La croissance absorbe le choc
19 juillet 2007
Actualités économiques
Londres — Les cours du pétrole ont quadruplé depuis six ans, mais la croissance mondiale, moins dépendante de l'or noir, n'en semble pas affectée outre mesure, soulignent les analystes.
Alors qu'un baril de pétrole coûtait entre 20 $US début 2001, son prix s'est depuis envolé, pour culminer à l'été 2006 à des records historiques, près des 80 $US. Lundi, il s'est approché de ces records à Londres, à 78,40 $US. Depuis deux ans, le prix du baril n'est jamais retombé durablement sous les 50 $US.
L'impact sur la demande reste débattu par les analystes. Selon l'Agence internationale de l'Énergie (AIE), la croissance mondiale de la demande, de plus de 3 % en 2004, a ralenti à 0,9 % en 2006, année des records. Elle devrait toutefois rebondir nettement, à 2 % en 2007, alors que les prix restent élevés. En Chine, économie gourmande en énergie et deuxième consommateur mondial de brut, la croissance de la demande devrait atteindre plus de 5 % en 2007.
«Le pétrole est un produit dont l'élasticité de la demande est assez [faible], c'est-à-dire que même si les prix montent, les consommateurs continuent d'en acheter», avance George Buckley, économiste de la Deutsche Bank. Le concept de «destruction de la demande» — une chute de la demande quand les prix atteignent un seuil jugé insoutenable — serait donc à relativiser. Leo Drollas, chercheur du Centre for Global Energy Studies (CGES), n'est pas de cet avis. «La croissance de la demande n'est pas devenue négative, et c'est peut-être ce que certains veulent dire quand ils estiment qu'il n'y a pas de "destruction de la demande". Mais il est indéniable qu'elle réagit» aux prix élevés, avance-t-il.
Les prix élevés du pétrole n'ont en tout cas pas entamé la croissance de l'économie mondiale, qui a connu une expansion de 5,6 % en 2006, et devrait encore atteindre 4,9 % en 2007, selon le FMI. La Chine devrait enregistrer une cinquième année consécutive de croissance à deux chiffres.
Pour Simon Hayley, économiste chez Capital Economics, la modification structurelle des économies développées depuis trente ans explique qu'elles encaissent bien le choc. «Les économies développées sont désormais beaucoup plus tournées vers les services et ont une consommation de pétrole moins forte que dans les années 70», argumente-t-il.
Selon les calculs de M. Drollas, le secteur pétrolier — production, raffinage, marketing, transport et distribution — pesait près de 8 % du PIB mondial dans les années 70, contre environ 5 % aujourd'hui.
La moindre dépendance au pétrole est aussi le fruit d'un effort de diversification de la part d'économies échaudées par les chocs pétroliers. «L'usage de pétrole recule. On se tourne plus vers le gaz naturel, le charbon revient, les biocarburants arrivent», souligne M. Drollas. Aux États-Unis, l'éthanol a même été érigé au rang de priorité nationale à moyen terme.
Énergies alternatives, consommation plus économique et modes de production moins dépendants du pétrole sont la clé de la résistance à long terme de l'économie, mais aussi la raison pour laquelle les prix pourraient rester perchés longtemps à leurs niveaux actuels.
Si la croissance encaisse le choc de prix du baril à 60 $US ou plus, pourquoi l'OPEP se priverait-elle en effet d'une telle manne en organisant une baisse des prix, s'interroge M. Hayley.
Si les économies développées et émergentes résistent, ce n'est en revanche pas le cas des pays les moins avancés. Dans un entretien au Monde le 10 juillet, le directeur de l'AIE Claude Mandil jugeait «catastrophique» la hausse des prix du brut pour ces pays. «Le surcoût de leur facture pétrolière a été d'environ 5 à 10 fois supérieur à la remise de dette accordée par le G8 en 2005», a-t-il estimé.
Alors qu'un baril de pétrole coûtait entre 20 $US début 2001, son prix s'est depuis envolé, pour culminer à l'été 2006 à des records historiques, près des 80 $US. Lundi, il s'est approché de ces records à Londres, à 78,40 $US. Depuis deux ans, le prix du baril n'est jamais retombé durablement sous les 50 $US.
L'impact sur la demande reste débattu par les analystes. Selon l'Agence internationale de l'Énergie (AIE), la croissance mondiale de la demande, de plus de 3 % en 2004, a ralenti à 0,9 % en 2006, année des records. Elle devrait toutefois rebondir nettement, à 2 % en 2007, alors que les prix restent élevés. En Chine, économie gourmande en énergie et deuxième consommateur mondial de brut, la croissance de la demande devrait atteindre plus de 5 % en 2007.
«Le pétrole est un produit dont l'élasticité de la demande est assez [faible], c'est-à-dire que même si les prix montent, les consommateurs continuent d'en acheter», avance George Buckley, économiste de la Deutsche Bank. Le concept de «destruction de la demande» — une chute de la demande quand les prix atteignent un seuil jugé insoutenable — serait donc à relativiser. Leo Drollas, chercheur du Centre for Global Energy Studies (CGES), n'est pas de cet avis. «La croissance de la demande n'est pas devenue négative, et c'est peut-être ce que certains veulent dire quand ils estiment qu'il n'y a pas de "destruction de la demande". Mais il est indéniable qu'elle réagit» aux prix élevés, avance-t-il.
Les prix élevés du pétrole n'ont en tout cas pas entamé la croissance de l'économie mondiale, qui a connu une expansion de 5,6 % en 2006, et devrait encore atteindre 4,9 % en 2007, selon le FMI. La Chine devrait enregistrer une cinquième année consécutive de croissance à deux chiffres.
Pour Simon Hayley, économiste chez Capital Economics, la modification structurelle des économies développées depuis trente ans explique qu'elles encaissent bien le choc. «Les économies développées sont désormais beaucoup plus tournées vers les services et ont une consommation de pétrole moins forte que dans les années 70», argumente-t-il.
Selon les calculs de M. Drollas, le secteur pétrolier — production, raffinage, marketing, transport et distribution — pesait près de 8 % du PIB mondial dans les années 70, contre environ 5 % aujourd'hui.
La moindre dépendance au pétrole est aussi le fruit d'un effort de diversification de la part d'économies échaudées par les chocs pétroliers. «L'usage de pétrole recule. On se tourne plus vers le gaz naturel, le charbon revient, les biocarburants arrivent», souligne M. Drollas. Aux États-Unis, l'éthanol a même été érigé au rang de priorité nationale à moyen terme.
Énergies alternatives, consommation plus économique et modes de production moins dépendants du pétrole sont la clé de la résistance à long terme de l'économie, mais aussi la raison pour laquelle les prix pourraient rester perchés longtemps à leurs niveaux actuels.
Si la croissance encaisse le choc de prix du baril à 60 $US ou plus, pourquoi l'OPEP se priverait-elle en effet d'une telle manne en organisant une baisse des prix, s'interroge M. Hayley.
Si les économies développées et émergentes résistent, ce n'est en revanche pas le cas des pays les moins avancés. Dans un entretien au Monde le 10 juillet, le directeur de l'AIE Claude Mandil jugeait «catastrophique» la hausse des prix du brut pour ces pays. «Le surcoût de leur facture pétrolière a été d'environ 5 à 10 fois supérieur à la remise de dette accordée par le G8 en 2005», a-t-il estimé.
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