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Murdoch se rapproche de Dow Jones

Un accord de principe est conclu avec les dirigeants du groupe

18 juillet 2007  Actualités économiques
Rupert Murdoch a la réputation de vouloir influencer les médias qu’il possède, d’où les réticences du Wall Street Journal à passer sous sa propriété.
Photo : Agence Reuters
Rupert Murdoch a la réputation de vouloir influencer les médias qu’il possède, d’où les réticences du Wall Street Journal à passer sous sa propriété.
New York — Le magnat Rupert Murdoch est de plus en plus proche de réussir à racheter le groupe Dow Jones et son fleuron, le Wall Street Journal, après l'accord de principe conclu lundi avec les dirigeants de Dow Jones, sur lequel la famille Bancroft tranchera dans quelques jours.

Le Wall Street Journal a révélé lundi soir que M. Murdoch, le patron de l'empire de presse News Corp., était parvenu lundi avec les dirigeants de Dow Jones, dont son p.-d.g. Richard Zannino, à un accord de principe sur le rachat de Dow Jones pour cinq milliards $US.

Le conseil d'administration de Dow Jones devait se réunir hier soir pour se prononcer sur cet accord, et la famille Bancroft, qui contrôle Dow Jones avec 64 % des droits de vote, devrait se réunir demain pour l'examiner, avant de se prononcer définitivement au cours de la semaine prochaine, selon le WSJ.

Fin juin, Dow Jones et Murdoch étaient déjà tombés d'accord sur la mise en place d'un comité chargé de garantir l'indépendance éditoriale du Wall Street Journal, le sujet le plus délicat.

Rupert Murdoch, connu pour ses opinions conservatrices, a la réputation de vouloir influencer les médias qu'il possède, et une partie des journalistes du WSJ ont manifesté publiquement leur méfiance. Selon le WSJ, M. Murdoch a aussi proposé lundi que Paul Steiger, figure réputée du journalisme américain, longtemps rédacteur en chef du Wall Street Journal, siège au conseil d'administration de News Corp.

Le porte-parole de Dow Jones, ainsi que celui de la famille Bancroft et celui de News Corp. se sont refusés hier matin à tout commentaire.

Famille divisée

La réunion du conseil d'administration hier a été confirmée à demi-mot par Steven Yount, président de l'IAPE, le principal syndicat des journalistes du WSJ, qui est farouchement opposé à un rachat par M. Murdoch. «J'ai été au courant de cette réunion indirectement. Cela n'est pas une grande surprise car M. Zannino est depuis le début favorable à cette transaction», a-t-il dit. «Et cela ne fait aucune différence tant que la famille Bancroft n'aura pas pris de décision. Rien ne se fera sans l'accord de la famille, et que je sache les membres de la famille cherchent toujours une solution de remplacement à M. Murdoch, dans des efforts continus», a-t-il insisté.

Car la famille est très divisée sur une vente à M. Murdoch, qui offre une somme élevée: 60 $US par action, soit 67 % de plus que le cours avant que son offre ne soit rendue publique. Certains sont tentés de vendre mais espéraient encore que M. Murdoch relèverait son prix, ce qu'il a refusé, selon le WSJ.

D'autres, en particulier Christopher Bancroft ou Leslie Hill, qui tous deux siègent au conseil d'administration de Dow Jones, ont tenté ces dernières semaines de trouver d'autres solutions pour éviter de vendre à Murdoch. Christopher Bancroft a sollicité des fonds d'investissement pour tenter d'acquérir auprès des autres membres de la famille suffisamment d'actions Dow Jones pour bloquer une vente à Murdoch. Leslie Hill a cherché d'autres investisseurs, comme le milliardaire Ron Burkle, qui avec le fondateur du site internet MySpace, Brad Greenspan, a proposé un rachat partiel.

Aucune contre-offre convaincante n'est cependant apparue, après le retrait du conglomérat General Electric, du britannique Pearson et de Microsoft.

Si M. Murdoch réussit son raid, il sera propriétaire de l'une des premières agences financières mondiales, derrière Thomson-Reuters et Bloomberg, ainsi que du quotidien de référence des milieux d'affaires, le Wall Street Journal, deuxième journal le plus lu aux États-Unis, avant de lancer sa chaîne d'informations financière Fox Business, le 15 octobre.
 
 
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