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La Chine hausse une nouvelle fois ses taux d'intérêt

21 juillet 2007  Actualités économiques
Pékin — La Chine a décidé hier d'une nouvelle hausse de ses taux d'intérêt, la troisième depuis le début de l'année, pour freiner la machine économique, une décision attendue après l'annonce d'une croissance supérieure à 11 % au premier semestre, la plus forte depuis plus de dix ans.

Le taux de base et celui sur les dépôts (ou taux de prêt) seront notamment relevés à partir d'aujourd'hui de 0,27 point de pourcentage, a déclaré la banque centrale dans un communiqué.

Cette décision est destinée à «guider la croissance du crédit et de l'investissement, stabiliser les pressions inflationnistes et maintenir la stabilité générale des prix», précise le texte.

L'inflation a bondi en juin, à 4,4 % (3,2 % pour les six premiers mois), dépassant l'objectif annuel des autorités (3 %). Les autorités ont blâmé la flambée des prix du porc en Chine, viande la plus consommée par la population.

Il s'agit de la cinquième hausse des taux de la quatrième économie mondiale depuis avril 2006. Elle était largement attendue par les analystes après la publication jeudi d'indicateurs économiques plus forts que prévu (croissance du produit intérieur brut de 11,5 % entre janvier et juin et de 11,9 % au deuxième trimestre), qui ont renforcé les craintes de surchauffe.

«C'est sans surprise, c'est un pas en avant utile, mais les autorités doivent renforcer encore leur contrôle de manière plus énergique pour éviter la surchauffe», a estimé Ben Simpfendorfer, analyste pour la Royal Bank of Scotland à Hong Kong, qui s'attend à une nouvelle hausse du taux de réserves obligatoires des banques.

La dernière fois que l'économie avait connu un tel rythme remonte à 1994, lorsque le chiffre annuel avait été de 13,1 %. La semaine dernière, la Chine avait révisé à la hausse son taux de croissance économique en 2006 à 11,1 %, contre 10,7 % auparavant.

Jeudi, le porte-parole du Bureau national des statistiques (BNS) avait averti que cette croissance galopante allait contraindre le gouvernement à renforcer sa politique anti-surchauffe. «Nous continuerons à renforcer et à améliorer les mesures de contrôle macroéconomiques», avait-il dit.

Outre les hausses des taux d'intérêt, Pékin a engagé toute une série d'actions cette année pour freiner la machine, dont cinq hausses de taux de réserves obligatoires des banques et des mesures fiscales pour tenter de freiner ses exportations.

Pour Huang Haizhou, économiste de Barclays Capital basé à Hong Kong, cela commence cependant à porter ses fruits. «Les mesures macroéconomiques de la Chine ressemblent à la médecine traditionnelle chinoise, qui produit ses effets de manière lente. Avec un tas de doses prises depuis le lancement de cette série d'ajustements macroéconomiques depuis plus d'un an, la médecine produit ses effets progressivement», affirme-t-il.

«Il n'y a pas besoin de prescrire un traitement de choc alors que le patient est presque guéri», ajoute-t-il.






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