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ABN Amro: le consortium RBS revient avec une meilleure offre

17 juillet 2007  Actualités économiques
Une succursale d’ABN Amro dans le centre de Londres. Le consortium RBS offre toujours 71,1 milliards d’euros pour acquérir ABN Amro, mais la partie en numéraire passe de 79 % à 93 %.
Photo : Agence France-Presse
Une succursale d’ABN Amro dans le centre de Londres. Le consortium RBS offre toujours 71,1 milliards d’euros pour acquérir ABN Amro, mais la partie en numéraire passe de 79 % à 93 %.
Londres — Pas découragé par la décision rendue vendredi par la justice néerlandaise, le consortium de banques mené par Royal Bank of Scotland pour le rachat d'ABN Amro a présenté hier une nouvelle offre, presque entièrement en numéraire, contrairement à celle de Barclays toute en actions.

Décidé à l'emporter dans ce qui sera le plus gros rachat bancaire jamais réalisé — l'objectif pour la britannique Barclays étant de créer le numéro deux européen et le numéro cinq mondial —, le consortium composé de la britannique Royal Bank of Scotland (RBS), de la belge Fortis et de l'espagnole Santander est revenu à la charge, malgré le coup infligé vendredi par la Cour suprême des Pays-Bas. Comme Barclays l'espérait, celle-ci a autorisé la vente de la filiale américaine d'ABN Amro, LaSalle, à Bank of America pour 21 milliards $US, sans que les actionnaires d'ABN Amro aient à être consultés malgré l'énormité de la somme.

Or LaSalle était la pépite convoitée par RBS, qui l'aurait bien mariée avec sa propre filiale américaine Citizens, tandis que Fortis se réserve les activités en Europe du Nord et Santander les activités italiennes et brésiliennes d'ABN Amro.

Le consortium a finalement tiré parti de cette déconvenue en présentant hier une nouvelle offre d'un montant égal à la première, 71,1 milliards d'euros, mais dont la partie en numéraire passe de 79 % à 93 % grâce justement au recyclage des fonds tirés de la vente de LaSalle. Cette forte proportion de numéraire devrait paraître attractive aux actionnaires d'ABN, comparée à l'offre toute en actions de Barclays. L'offre du consortium est de surcroît supérieure d'environ 11 % à celle de Barclays aux cours d'hier.

Outre LaSalle, RBS convoite aussi les lucratives opérations de banque de détail en Asie et de banque d'entreprise d'ABN Amro. «S'il était intéressant d'acheter ces activités la semaine dernière, il reste intéressant de les acheter cette semaine», a commenté le directeur général de RBS, Fred Goodwin, lors d'une conférence de presse téléphonique hier.

Prenant en compte la perte de LaSalle, RBS a cependant révisé en baisse ses prévisions de synergies, passant de 2,9 à 1,8 milliard d'euros d'économies.

Des obstacles

Le directeur général de Barclays, John Varley, a accueilli l'annonce du consortium en soulignant que celle-ci «faisait face à des obstacles considérables du point de vue de la régulation et des actionnaires». En particulier, certains actionnaires de RBS ont critiqué ces dernières années sa politique acquisitrice. En 2005, sous leur pression, RBS avait limité à 5 % sa prise de participation dans Bank of China, alors que la rumeur lui prêtait de vouloir en acquérir jusqu'à 15%.

Ceux de Barclays sont cependant inquiets aussi, et l'un d'eux, le fonds Atticus, lui a même demandé de retirer son offre sur ABN Amro. Hier, John Varley a maintenu que l'offre de Barclays «apporterait davantage de valeur à long terme aux actionnaires d'ABN Amro» que celle du consortium, mais il a assuré que Barclays «ne poursuivrait cette transaction que sur des termes favorables à ses actionnaires».

Pour les analystes, le consortium a marqué un point avec sa nouvelle offre. «Je ne vois pas Barclays capable de gagner cette guerre, et je ne pense pas qu'ils aient beaucoup d'actionnaires favorables à une offre plus élevée, donc la logique voudrait qu'ils se retirent», résumait Antony Broadbent de Sanford Bernstein, tout en soulignant que les fortes personnalités présentes dans ce dossier pourrait faire dérailler cette logique.

D'autres rumeurs prêtent à Barclays d'accepter de s'allier avec une autre banque européenne pour l'emporter. Barclays a désormais jusqu'au 23 juillet pour remonter son offre.
 
 
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