Négociations du cycle de Doha - Produits industriels: feu croisé entre les États-Unis et les pays émergents
26 juillet 2007
Actualités économiques
Genève — Les États-Unis et les pays émergents ont tiré à boulets rouges mais dans des directions opposées hier contre les dernières propositions de l'OMC en matière de baisse des droits de douane sur les produits industriels.
Le médiateur chargé des négociations sur les produits industriels à l'Organisation mondiale du commerce, Don Stephenson, a publié la semaine dernière un projet d'accord qui appelle 31 pays émergents comme l'Inde, le Brésil ou la Chine, à ramener leurs droits de douane sous un maximum de 23 %, voire de 19 %.
Les intéressés se sont vivement prononcés contre ce projet lors d'une réunion à Genève.
Réunis au sein d'un groupe baptisé «Nama 11», ils se sont dits «profondément préoccupés» par les propositions de M. Stephenson, dans lesquelles ils ont vu des «failles fondamentales».
Ces pays estiment que les dernières propositions de l'OMC sur l'agriculture restent encore ouvertes à la négociation alors que celles sur les produits industriels semblent plus arrêtées. Il leur serait donc plus difficile de faire valoir leur point de vue dans ce dernier domaine.
Le groupe a mis en garde contre «un résultat des négociations injuste et disproportionné qui provoquerait un chômage de masse et la désindustrialisation de nos pays».
L'Argentine a estimé que le projet «entame gravement les perspectives de progrès industriel pour de nombreux pays en développement» et que les chiffres proposés seraient à jamais «inacceptables».
Une division s'est toutefois dessinée entre les pays en développement, le Mexique ayant salué les propositions «équilibrées» de l'OMC dans lesquelles il a vu «un magnifique point de départ» pour négocier en septembre.
Les dernières propositions de l'OMC visent à susciter un accord entre les 150 pays membres qui négocient depuis cinq ans et demi dans le cadre du «cycle de Doha» lancé en 2001 dans la capitale du Qatar.
Le chapitre agricole du projet a déjà reçu mardi un accueil mitigé des États membres.
La négociation de Doha aurait déjà dû aboutir fin 2004, mais elle achoppe sur un différend Nord-Sud: les pays pauvres réclament une baisse des subventions agricoles des pays riches alors que ceux-ci demandent en échange une ouverture accrue des marchés aux produits industriels.
«Nous pensons que le texte n'est pas suffisamment ambitieux», a ainsi déclaré l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'OMC, Peter Allgeier.
Cette proposition «n'apporte pas de véritable ouverture des marchés, que ce soit pour nous ou pour les autres pays en développement», a-t-il estimé devant la presse, en réclamant une baisse plus forte des droits de douane des pays émergents.
Dans le même sens, l'Union européenne a déploré le déséquilibre du projet entre des pays développés qui devront «pratiquement éliminer leurs droits de douane» et des pays émergents pour qui ce ne sera pas le cas.
Le médiateur Stephenson a rappelé que ses propositions devaient servir à déclencher la négociation entre les pays membres et n'étaient pas figées dans le marbre. Il a toutefois averti les États que «si nous échouons à l'automne, je pense que nous attendrons longtemps et que [le cycle de Doha] risque de partir indéfiniment à la dérive».
«Si vous ne vous écartez pas de vos positions actuelles, il n'y aura pas d'accord», a-t-il lancé.
Le médiateur chargé des négociations sur les produits industriels à l'Organisation mondiale du commerce, Don Stephenson, a publié la semaine dernière un projet d'accord qui appelle 31 pays émergents comme l'Inde, le Brésil ou la Chine, à ramener leurs droits de douane sous un maximum de 23 %, voire de 19 %.
Les intéressés se sont vivement prononcés contre ce projet lors d'une réunion à Genève.
Réunis au sein d'un groupe baptisé «Nama 11», ils se sont dits «profondément préoccupés» par les propositions de M. Stephenson, dans lesquelles ils ont vu des «failles fondamentales».
Ces pays estiment que les dernières propositions de l'OMC sur l'agriculture restent encore ouvertes à la négociation alors que celles sur les produits industriels semblent plus arrêtées. Il leur serait donc plus difficile de faire valoir leur point de vue dans ce dernier domaine.
Le groupe a mis en garde contre «un résultat des négociations injuste et disproportionné qui provoquerait un chômage de masse et la désindustrialisation de nos pays».
L'Argentine a estimé que le projet «entame gravement les perspectives de progrès industriel pour de nombreux pays en développement» et que les chiffres proposés seraient à jamais «inacceptables».
Une division s'est toutefois dessinée entre les pays en développement, le Mexique ayant salué les propositions «équilibrées» de l'OMC dans lesquelles il a vu «un magnifique point de départ» pour négocier en septembre.
Les dernières propositions de l'OMC visent à susciter un accord entre les 150 pays membres qui négocient depuis cinq ans et demi dans le cadre du «cycle de Doha» lancé en 2001 dans la capitale du Qatar.
Le chapitre agricole du projet a déjà reçu mardi un accueil mitigé des États membres.
La négociation de Doha aurait déjà dû aboutir fin 2004, mais elle achoppe sur un différend Nord-Sud: les pays pauvres réclament une baisse des subventions agricoles des pays riches alors que ceux-ci demandent en échange une ouverture accrue des marchés aux produits industriels.
«Nous pensons que le texte n'est pas suffisamment ambitieux», a ainsi déclaré l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'OMC, Peter Allgeier.
Cette proposition «n'apporte pas de véritable ouverture des marchés, que ce soit pour nous ou pour les autres pays en développement», a-t-il estimé devant la presse, en réclamant une baisse plus forte des droits de douane des pays émergents.
Dans le même sens, l'Union européenne a déploré le déséquilibre du projet entre des pays développés qui devront «pratiquement éliminer leurs droits de douane» et des pays émergents pour qui ce ne sera pas le cas.
Le médiateur Stephenson a rappelé que ses propositions devaient servir à déclencher la négociation entre les pays membres et n'étaient pas figées dans le marbre. Il a toutefois averti les États que «si nous échouons à l'automne, je pense que nous attendrons longtemps et que [le cycle de Doha] risque de partir indéfiniment à la dérive».
«Si vous ne vous écartez pas de vos positions actuelles, il n'y aura pas d'accord», a-t-il lancé.
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