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Les prix du pétrole terminent au-dessus des 74 $US le baril

17 juillet 2007  Actualités économiques
Un travailleur grimpe au sommet d’un réservoir d’une raffinerie hongroise. Les cours du pétrole sont dorénavant à portée de leurs records historiques d’août 2006.
Photo : Agence Reuters
Un travailleur grimpe au sommet d’un réservoir d’une raffinerie hongroise. Les cours du pétrole sont dorénavant à portée de leurs records historiques d’août 2006.
New York — Les prix du pétrole ont encore légèrement progressé hier à New York, terminant au-dessus de 74 $US le baril, alors qu'à Londres les cours du brut ont frôlé leur record historique.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en août a monté de 22 ¢US, clôturant à 74,15 $US. Il est monté jusqu'à 74,50 $US en séance, au plus haut depuis le 11 août 2006. À Londres, la séance européenne avait démarré sur les chapeaux de roue, le baril de Brent de la mer du Nord montant jusqu'à 78,40 $US, à proximité de son record historique de 78,64 $US.

À New York, «le brut est resté assez stable», restant néanmoins soutenu par les craintes persistantes concernant l'approvisionnement du marché américain en essence et «des intérêts spéculatifs», a expliqué Mike Fitzpatrick, analyste de Man Financial.

L'OPEP

Par ailleurs, alors que les pays consommateurs ne cessent de demander une hausse de la production de brut pour contrer la flambée des cours, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a maintenu inchangées, dans son rapport mensuel publié hier, ses estimations de demande de pétrole pour 2007 qui devrait progresser de 1,5 %, à 85,59 mbj. De son côté, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui défend les intérêts des pays consommateurs, a anticipé, dans un rapport publié vendredi, un rebond de la demande l'an prochain (+2,5 %), à 88,2 millions de barils par jour.

À Londres, le baril de Brent a frôlé son record historique de l'an dernier sous le coup de l'activité spéculative de fonds d'investissement, les craintes liées aux approvisionnements en essence aux États-Unis, et la situation nigériane. Les cours du pétrole sont dorénavant à portée de leurs records historiques d'août 2006. Le light sweet crude avait touché 78,40 $US à New York le 14 juillet 2006, au moment où l'invasion du Liban par Israël dopait les cours et où les tensions sur le dossier nucléaire iranien étaient maximales. Trois semaines plus tard, le 7 août 2006, le baril de Brent avait atteint 78,64 $US à Londres.

Depuis plusieurs semaines, les cours du pétrole sont tirés par la crainte que l'offre d'essence aux États-Unis ne réponde pas à la forte demande saisonnière.

Selon le rapport publié la semaine dernière par le département américain de l'Énergie (DoE), les raffineries américaines ont tourné à 90,2 % de leurs capacités la semaine achevée le 6 juillet. Dans l'idéal, estiment les analystes, elles devraient être utilisées à 95 % pour répondre à la forte hausse de la demande. Les stocks d'essence américains restent inférieurs de 3,8 % à leur niveau de l'an dernier.

Les cours restent soutenus par ailleurs par les troubles au Nigeria, où enlèvements et attaques se succèdent à un rythme inquiétant, par les risques liés à la saison des ouragans aux États-Unis, qui ne fait que démarrer, et par le contentieux sur le dossier nucléaire entre l'Iran et l'Occident.

Ces facteurs ont attiré l'argent des fonds spéculatifs, qui comptent profiter de nouveaux records, d'autant que le ralentissement économique américain détourne partiellement les investisseurs de Wall Street et les lance à la recherche d'actifs alternatifs. «Dans la mesure où l'économie américaine est un peu faible, les fonds sont à la recherche de profits sur d'autres marchés», a expliqué un courtier qui a préféré garder l'anonymat.

Dans ce contexte tendu, toute annonce suggérant un problème d'offre peut entraîner une nouvelle hausse des prix. À plus long terme, le marché s'inquiète du resserrement de l'offre mondiale par rapport à la demande.

«La probabilité de battre les records d'août dernier est forte», a estimé Paul Harris, analyste à la Bank of Ireland. «Les problèmes de maintenance et une demande très robuste vont rester au centre des préoccupations des investisseurs, et continuer à former la toile de fond des mois à venir».
 
 
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