole africain, recèle d'importantes réserves gazières et minières inexplorées.

De quoi attirer la convoitise des compagnies occidentales. Certaines majors pétrolières qui avaient quitté le pays pendant la décennie d'embargo sont revenues, à l'instar de la britannique BP, qui a signé fin mai un accord gazier de 900 millions de dollars.

Tripoli a également lancé début juillet un important appel d'offre d'exploration gazière auquel Total, qui n'a jamais quitté la Libye, entend participer.

La France nourrit également des ambitions dans le nucléaire. Elle a signé avec Tripoli l'an dernier un protocole d'accord dans le domaine de la recherche nucléaire civile, qui ouvrait la porte à une «participation» des sociétés françaises.

La société Areva, interrogée par l'AFP, indique avoir «été sollicitée pour présenter son offre» de centrales nucléaires, précisant que ces contacts «préliminaires», dataient de 2006.

«Un réchauffement des relations franco-libyennes pourrait être le signal d'un nouveau développement commercial pour Alstom», a renchéri le groupe industriel, constructeur du train à grande vitesse et fabricant de turbines pour la production d'énergie.

Dans le domaine bancaire, BNP Paribas a remporté la semaine dernière l'appel d'offres sur la privatisation de 19 % du capital de la Sahara Bank, au prix fort de 145 millions d'euros. Dassault a obtenu un contrat de modernisation de 12 chasseurs-bombardiers Mirage F1 libyens. La Libye a aussi manifesté son intérêt pour le Rafale, l'avion de chasse français jamais encore vendu à l'étranger, mais aucune négociation concrète n'est engagée, indique-t-on de sources françaises.

De nombreux autres secteurs sont aujourd'hui concernés par les privatisations: l'agriculture, la chimie, la métallurgie et la téléphonie.
 
 
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